mardi 4 octobre 2022

Mangez vos morts !

(Iran, ces jours-ci)

A message to you, Poutine !

lundi 3 octobre 2022

Lettre ouverte à des crétins anti-impérialistes

Lettre ouverte à l'ACTA 
concernant sa position sur Qassem Soleimani

≪Chers camarades de ACTA,

Nous sommes un groupe de militants politiques de gauche radicale iraniens. Nous avons formé le Collectif 98 (le nom fait référence à la révolte de l'année 2019 en Iran, dérivé de l'année iranienne) en 2019 afin de soutenir les soulèvements populaires en Iran et aussi pour participer à la construction d'un cercle de solidarité internationale entre les luttes des peuples d'ici en France et du Moyen-Orient. L'objectif de ce groupe est à la fois de soutenir les luttes du peuple iranien et d'échanger politiquement avec d'autres luttes progressistes qui ont une base en France et surtout à Paris. Pour plus d'informations sur le collectif, vous pouvez vous référer à « À propos de nous » sur notre site.
Nous nous permettons de vous contacter, après la publication de deux articles de votre part, l'un pour faire l'éloge d'un général de guerre Iranien qui a été impliqué dans le massacre et la torture de milliers de personnes et même de millions en Syrie : Qassem Soleimani et l’autre en faveur du Hezbollah, l'un des partis les plus conservateurs du Liban. Nous voulions exprimer notre mécontentement, mais aussi notre colère, face à la position de l'ACTA sur la politique étrangère de l'Iran et de ses alliés, y compris le Hezbollah. Nous protestons explicitement contre une pratique dans laquelle un média progressiste comme ACTA devient la plateforme de propagande des réactionnaires de la région, y compris d'un régime dictatorial néolibéral. À notre avis, cette position est dangereuse et destructrice et va à l'encontre des aspirations des peuples progressistes du Moyen-Orient.
Nous ne souhaitons pas écrire un article exhaustif pour vous en convaincre ; nous reviendrons plus tard dans le détail afin d'exprimer notre conception de l'internationalisme mais aussi pour critiquer vos propos et ceux d'autres anti-impérialistes occidentaux orthodoxes qui pensent comme vous. Mais nous préférons souligner quand même quelques problèmes basiques d'une telle vision à courte vue. Veuillez donc trouver ci-joint notre lettre complète dans laquelle nous avons clarifié notre position et nos critiques.
Considérant ces éléments, nous vous invitons, ainsi que d'autres collectifs, à avoir ensemble une discussion approfondie sur ce sujet tout en vous demandant de publier cette lettre critique sur votre site-web comme une réponse critique à vos deux articles.
Ce faisant, nous espérions qu'un débat s'engagerait autour de ces problématiques entre nous et les camarades français, y compris ceux de l'ACTA, car cela entraîne un grand nombre d'ambiguïtés et de malentendus qui peuvent se retourner contre les luttes populaires alternatives dans la région. Inspiré par une perspective internationaliste, cet e-mail est avant tout un rappel critique amical afin de renforcer les ponts de solidarité dans la lutte contre le capitalisme, l'impérialisme, la dictature et la violence d'État. Nous espérons sincèrement voir votre compréhension et votre confiance ; alors que nous nous référons aux forces progressistes pour parler des soulèvements en France, nous attendons que vous aussi puissiez faire confiance à vos camarades de gauche radicale (pas pro-état et conservateurs) de la région pour définir leur lutte politique, à ceux qui ont été affectée de plusieurs manières par la politique répressive de l'Iran. C’est en combattant contre cette politique que nous portons aujourd’hui le lourd fardeau de l'exil en poursuivant notre combat ici en Europe.

Solidarité et camaraderie,

Collectif 98

L'arme fatale (Lethal Weapon)


Désolé pour ceux qu'entravent pas l'angliche, mais, là, c'est vraiment trop savoureux. Où il est question, lors d'une discussion tactique au sommet, d'introduire - ou pas - certaine arme absolue miraculeuse (de type V2) enfin capable d'inverser la vapeur sur le champ de bataille dénazificatoire-annexionniste, en faveur de Vlad. C'est pas gagné. Mais c'est très drôle.

dimanche 2 octobre 2022

"La guerre de la liberté doit être faite avec colère" (qu'ils disaient...)


