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mercredi 10 juillet 2024
On aurait dû se méfier, quand même...
Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Littérature contemporaine,
Staliniens de merde
mardi 16 janvier 2024
Laurent Diox, ce vendedi, au Fanzinarium !
Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Diox,
Littérature contemporaine,
Punk'n oï !
mercredi 25 octobre 2023
Bien fait pour ta gueule (connasse !)
Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Achevons-les !,
Bonne nouvelle,
Littérature contemporaine,
Staliniens de merde,
Têtes molles et dures à la fois
mardi 28 février 2023
dimanche 20 novembre 2022
Fin de partie
≪Les catastrophes qui inspirent Fin de partie ont fait éclater cet individu dont la substantialité et le caractère absolu étaient le point commun entre Kierkegaard, Jaspers et la version sartrienne de l'existentialisme. Celle-ci avait été jusqu'à garantir à la victime des camps de concentration la liberté d'accepter ou de refuser intérieurement le martyre qui lui avait été infligé. Fin de partie détruit ce genre d'illusion. L'individu lui-même, en tant que catégorie de l'histoire et résultat du processus d'aliénation capitaliste qu'il défie et conteste, s'est révélé éphémère à son tour. La position individualiste était polarisée par l'entreprise ontologique de tout existentialisme, même celui d'Être et Temps. Le théâtre de Beckett l'abandonne comme un bunker suranné. L'expérience individuelle, avec son étroitesse et sa contingence, n'a reçu de nulle part l'autorité qui lui permettrait de les interpréter comme des clés de l'être, à moins de se poser elle-même comme un caractère fondamental de l'être. Mais c'est cela justement qui est mensonger. L'immédiateté de l'individuation était un leurre ; ce à quoi s'attache l'expérience individuelle est médiatisé, déterminé. Fin de partie suppose que la prétention de l'individu à l'être et à l'autonomie a perdu toute crédibilité. Mais, tandis que la prison de l'individuation est dénoncée à la fois comme prison et comme illusion ─ l'image scénique est l'imago de cette prise de conscience ─, l'art reste malgré tout incapable de rompre le charme de la subjectivité éclatée ; il ne peut rendre sensible que le solipsisme. Beckett se heurte ainsi à son antinomie présente. La position du sujet absolu, une fois battue en brèche comme manifestation d'un tout qui la dépasse et, d'une manière générale, la produit, ne peut être tenue : l'expressionnisme se démode. Mais le passage à l'universalité impérative de la réalité objectale, qui pourrait faire obstacle à l'illusion de l'individuation, est interdit à l'art.≫
(T.-W. Adorno, Pour comprendre Fin de partie, 1958)
Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Adorno,
Chronique d'un naufrage,
Littérature contemporaine
vendredi 20 août 2021
Percival Everett
(Merci au camarade Vilbidon de nous avoir montré ceci !)
Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Fascisme généralisé,
Le Moine Bleu overseas,
Littérature contemporaine
mercredi 19 août 2020
Gagner du temps

Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Larbins du Pouvoir,
Littérature contemporaine
lundi 27 juillet 2020
C'est Goethe qui l'a dit !
Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Ajournés de la femme,
Choses vues et témoignages bouleversants,
Littérature contemporaine,
Recréer du lien social
dimanche 17 mai 2020
Biopolitic Man

...Des solitudes s'associèrent en leur exil, avides de construire le Parti pour sauver l'Univers, ayant compris que pour unir leur puissance, le tout était de comprendre que la vraie puissance, c'est avant tout la puissance de-ne-pas....
Il s'agissait pour nos héros destituants d'éviter les pièges infernaux tendus aux Forces-de-Vie par l'infâme DIALEKTIKOR, qui régnait sur l'Univers des Bloom cosmiques de la Très-Haute-Pauvreté factice....
Mais au moment de faire face, ils n'oubliaient jamais de penser en stratèges et d'agir en primitifs, afin de construire l'amour révolutionnaire et de reprendre le flambeau de la solidarité anti-biopolitique que l'Église catholique avait abandonnée, bien loin du temps où le Pape baisait les pieds des lépreux, à l'époque médiévale....
