lundi 29 août 2022
Sieg Heil Denazification !
dimanche 28 août 2022
Old England
vendredi 26 août 2022
Andriïvka
≪Dans une vidéo mise en ligne par le média indépendant russe Important Stories – spécialisé dans le journalisme d’investigation et désigné par Moscou comme une "organisation indésirable"–, Daniil Frolkin, un soldat sous contrat, âgé de 21 ans, avoue le meurtre d’un civil ukrainien et confirme que des soldats de son unité, la 64e brigade de fusiliers motorisés [déjà présumée responsable des barbaries de Boutcha et Irpin], ont participé à des pillages et à des vols pendant l’occupation d’Andriïvka, entre le 27 février et le 31 mars. Son unité est accusée d’avoir tué au moins treize personnes, et des dizaines d’autres sont portées disparues. Dans son récit, il dénonce aussi le comportement de ses officiers, notamment le lieutenant-colonel Azatbek Omurbekov et évoque le refus de ses camarades de se battre. La publication de ce témoignage fait suite à celle de Pavel Filatiev, qui a dénoncé dans un long récit les motivations ayant conduit à la guerre et la situation déplorable de l’armée russe, avant de s’exiler≫.
(Le Monde, 26 août 2022)
Matière et individuation
≪Où la division du genre en espèces s'arrête-t-elle ? La doctrine d'Aristote telle qu'elle est en général comprise répond : à "l'espèce dernière", également dite "indivisible". Ici se pose l'un des plus redoutables problèmes interprétatifs de l'Aristotélisme. L'une des directions fortes de la pensée d'Aristote, en effet, tend, contre un certain Platonisme, à accorder la priorité ontologique aux individus concrets, ce qu'Aristote appelle "le ceci" (tode ti), plutôt qu'aux universaux. Deux interprétations s'opposent sur le principe de cette individuation. Ce qui fait d'une réalité individuelle ce qu'elle est ─ son essence exprimée dans sa définition ─ c'est sa forme. Certains interprètes considèrent que cette forme est partagée par tous les membres de l'espèce dernière. Le principe d'individuation, qui permettrait de passer de cette espèce dernière aux individus, serait donc la matière. La différence entre l'homme ─ espèce que l'on peut sans doute définir de manière plus fine : l'homme athénien, blanc, etc. ─ et Socrate est la différence de la matière propre de Socrate qui n'est pas celle de Coriscos. D'autres interprètes contestent que la matière puisse jouer ce rôle individualisant, parce qu'elle est précisément ce qui est indéterminé, et que pour aller vers un surcroît de détermination, il faut aller vers un "surcroît de forme". C'est peut-être pour cela qu'Aristote a inventé l'obscure formule to ti èn einai, que les médiévaux ont traduit par "quidditas", et qui, quel qu'en soit le sens exact, désigne une sorte d'essence de l'essence dans le sens d'une caractérisation essentielle d'un être individuel. Peut-être la solution de ce dilemme se trouve-t-elle dans le mécanisme lui-même de la connaissance humaine. À la fin des Seconds Analytiques (II, 19, 100a16), Aristote rappelle que "ce qui est l'objet du sentir, c'est l'individuel, mais la perception porte sur l'universel, par exemple l'homme et non Callias". Je perçois Callias comme porteur d'une forme, c'est-à-dire d'une structure signifiante. L'espèce dernière est ainsi perçue dans les individus eux-mêmes.≫
(Pierre Pellegrin, Dictionnaire Aristote)






