Manifestation de soutien, conjointe, aux luttes émancipatrices ukrainienne et iranienne en cours, Londres, 1-10-22.  La foule scande : ≪All together, we will win !≫ (Ensemble, nous vaincrons !). Poutine et son pourvoyeur de drones moribond Khamenei en sont-ils aussi convaincus, à cet instant et de leur (mauvais) côté ? On commence à en douter. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que ce genre d'images serait très improbable en France, pays du fromage, du stalinisme pro-russe congénital, de l'intersectionnalité pro-hidjab et donc, désormais, du mépris abyssal d'avant-garde pour tout ce qui ressemblera à la liberté, qu'elle soit formelle ou matérielle, puisque pas d'une sans l'autre.

Du bon usage impérial de l'islamisme (3)

(La Dépêche, 1-10-22)

Celles et ceux qui nous lisent depuis un peu de temps connaissent notre opinion sur la grande alliance naturelle des virilismes totalitaires islamiste et grand-russe (Kadyrov-Poutine-Douguine), alliance explicitement défendue par un Alain Soral, pour ne citer que cet exemple d'anti-impérialiste professionnel et obsessionnel, quoique basé, d'ordinaire, assez loin du front, en termes de milliers de kilomètres. Cette synthèse ignoble donne, en ce moment-même, des signes précurseurs considérables et prometteurs d'effondrement total, face au libéralisme bourgeois armé, incarné par la résistance magnifique de l'Ukraine. Nous croisons les doigts, une fois encore, en ce sens et ne pouvons qu'admirer humblement le courage de gens se battant de la sorte, pour des libertés aussi dérisoires que celles de pouvoir dire ce qu'on pense à haute voix, de critiquer l'État, la Police, les patrons et les prêtres sans risquer forcément le camp de travail à régime sévère, de faire ce qu'on veut de son cul, de sa tête et du reste de soi au quotidien. De cela, de cette sainte guerre de la liberté individuelle, les Ukrainiens se trouvent abondamment payés, en mépris insondable, par la quasi-totalité de la gauche et l'extrême-gauche petite-bourgeoise occidentale ≪anti-système≫, ≪anarchistes≫ compris. Une gauche de rupture (zarma) dont, pourtant, le mode de vie ordinaire, minable, ne se trouve constitué, tout glorieux projet révolutionnaire prolétarien mis à part, que de ce genre de liberté minimale : libre bavardage, libre baise ou tentative de baise, libre exposition de ses névroses existentielles ridicules, libre lutte de pouvoirs incessantes et microscopiques en quête d'une quelconque place au soleil plus agréable que celle du voisin. L'Ukraine se bat ainsi, sans le savoir ni le vouloir, la pauvre ! pour Clémentine Autain, en somme, pour Jean-Luc Mélenchon, Ségolène Royal, Sandrine Rousseau, Rokhaya Diallo et tout ce style de personnes empowerisées très lamentablement inintéressantes. L'Ukraine, cette Start-up Nation connectée et progressiste (sur la geekitude généralisée de laquelle bute aujourd'hui le Kremlin et son stalinisme analogique des années 1980) se bat aussi évidemment pour M. Macron, qui l'en récompense tellement mal. Pour M. Macron et ses suivants, c'est-à-dire toutes celles, tous ceux qui, par lâcheté, par soumission automatique à la gouaille de rue d'un Poutine (lequel les hypnotise, les terrorise et les fait donc mouiller en abondance, tel un principe de réalité invincible chevauchant des ours torse nu, dans la Taïga, avec le flegme d'un James Bond qui gère) auront jusqu'au bout refusé, avec la morgue puante de la Realpolitik qui fait son affranchie et sa maligne, les exagérations d'un peuple luttant simplement, au départ, pour éviter la toute bête extermination physique. Il est, certes, et de fait, à craindre désormais qu'à cause même de cette lâcheté occidentale préliminaire (la Grande-Bretagne et les USA étant mis à part), semblable exagération nationaliste soit, à l'avenir, fort difficile à conjurer. Il sera en effet difficile et sans doute, au reste, largement illégitime, d'imposer, après leur stricte victoire militaire, des bornes au ressentiment de millions d'Ukrainiens assoiffés non seulement de justice, mais aussi de vengeance. Or, nous n'avons rien, avouons-le, ou pas grand-chose, pour notre part, contre le ressentiment en soi : nous ne sommes pas nietzschéens. Ni de gauche ni de droite. 

