mardi 25 février 2025
Plot against America (done)
mercredi 17 juillet 2024
Des idées vulgaires
mardi 9 juillet 2024
La Picardie n'est jamais finie !
≪Le voyageur intelligent a-t-il sur son chemin de la porte de Calais à la gare d'Amiens distingué quoi que ce fût au bord de la mer ou dans l'intérieur des terres qui paraisse particulièrement favorable à un projet artistique ou à une entreprise commerciale ? Il a vu lieue par lieue se dérouler des dunes sablonneuses. Nous aussi, nous avons nos sables de la Severn, de la Lune, de Solway. Il a vu des plaines de tourbe utile et non sans parfum, un article dont ne sont pas privées non plus nos industries écossaises et irlandaises. Il a vu se dresser des falaises du plus pur calcaire, mais sur la rive opposée la perfide Albion ne luit-elle pas moins blanche au-delà du bleu. Il a vu des eaux pures sourdre du rocher neigeux, mais les nôtres sont-elles moins brillantes à Croydon, à Guildford et à Winchester ? (...). Qu'y a-t-il donc dans l'air ou le sol de ce pays, dans la lumière de ses étoiles ou de son soleil qui ait pu mettre cette flamme dans les yeux de la petite Amiénoise en cape blanche au point de la rendre capable de rivaliser elle-même avec Pénélope ?
jeudi 18 mai 2023
Talent individuel contre ordre culturel : que le meilleur perde !
dimanche 22 janvier 2023
Jünger par Müller
≪ Heiner Müller : J'avais déjà lu Jünger avant la guerre. Mon père m'avait donné Sur les falaises de marbre, et me l'avait présenté comme un livre secret de résistance. J'avais 13 ou 14 ans. Je ne dirais pas aujourd'hui que Sur les falaises... fait partie des meilleurs textes de Jünger, mais l'allégorie marmoréenne était tout à fait transparente à cette période-là. Le Grand Forestier, avec sa cabane de torture dans la forêt, pour nous, c'était Hitler. Dès 1933, en Saxe, on appelait Hitler le Grand Forestier. Plus tard, le nom a été donné à Göring. On parlait aussi d'Hitler comme du caporal bohémien. Après la guerre, j'ai lu Feuilles et pierres, un recueil d'essais qui comprenait entre autres : "La mobilisation totale", "Sur la douleur", "Lettre sicilienne à un habitant de la Lune", et "Éloge des voyelles". Les textes de Jünger et de Nietzsche ont été la première chose que j'ai lue après la guerre.
mardi 6 décembre 2022
≪Telle est la question que pose la philosophie≫
jeudi 4 août 2022
Nique sa mère l'objet !
dimanche 23 janvier 2022
Di questo pianeta
lundi 29 novembre 2021
Grosse paire de clowns
«Ce jeune baryton-décorateur aimait à se donner des airs de monsieur pas commode. Il n'était pas grand, ce qui me parut nuire à sa carrière, mais il marchait comme une terreur, c'est-à-dire avec un balancement des épaules capable de donner à sa tête un élan irrésistible. Tout son corps n'était que catapulte quand on le voyait venir au bout de la rue Saint-Vincent au rendez-vous de la bande. En réalité il était peu combatif et se contentait de disparaître quand la bagarre s'annonçait.
Quand je l'ai connu il était lié par l'intérêt et la camaraderie de costume à un grand garçon blond et diabolique, flegmatique et spirituel, que l'on appelait P... P... pouvait fumer une pipe Scoufflair [sic] pendant près d'une heure sans la laisser s'éteindre, c'est dire à quel point il parvenait à dominer ses mouvements et ses émotions. Il se promenait avec C... et tous deux ressemblaient à une paire de clowns lâchés en liberté...»
(Pierre Mac Orlan, Villes)
jeudi 4 novembre 2021
Ce grand remplacement transcendantal : la Vie !
jeudi 21 octobre 2021
L'important, c'est d'aimer !
≪Je suis un sale bonhomme. Je remarque toutefois une chose : un homme qui, le matin, n'est pas dans son assiette et, le soir, déborde de projets, de rêves et d'énergie, ça c'est un très mauvais homme ; mal fichu le matin, en pleine forme le soir : voilà qui ne trompe pas. Mais dans le cas contraire, s'il est plein d'allant et d'espoir le matin et complètement à plat le soir, là, c'est franchement un pauvre mec, un mesquin et un médiocre. Pour moi, c'est une ordure. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi je trouve que c'est une vraie ordure.
jeudi 13 mai 2021
Il est sorti !
dimanche 14 mars 2021
La gerbe («Nous sommes en guerre !»)
