vendredi 22 mars 2019

On va s'arrêter ici


Il y a plein de belles choses en ce monde. Les Gilets Jaunes, par exemple, sont ce genre de choses. Pas parce que ce sont les Gilets Jaunes en particulier, de même que Spartacus ou Thomas Münzer étaient, en leur moment, ce qu'ils étaient, mais parce qu'ils sont l'espoir éternel. Il y a toujours de l'espoir en ce monde : c'est le principe de la matière, dont nous sommes faits. La matière est espoir et puissance, et énergie, irréductible énergie. Tout cela, c'est de la physique. Et nous en sommes faits, nous sommes la matière à son meilleur, nous sommes le vivant à son meilleur, non que nous soyons meilleurs que les autres vivants, les autres animaux, comme disait le grand Aristote, mais parce que nous avons un cerveau et une conscience faits de telle sorte, par hasard, que nous parlons pour les autres animaux, qui sont nos frères, que nous pouvons parler pour eux, et les représenter. Nous sommes la matière vivante à son meilleur, à son point culminant, son point subjectif. 

Il y a plein de belles choses, mais aussi plein de vilaines choses en ce monde, beaucoup de souffrance, d'injustice et de laideur. Ce monde n'est pas comme il devrait être, c'est-à-dire n'est pas encore ce qu'il est : il est ce qu'il sera. L'homme est ce qu'il sera. L'homme devra changer et nouer avec la nature, qui est belle, un pacte reconnaissant simplement qu'il en est issu et partie intégrante, quoique consciente. L'espoir est matière. L'espérance est principe : ontologique et épistémologique. La morale ne peut être première. La matière, qui est puissance objective, qui est énergie, n'est pas d'abord et avant tout morale : elle le devient, assurément.

Ces derniers temps, chez nous, en nous, l'équilibre n'est plus atteint. Nous sommes frappés de beaucoup trop de douleur et d'injustice pour pouvoir apprécier comme ils le mériteraient les signes de beauté de ce monde, signes de puissance matérielle se déployant sans aucun doute, partout, en tous sens, mais ne nous atteignant pas comme ils le mériteraient car nous sommes tristes, et nous avons mal, et nous souffrons d'une série de choses différentes. La balance n'est plus faite, si vous voulez. 

Bref. Nous nous arrêtons ici. Nous disons à nos amis, à nos grands amis de partout, aux garçons et aux filles, à nos camarades, que pour le moment ça ira bien et que nous n'avons désormais plus qu'une très faible envie de partager ici nos sentiments, lourds-légers. Qu'ils trouvent ailleurs ce qui les mène, de temps à autre, ici. Ils n'auront aucune difficulté à trouver cela. Le monde regorge de belles choses, et de gens pleins de haine talentueuse, ce que nous nous flattons d'être lorsque nous sommes en forme. Ne l'étant plus des masses ces temps-ci, étant bien tristes, nous saluons nos amis et leur disons à bientôt, ici ou ailleurs. À plus tard, les gars.

mardi 19 mars 2019

Godfroy à Montreuil, c'est vendredi !



Au coin du feu

dimanche 17 mars 2019

jeudi 14 mars 2019

mercredi 13 mars 2019

Envie d'espace ?


Philosophie de l'argent

mardi 12 mars 2019

Au repos

Fat Man, Little Boy et quelques potes.

« Tu connais évidemment l'équation d'Einstein partout répétée comme une formule magique E = mc². Combien de professeurs font réfléchir à ce qu'elle implique ? C'est pourtant notre regard sur le moindre caillou qui devrait en être transformé. Si ce caillou est lancé sur moi avec la vitesse v, je sais qu'il me blessera car il sera porteur d'une énergie cinétique égale à 1/2mv² ; ce que nous apprend Einstein est que, même lorsqu'il est au repos, ce caillou est dépositaire d'une énergie cachée, bien camouflée par son apparence, et que cette énergie est fabuleusement plus grande que l'énergie cinétique, car la vitesse de la lumière c est autrement plus élevée que v. Bien sûr, cette énergie ne se manifeste que dans les cas exceptionnels. Mais il suffit de contempler, au musée de Los Alamos, le laboratoire où ont été créées les premières bombes nucléaires, les maquettes des deux engins lancés sur Hiroshima et Nagasaki, pour ressentir l'abîme entre ce que nous sommes capables de voir et la réalité : Fat Man et Little Boy ne sont que des conteneurs d'à peine un mètre cube, peints en blanc, inoffensifs. Leurs semblables ont été capables de pulvériser deux villes en quelques secondes. »

Albert Jacquard, À toi qui n'es pas encore né(e)

jeudi 7 mars 2019

Autorité naturelle

(Roland Topor, 1973)

Thank you Manchester United (we love you !)

mercredi 6 mars 2019

Ça, c'est quand on avait soutenu Claude Guillon...