Celles et ceux, quant à eux, qui ne nous lisent que depuis peu iront lire, si l'envie les en prend, nos précédentes considérations sur ce sujet de l'alliance islamo-fasciste gangstérisée que le poutinisme symbolise horriblement. Il va de soi que la question que nous nous posons de longue date, relative au type de fascisme tenant davantage la corde à notre époque (Xi Jinping ? La Charia ? L'Eurasisme ?) face au libéralisme occidental soi-disant décadent, reste ouverte. Et que l'évolution actuelle du conflit ukrainien, sans parler de son issue, modifie encore la donne. En sorte que chacun fera ses pronostics, risqués. Pour nous, nous avons notre idée, mais on n'est pas Madame Soleil. On se contente d'espérer, d'attendre, et de goûter les bonnes nouvelles comme elles méritent d'être goûtées. C'est ainsi que l'apéro fut savoureux en fin de journée, comme nous venions d'apprendre la chute de Lyman et la dislocation massacrante d'un nouveau corps d'armée russe. Nous guettons déjà, avec impatience, la suivante, et puis celle d'après. Nos jours ne sont faits que de cela, depuis le 24 février dernier. De quoi d'autre, de plus important, voudriez-vous qu'ils fussent faits, au juste ?

Ci-dessus : Une poignée d'islamistes poutiniens (issus des fameux bataillons Tik-Tok de Kadyrov) passent visiblement une très sale après-midi sous le feu d'Ukrainiens embusqués déguisés en arbres, du côté de Lyman. Il est sûr que violer puis égorger, à fin de ≪dénazification≫, des femmes, des enfants ou tout autre personne vulnérable et désarmée dans des zones conquises, est autrement aisé.  

jeudi 29 septembre 2022

Change pas de main...

Je sens que ça vient !!!

mercredi 28 septembre 2022

Taras Kobzar, anarcho-syndicaliste ukrainien de base, en guerre.

Entretien trouvé sur le site Lundi-Matin (Hé ouais ! faut bien qu'ils servent à quelque chose, une fois sur mille, entre deux clips de propagande décoloniale)...

***
≪Taras Kobzar est militant anarcho-syndicaliste et originaire de Donetsk. D’abord engagé dans la défense territoriale à Kiev, il a ensuite rejoint l’armée. Dans cet entretien, il se dit persuadé que les ukrainiens repousseront l’armée russe par-delà les territoires annexés de 2014 et voit dans la mobilisation partielle annoncée par Vladimir Poutine le signe d’une défaite à venir.

Nous sommes à sept mois du début de la guerre. Quelle est la situation en Ukraine ?