Je me souviens trop fréquemment de mes rêves, depuis quelque temps».
dimanche 14 février 2021
«En tremblant de la queue»
samedi 30 janvier 2021
Après labeurs et griefs cheminements
«Or il est vrai qu'après plaintes et pleurs et gémissements angoissés, après tristesses et douleurs, fatigues et pénibles cheminements, la souffrance ouvrit mon esprit incertain, aiguisé comme une pelote, plus que tous les commentaires d'Averroès sur Aristote. »
(François Villon, Testament, édition de Jean Dufournet)
mercredi 30 décembre 2020
De l'obscénité
«L'obscénité n'apparaît que si l'esprit méprise et craint le corps, si le corps hait l'esprit et lui résiste.»
(D.H.Lawrence, préface à L'amant de Lady Chatterley,1929)
mercredi 29 juillet 2020
Jonas, Job, Prométhée
«Ce n'est pas ici un insensé téméraire qui t'affronte. Je reconnais ta puissance sans demeure et sans voix, mais jusqu'au dernier souffle de ma vie catastrophée, je contesterai en moi ta domination absolue et universelle. Au centre de cette personnification d'une force impersonnelle, une personnalité ici se dresse. Aussi d'où que je vienne, où que j'aille, tandis que je vis ici-bas, une personnalité royale est en moi sensible à ses droits royaux».
mardi 2 juin 2020
Front populèèère

samedi 16 mai 2020
Aux habitués de café («puis ils émigrèrent»)
mardi 5 mars 2019
À nos amis

Dans un texte célèbre publié en 1928, ironiquement intitulé Les Ouvriers et paysans ne vous comprennent pas, Maïakovski raillait ainsi ses adversaires (et néanmoins camarades soviétiques) faisant ardemment profession d'anti-intellectualisme prolétarien :
D'autres camarades, ou bien encore les mêmes, rencontrent parfois dans l'Art, très abstraitement conçu, un adversaire à leur mesure, déchaînant (du moins le croient-ils) leur belle passion de classe. Il nous semble que dans un cas comme dans l'autre, ils effectuent là un même très mauvais et impertinent chemin. Car non seulement, l'hermétisme philosophique, littéraire ou artistique n'est pas a priori l'ennemi des ennemis de l'existant, mais encore cet hermétisme-là semble souvent, au contraire, le garant dernier d'une forme d'intégrité humaine que tous les maquereaux contingents de l'Art (lesquels sont hélas ! bien réels et puissants) ne sauraient parvenir à refouler. La pulsion artistique ou intellectuelle forme en vérité la dernière ligne de front conjurant les marchands du monde, la borne ultime au-delà de laquelle ces immondes crapules se voient intimer, par l'impuissance objective de leur cerveau et de leur goût débile, de reculer et nous foutre un peu la paix. Un temps pour tout, disons-nous donc : pour badiner, danser, séduire, être léger, mais aussi souffrir et travailler et créer, dans le langage qu'on se sera choisi. L'Art, en tant qu'il brise par principe le principe adverse de réalité, nourrit par principe un plaisir imaginaire ne s'avouant jamais, face à ce dernier, tout à fait vaincu. L'Art est déjà en soi, par là même, notre matériau allié. Et ce n'est certes point la critique situationniste de l'Art et des Artistes qui viendrait affaiblir cette vérité implacable. Au contraire : ce qui a vieilli, seul, dans cette critique magnifique, c'est son contexte d'origine. Est-il besoin de rappeler ici à quel point, vers la fin de leur existence, tant un Debord qu'un Breton, jadis pourtant ennemis à mort des artistes comme artistes, se rapprochèrent néanmoins, devant le Néant inédit et stupéfiant de la société marchande en décomposition, d'un certain classicisme rappelant les ruines de la beauté ayant été, et qui ne reviendra plus : ce monde d'avant, déjà bien pourrifié, mais où il était simplement encore possible de vivre un tant soit peu ?
Car :
« L'art soviétique, l'art prolétarien, l'art véritable doit être compréhensible pour les larges masses. Oui ou non ? Oui et non. »
(Vladimir Maïakovski,Les Ouvriers et paysans ne vous comprennent pas)