La lutte armée faisait rage, car les viles manoeuvres du Pouvoir (jamais à cours de conspirations objectives à tendances pandémiques) n'étaient pas sans évoquer les heures les plus sombres de la dernière dynastie coronavirale....
Le point culminant de l'offensive fut atteint quand, la politique n'étant que la continuation de la guerre interstellaire sous d'autres moyens sans fin, l'ennemi principal impérialiste apparut enfin....
Car si le répugnant PANOPTICON était déjà dans la place, cela ne pouvait augurer à coup sûr que de la présence de...
JEUNEMARXATOR, bien entendu ! L'impitoyable lieutenant du Maître de l'Empire, pourvu de ses bottes rouges aux super-pouvoirs et de sa longue queue subjectiviste terrifiante ! Cela ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose !!! L'ultime affrontement, tel que narré dans la Kabbale ou l'Apocalypse, approchait. Et seuls les exégètes issus des meilleures écoles pourraient en précipiter la décision métaphysique critique ! Déjà, le sol tremblait, et, dans la terreur des nations, un cri de haine (passion triste typique des foules esclaves avides de congés payés) retentit dans le Néant de l'Aître...
DIALEKTIKOR, ou L'OPPRESSION QUI VIENT ! Le temps était venu de contrer enfin le progressisme en marche : sa médecine, cette nouvelle religion, et sa vérité, qui prétendait s'imposer à tous ! Toute amitié est politique, c'est ce que se dirent les Biopolitic-Man pour se donner du courage, avant d'entrer en action !
Et heureusement, tout était gagné, cette fois encore, dans cette Guerre Véritable ! Mais, jusqu'à quand ? L'aventure continue...

Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Littérature contemporaine
mardi 5 mars 2019
À nos amis

Amer fanzine # 2
Dans un texte célèbre publié en 1928, ironiquement intitulé Les Ouvriers et paysans ne vous comprennent pas, Maïakovski raillait ainsi ses adversaires (et néanmoins camarades soviétiques) faisant ardemment profession d'anti-intellectualisme prolétarien :
« Je n'ai jamais vu que quelqu'un se vante de cette façon : "Comme je suis intelligent ! je ne comprends pas l'arithmétique, je ne comprends pas le français, je ne comprends pas la grammaire!". Or, la proclamation joyeuse : Je ne comprends pas les futuristes traîne depuis quinze ans, s'apaise puis retentit de nouveau avec une excitation joyeuse. Sur cette proclamation on s'est construit des carrières. Il y a une démagogie, une spéculation à l'incompréhensibilité... »
Cette sortie du poète-aux-cheveux-les-plus-courts-du-monde ne laisse pas de nous retourner la caboche, à l'heure où paraît le dernier AMER fanzine, édité par les soins de notre cher ami Ian Geay, de Lille. Voilà quelques années, déjà, que les productions de cet homme-plante (autant que celles des collaborateurs et collaboratrices contribuant régulièrement à ce travail) se voient taxées, dans un certain milieu dit radical, d'hermétisme, d'ésotérisme, voire d'incompréhensibilité agaçante volontiers élitiste. Nous avons été les témoins empiriques, sous diverses formes au gré des années, d'une telle réaction sourdement hostile, quoique émanant souvent de camarades proclamés, comme dans le cas précédemment évoqué de Maïakovski. Le fait, là aussi, de ne rien comprendre à ce que Ian Geay et ses amies peuvent bien raconter au juste dans leurs revues et interventions annexes, devrait valoir comme nec plus ultra d'une critique politique susceptible de les atteindre.