Le 24 février 2022, une invasion à grande échelle de l’Ukraine par les troupes russes a commencé, nommée par Poutine «opération militaire spéciale». Elle est dans la continuité de la guerre lancée en 2014 avec l’annexion de la Crimée, l’invasion des régions de Donetsk et de Louhansk et l’établissement de «républiques populaires» dans ces régions de l’est du pays, et que la propagande du Kremlin a fait passer pour une «guerre civile en Ukraine» et une «autodétermination de la population russophone». Depuis le 24 février, l’invasion a concerné trois fronts : un au Nord (oblasts de Tchernihiv, Soumy dans l’oblast de Kyïv, et une incursion près de Kyïv), un à l’Est (Oblast de Kharkiv, et progression vers l’ouest dans les Oblasts de Donetsk et de Louhansk) et un au Sud (depuis la Crimée occupée vers la région de Kherson, Odessa, Berdiansk et Marioupol). Poutine prévoyait d’occuper tout le territoire à l’est de la rivière Dniepr, qui sépare l’Ukraine en deux, et de capturer Kyïv. L’armée russe a rencontré une forte résistance de la part de l’armée et de la population ukrainienne, qui s’est engagée en masse dans la défense du territoire. En avril, elle a été repoussée de Kyïv et a quitté la zone nord. De mai à août, au prix de violents combats, elle s’est lentement retirée en direction de l’est, prenant entre autres les villes de Roubijné, Lissitchansk, Sievierodonetsk, s’emparant du nord de l’oblast de Louhansk et continuant à attaquer Kramatorsk, Bakhmout et Avdiivka dans l’oblast de Donetsk. Puis elle a pris Marioupol en été après une destruction presque totale de la ville. En septembre, une contre-offensive de l’armée ukrainienne a commencé en direction du sud vers Kherson et en direction de l’est dans la région de Kharkiv, forçant les forces russes à battre en retraite. À l’heure d’aujourd’hui, l’armée russe continue de contrôler plus de 100 000 km2 du territoire ukrainien, soit environ 20 % de celui-ci.

Quel regard portes-tu sur l’armée ukrainienne ?

En 2022, l’armée ukrainienne est à bien des égards mieux lotie qu’en 2014. Il ne s’agit pas seulement de l’équipement et de l’armement, de sa structure et du commandement, mais surtout de son expérience et de sa motivation. L’armée et la société ukrainienne ont un niveau de conscience plus élevé et plus qualitatif qu’en 2013-2014. Bien sûr, la situation en matière d’armement et d’approvisionnement n’est pas aussi bonne que nous le souhaiterions, mais cela est compensé par l’activité intense de la société civile. Avec un groupe de vieux camarades anarchistes, nous avons par exemple créé un Comité de soldats au sein de notre unité pour approvisionner les soldats, les défendre juridiquement et constituer des espaces de discussion et de construction concernant l’avenir de notre pays.

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos montrent la libération de villages à l’est par l’armée ukrainienne et la joie des habitants. Qu’ont vécu ces derniers pendant ces mois d’occupation russe ?

La guerre et l’occupation sont toujours un lourd fardeau et une souffrance pour les civils. L’occupant réprime les personnes réfractaires, la situation économique s’effondre, les gens risquent constamment de mourir sous les tirs d’artillerie ou d’être tué par des soldats, comme nous l’avons vu à Bucha et ailleurs. J’ai été un témoin direct de ces horreurs. Je suis moi-même originaire de Donetsk, que j’ai été contraint de quitter avec ma famille en 2014, lorsque les séparatistes pro-russes et les groupes militaires agissant pour la Russie ont commencé à détruire tout ce qui avait trait à l’Ukraine, à persécuter les Ukrainiens et à tuer les contestataires de ma ville. J’ai vu ce à quoi ressemblait le «monde russe» et j’ai pu suivre l’évolution de la situation dans ma ville pendant huit ans. Donetsk était avant une ville riche, avec des infrastructures et une vie culturelle développées, elle était le centre économique de l’Ukraine orientale. Elle est aujourd’hui réduite à néant. Avant 2014, plus d’un million de personnes y vivaient. Près de la moitié de la population a été contrainte de la fuir à partir de 2014, perdant leurs maisons, leurs emplois et tous leurs liens sociaux. Donetsk a été pillée : de nombreuses entreprises ont été détruites ou transférées en Russie et les occupants n’ont pas hésité à voler des biens personnels, des voitures, à s’installer dans des appartements et des maisons vidés de leurs habitants. Sur le plan politique, un régime autoritaire a été instauré, rendant impossible toute activité politique et sociale libre. Les personnes peuvent, par exemple, être arrêtées dans la rue et envoyées au front. On connaît l’histoire d’un groupe de musiciens de l’orchestre philharmonique de Donetsk qui a été mobilisé de force et envoyé au combat à Marioupol, directement après une répétition. La plupart de ces musiciens sont morts. L’ordre russe domine toutes les sphères de la vie. Il s’infiltre dans les écoles, empoisonnant l’esprit des enfants, les abreuvant de propagande chauvine. Les plus hideuses «organisations d’enfants» militarisées ont été instaurées dans les territoires occupés : elles rappellent les «jeunesses hitlériennes», mais à la manière stalinienne soviétique. Depuis septembre, de nombreuses vidéos réalisées par des soldats ukrainiens dans l’oblast de Kharkiv libéré montrent des civils qui acclament l’armée ukrainienne. J’en suis le témoin direct, comme soldat. Après avoir souffert de l’occupation et des bombardements, les Ukrainiens ordinaires accueillent avec joie les libérateurs, leurs compatriotes, les soldats de l’armée ukrainienne. C’est la réaction normale de personnes qui se respectent et aiment leur terre, des personnes qui ont vu dans la pratique que la «paix russe» est un véritable «fascisme russe», qui n’apporte que mort, destruction et chagrin.