Indymédia Nantes, c'est toujours un plaisir...
(salut, camarades !)

mardi 5 mars 2019

À nos amis

Amer fanzine # 2

Dans un texte célèbre publié en 1928, ironiquement intitulé Les Ouvriers et paysans ne vous comprennent pas, Maïakovski raillait ainsi ses adversaires (et néanmoins camarades soviétiques) faisant ardemment profession d'anti-intellectualisme prolétarien : 

« Je n'ai jamais vu que quelqu'un se vante de cette façon : "Comme je suis intelligent ! je ne comprends pas l'arithmétique, je ne comprends pas le français, je ne comprends pas la grammaire!". Or, la proclamation joyeuse : Je ne comprends pas les futuristes traîne depuis quinze ans, s'apaise puis retentit de nouveau avec une excitation joyeuse. Sur cette proclamation on s'est construit des carrières. Il y a une démagogie, une spéculation à l'incompréhensibilité... »

Cette sortie du poète-aux-cheveux-les-plus-courts-du-monde ne laisse pas de nous retourner la caboche, à l'heure où paraît le dernier AMER fanzine, édité par les soins de notre cher ami Ian Geay, de Lille. Voilà quelques années, déjà, que les productions de cet homme-plante (autant que celles des collaborateurs et collaboratrices contribuant régulièrement à  ce travail) se voient taxées, dans un certain milieu dit radical, d'hermétisme, d'ésotérisme, voire d'incompréhensibilité agaçante volontiers élitiste. Nous avons été les témoins empiriques, sous diverses formes au gré des années, d'une telle réaction sourdement hostile, quoique émanant souvent de camarades proclamés, comme dans le cas précédemment évoqué de Maïakovski. Le fait, là aussi, de ne rien comprendre à ce que Ian Geay et ses amies peuvent bien raconter au juste dans leurs revues et interventions annexes, devrait valoir comme nec plus ultra d'une critique politique susceptible de les atteindre. 

D'autres camarades, ou bien encore les mêmes, rencontrent parfois dans l'Art, très abstraitement conçu, un adversaire à leur mesure, déchaînant (du moins le croient-ils) leur belle passion de classe. Il nous semble que dans un cas comme dans l'autre, ils effectuent là un même très mauvais et impertinent chemin. Car non seulement, l'hermétisme philosophique, littéraire ou artistique n'est pas a priori l'ennemi des ennemis de l'existant, mais encore cet hermétisme-là semble souvent, au contraire, le garant dernier d'une forme d'intégrité humaine que tous les maquereaux contingents de l'Art (lesquels sont hélas ! bien réels et puissants) ne sauraient parvenir à refouler. La pulsion artistique ou intellectuelle forme en vérité la dernière ligne de front conjurant les marchands du monde, la borne ultime au-delà de laquelle ces immondes crapules se voient intimer, par l'impuissance objective de leur cerveau et de leur goût débile, de reculer et nous foutre un peu la paix. Un temps pour tout, disons-nous donc : pour badiner, danser, séduire, être léger, mais aussi souffrir et travailler et créer, dans le langage qu'on se sera choisi. L'Art, en tant qu'il brise par principe le principe adverse de réalité, nourrit par principe un plaisir imaginaire ne s'avouant jamais, face à ce dernier, tout à fait vaincu. L'Art est déjà en soi, par là même, notre matériau allié. Et ce n'est certes point la critique situationniste de l'Art et des Artistes qui viendrait affaiblir cette vérité implacable. Au contraire : ce qui a vieilli, seul, dans cette critique magnifique, c'est son contexte d'origine. Est-il besoin de rappeler ici à quel point, vers la fin de leur existence, tant un Debord qu'un Breton, jadis pourtant ennemis à mort des artistes comme artistes, se rapprochèrent néanmoins, devant le Néant inédit et stupéfiant de la société marchande en décomposition, d'un certain classicisme rappelant les ruines de la beauté ayant été, et qui ne reviendra plus : ce monde d'avant, déjà bien pourrifié, mais où il était simplement encore possible de vivre un tant soit peu ? 

Nous l'avons dit ailleurs, maintes fois, et le répétons ici : AMER est la meilleure revue littéraire de France, à laquelle ne manque pas ce qui fait défaut aux autres, savoir : tant un point de vue révolutionnaire sur la société que la pratique adéquate à ce point de vue, adoptée par l'essentiel de ses contributeurs, filles et garçons. Réserve faite, même, d'ailleurs, de l'existence d'une telle pratique, le point de vue en question fait déjà, selon nous, une différence épistémologique. Toute théorie est en effet critique, ou bien n'est rien.

Nous passons donc le salut à Ian Geay, et attendons avec impatience de nous plonger dès que possible dans cette nouvelle livraison de son crû. 
Car : 
« L'art soviétique, l'art prolétarien, l'art véritable doit être compréhensible pour les larges masses. Oui ou non ? Oui et non. »  

(Vladimir Maïakovski,Les Ouvriers et paysans ne vous comprennent pas) 

AssiégéEs à ParmentiEr


Oh la belle bleue !

dimanche 3 mars 2019

French police working


How old do you think they were (are) ? 60, 70 years old ? We don't know, really. All we know is that french cops get mad, each saturday when Yellow Jacket demonstrators cross their way in small or larger town (here : Toulouse). Those two unfortunate old ones weren't Yellow Jackets at all : they were probably just walking their way home. The old lady must have said something, somewhat sarcastically, to one of these pigs in blue, something that M. Officer didn't like, no doubt. Then her husband (?) must have tried to protect her. Look what happend next. This is how they do. This is how french police works. This is what President Macron's men do.