L’idée du côté ukrainien est-elle de libérer les territoires occupés ou d’aller plus loin ? Comment peut-on vivre avec un voisin comme la Russie, notamment dans l’est du pays ? Imagines-tu retourner vivre avec ta famille à Donetsk ?

Notre tâche est d’arrêter cette guerre en libérant les territoires saisis par la Russie depuis 2014. Cet objectif ne peut être atteint qu’en triomphant de l’armée d’occupation russe, ce qui entraînera la chute du régime politique autoritaire de Poutine. Seul l’établissement d’un ordre véritablement démocratique en Russie peut garantir la paix avec la Russie à l’avenir. Et le repentir de tous ceux qui soutiennent cette guerre, comme ce fut le cas après la chute du régime nazi en Allemagne. De notre part, nous devons construire une Ukraine forte, indépendante et libre, capable de défendre ses frontières. Et oui, je suis sûr que nous allons libérer non seulement le Donbass, Donetsk, mais toute l’Ukraine. Et je pourrai revoir ma ville, ma maison, que je ne vois plus que dans mes rêves douloureux.

Après sept mois de guerre, que penses-tu de l’armée russe, la «deuxième armée du monde» ?

Je pense que la perception des capacités de l’armée russe a changé depuis février 2022, non seulement en Ukraine, mais aussi pour de nombreuses personnes dans le monde. Poutine avait promis de prendre le contrôle de l’Ukraine en trois jours. Mais de nombreuses villes et même de petits villages ont été pris par l’armée russe qu’après un long combat et avec beaucoup de sang. Il était impossible de prendre le contrôle du territoire en trois jours. Poutine a échoué. La principale faiblesse de l’armée russe est la nature criminelle de ses objectifs, de ses méthodes et des personnes qui la composent. Ajoutez à cela la force d’esprit du peuple ukrainien, la grandeur morale du peuple qui défend sa terre et ses proches.

Poutine a annoncé ces derniers jours une mobilisation partielle en Russie. De quoi s’agit-il ?

Les réservistes qui ont déjà servi dans l’armée et qui ont des compétences militaires doivent être enrôlés. Il est prévu de mobiliser 300 000 personnes. La rhétorique du dictateur du Kremlin est aujourd’hui la suivante : «Nous ne pouvons pas quitter les territoires que nous avons libérés, leurs habitants ont besoin de notre protection» et «notre patrie est en danger». Derrière ces mots, on doit comprendre que leur plan visant à prendre rapidement le contrôle de l’Ukraine a échoué, que la guerre est au point mort et que le régime du Kremlin est en danger. Poutine comprend qu’en perdant cette guerre, en perdant les territoires précédemment occupés de l’Ukraine, il perdra son pouvoir en Russie. Une guerre perdue signifie l’effondrement du régime de Poutine. Les pertes de l’armée russe sont élevées, les chiffres cités étant de 50 à 60000 pertes irrécupérables. Les Russes manquent cruellement de force pour tenir la position sur un immense front s’étendant sur des centaines de kilomètres. Après six mois de combats, l’armée d’occupation russe a un besoin urgent de renforts.

Et quelle est la stratégie de Poutine à court terme ?

Comme manœuvre politique, Poutine a utilisé la vieille ruse consistant à organiser des soi-disant "référendums" dans les territoires occupés pour soutenir la poursuite de la guerre. On s’attend à ce que la population des régions ukrainiennes prises sous la menace d’une arme à feu "demande", comme on pouvait s’y attendre, d’être incorporée à la Fédération de Russie. Ainsi, du point de vue de la propagande russe, les nouvelles opérations de combat de l’armée ukrainienne seront menées sur le "territoire russe". Après tout, la région de Kherson et la région de Zaporijjia sont déjà déclarées russes. Et en cas de «violation» des frontières russes, Poutine promet d’utiliser des armes nucléaires.

On voit un vent de panique sur les réseaux sociaux russes. Comment voyez-vous ça en Ukraine ? Et qu’est-ce que ça va changer sur le front ?

Dès les premières 24 heures qui ont suivi l’annonce de la mobilisation en Russie, un exode massif de conscrits potentiels a commencé. Aux frontières, il y a de longues files d’attente de citoyens russes souhaitant quitter le pays. Pour la société ukrainienne, la mobilisation en Russie n’était pas une nouvelle inattendue. Les propagandistes du Kremlin et les analystes militaires indépendants en ont déjà beaucoup parlé. Il faudra jusqu’à trois mois pour que les mobilisés commencent à arriver sur le front, pour reconstituer les unités de l’occupant qui sont vidées de leur sang depuis six mois. Cependant, le temps travaille maintenant pour l’Ukraine. Trois mois, c’est très long dans un environnement qui évolue rapidement. La situation politique dans le monde et en Russie même peut changer, mais pas au profit de Poutine. La situation militaire sur le front ukrainien pourrait également évoluer. Les événements des deux dernières semaines : la libération par l’armée ukrainienne de la région de Kharkiv et son entrée dans le nord de la région de Louhansk, où les troupes russes étaient encore très récemment présentes, et l’offensive de l’armée ukrainienne dans la direction de Kherson ont fait basculer l’équilibre des forces dans la guerre fortement en faveur de l’Ukraine.

Cette déclaration de mobilisation de Poutine n’est-elle pas un aveu d’impuissance ?

Nous voyons un Poutine très différent. Le dictateur perd sa position d’acteur confiant dans la politique mondiale, il semble moins serein et calme dans ses discours publics. L’homme moyen russe est également inquiet. Un coup d’œil aux réseaux sociaux russes montre que le ton normalement hautain et le militarisme enthousiaste des patriotes de Poutine ont laissé place à la confusion et à l’égarement. Les critiques à l’égard des autorités du Kremlin émanent de plus en plus de ceux qui, hier encore, les soutenaient avec ferveur. Malheureusement, cette critique émane encore de personnes infectées par le chauvinisme impérial et n’est pas inspirée par des remords pour les crimes du régime de Poutine, ni à une prise de conscience de ses erreurs. Ils ont peur d’une défaite dans la guerre et à la possibilité d’être capturé sur le front. Mais cette panique introduit de la désorganisation dans les rangs de l’ennemi, et même ce début de changement dans la conscience de la société russe peut être évalué comme positif. En Russie, la mobilisation a déclenché une panique générale et des protestations encore timides et à petite échelle. Les Russes ne veulent pas se battre. En Ukraine, au contraire, la mobilisation de Poutine a provoqué le rire. Pour la société ukrainienne, elle est devenue un sujet de plaisanterie, de satire et de moquerie. Les Ukrainiens veulent se battre et se battront, car nous sommes dans notre propre pays, nous nous défendons, et nous défendons nos maisons et nos familles, notre droit à la liberté et à l’indépendance≫.

                                 (Entretien mené par Perrine Poupin)

mardi 27 septembre 2022

Catastrophe écologique

      (Le Marin, 26-09-22)

lundi 26 septembre 2022

Divandareh (Iran occidental), hier.

Ça gagne...

Hadis Najafi (RIP)

La liberté
Rien d'autre.

De Volgograd jusqu'à Irkhoutsk

Ci-dessous : deux techniques artisanales d'opposition à la guerre fasciste en Ukraine : 1°) Exécution, de deux balles dans la tête, en plein jour et en public, du haut-commissaire local à la mobilisation (Irkhoutsk) ; 2°) Mise à feu nocturne du bâtiment de recensement des futurs conscrits (région de Volgograd). Toute la Russie qu'on aime. Enfin !


Le Parti, vous dis-je !

dimanche 25 septembre 2022

La faute à l'OTAN (épisode 443567)


Quelque chose nous dit que ce n'est pas exactement le bon moment pour gifler impunément une femme dans la rue, en Iran. À priori, aucun rapport avec l'affaire Quatennens, mais sait-on jamais ! Il est fort possible que, comme l'expliquerait bien mieux que nous M. Mélenchon, l'OTAN porte au mieux une forme de responsabilité morale dans ce très regrettable déchaînement de violence, du fait de ses provocations réitérées à l'encontre de tout multilatéralisme non-aligné bien compris, que ce soit en Iran, en Russie ou ailleurs.

Daghestan


Manifestation contre la mobilisation générale au Daghestan, hier. Rappel utile : les gens du coin sont fortement surreprésentés dans le décompte des morts sur le front, en Ukraine. Il meurt en moyenne un moscovite pur jus pour 85 Daghestanais ou Bouriates. De quoi l'avoir mauvaise, en somme. Le flic, sur la vidéo ci-dessus, ne devait certainement pas s'attendre à ce genre de réaction. C'est ça, aussi, la dictature et son mépris quotidien de la vérité ! Lorsque l'on se trouve, très momentanément, du bon côté de la domination et du principe de plaisir illimité suscitée par celle-ci, on finit par en oublier sa contingence, sa fragilité historique, et considérer comme purement virtuelles jusqu'aux lois élémentaires de la mécanique newtonienne.  

samedi 24 septembre 2022

Mobilisation générale en Russie

Omsk


Omsk (Sibérie Occidentale), hier : des conscrits mobilisés se révoltent au moment de monter dans le bus qui les emmène vers une mort quasi-certaine, dans la boucherie impérialiste d'Ukraine. De rage, certains tentent d'embarquer des flics avec eux au fond du véhicule. Poutine paiera pour tout ça. Et plus vite qu'on ne le pense.

Liberté


Il semble qu'en Iran, les flics islamistes perdent progressivement le contrôle des rues un peu partout. À Mashbad, ville natale du Guide Suprême Khameneï, la statue de ce dernier vient d'être incendiée par la foule (voir ci-dessous). Des armureries sont, paraît-il, prises d'assaut et pillées. On s'achemine donc vers un bain de sang (l'armée et les Pasdaran fourbissant vraisemblablement à cette heure leur machine de mort) et une insurrection, dont nous souhaitons évidemment qu'elle triomphe, mais dont on se souviendra, en tous les cas, qu'elle aura démarré par une révolte de femmes contre des Religieux virilistes prétendant les asservir au nom d'un Dieu inexistant. Alain Soral, Zemmour et leurs amis doivent avoir bien mal au cul ces jours-ci, leurs idoles fascistes à gros bras vacillant, de manière inédite, sous la poussée démocratique ≪bourgeoise≫ des fragiles coalisés. Du coup, le stalinisme s'enraye. Il ne comprend plus ce qui se passe : il n'imprime plus, comme disent les journalistes. C'est que, dans le processus révolutionnaire authentique, les libertés, ≪formelles≫ ou ≪matérielles≫, ne sont aucunement ce détail négligeable que nos crétins marxistes occidentaux imaginent d'ordinaire, obsédés qu'ils se trouvent par l'Économie et ses froids mécanismes de structure objective. Dans la définition de tout objet, en l'occurrence, forme et matière sont en effet indissociables, ainsi que le répétait déjà inlassablement un vénérable métaphysicien des temps jadis. Et l'ensemble pousse uniment, tendanciellement, dynamiquement vers une certaine fin toujours ouverte, un certain achèvement toujours reporté, une certaine mystérieuse réalisation.