D'autres camarades, ou bien encore les mêmes, rencontrent parfois dans l'Art, très abstraitement conçu, un adversaire à leur mesure, déchaînant (du moins le croient-ils) leur belle passion de classe. Il nous semble que dans un cas comme dans l'autre, ils effectuent là un même très mauvais et impertinent chemin. Car non seulement, l'hermétisme philosophique, littéraire ou artistique n'est pas a priori l'ennemi des ennemis de l'existant, mais encore cet hermétisme-là semble souvent, au contraire, le garant dernier d'une forme d'intégrité humaine que tous les maquereaux contingents de l'Art (lesquels sont hélas ! bien réels et puissants) ne sauraient parvenir à refouler. La pulsion artistique ou intellectuelle forme en vérité la dernière ligne de front conjurant les marchands du monde, la borne ultime au-delà de laquelle ces immondes crapules se voient intimer, par l'impuissance objective de leur cerveau et de leur goût débile, de reculer et nous foutre un peu la paix. Un temps pour tout, disons-nous donc : pour badiner, danser, séduire, être léger, mais aussi souffrir et travailler et créer, dans le langage qu'on se sera choisi. L'Art, en tant qu'il brise par principe le principe adverse de réalité, nourrit par principe un plaisir imaginaire ne s'avouant jamais, face à ce dernier, tout à fait vaincu. L'Art est déjà en soi, par là même, notre matériau allié. Et ce n'est certes point la critique situationniste de l'Art et des Artistes qui viendrait affaiblir cette vérité implacable. Au contraire : ce qui a vieilli, seul, dans cette critique magnifique, c'est son contexte d'origine. Est-il besoin de rappeler ici à quel point, vers la fin de leur existence, tant un Debord qu'un Breton, jadis pourtant ennemis à mort des artistes comme artistes, se rapprochèrent néanmoins, devant le Néant inédit et stupéfiant de la société marchande en décomposition, d'un certain classicisme rappelant les ruines de la beauté ayant été, et qui ne reviendra plus : ce monde d'avant, déjà bien pourrifié, mais où il était simplement encore possible de vivre un tant soit peu ?
D'autres camarades, ou bien encore les mêmes, rencontrent parfois dans l'Art, très abstraitement conçu, un adversaire à leur mesure, déchaînant (du moins le croient-ils) leur belle passion de classe. Il nous semble que dans un cas comme dans l'autre, ils effectuent là un même très mauvais et impertinent chemin. Car non seulement, l'hermétisme philosophique, littéraire ou artistique n'est pas a priori l'ennemi des ennemis de l'existant, mais encore cet hermétisme-là semble souvent, au contraire, le garant dernier d'une forme d'intégrité humaine que tous les maquereaux contingents de l'Art (lesquels sont hélas ! bien réels et puissants) ne sauraient parvenir à refouler. La pulsion artistique ou intellectuelle forme en vérité la dernière ligne de front conjurant les marchands du monde, la borne ultime au-delà de laquelle ces immondes crapules se voient intimer, par l'impuissance objective de leur cerveau et de leur goût débile, de reculer et nous foutre un peu la paix. Un temps pour tout, disons-nous donc : pour badiner, danser, séduire, être léger, mais aussi souffrir et travailler et créer, dans le langage qu'on se sera choisi. L'Art, en tant qu'il brise par principe le principe adverse de réalité, nourrit par principe un plaisir imaginaire ne s'avouant jamais, face à ce dernier, tout à fait vaincu. L'Art est déjà en soi, par là même, notre matériau allié. Et ce n'est certes point la critique situationniste de l'Art et des Artistes qui viendrait affaiblir cette vérité implacable. Au contraire : ce qui a vieilli, seul, dans cette critique magnifique, c'est son contexte d'origine. Est-il besoin de rappeler ici à quel point, vers la fin de leur existence, tant un Debord qu'un Breton, jadis pourtant ennemis à mort des artistes comme artistes, se rapprochèrent néanmoins, devant le Néant inédit et stupéfiant de la société marchande en décomposition, d'un certain classicisme rappelant les ruines de la beauté ayant été, et qui ne reviendra plus : ce monde d'avant, déjà bien pourrifié, mais où il était simplement encore possible de vivre un tant soit peu ?
Nous l'avons dit ailleurs, maintes fois, et le répétons ici : AMER est la meilleure revue littéraire de France, à laquelle ne manque pas ce qui fait défaut aux autres, savoir : tant un point de vue révolutionnaire sur la société que la pratique adéquate à ce point de vue, adoptée par l'essentiel de ses contributeurs, filles et garçons. Réserve faite, même, d'ailleurs, de l'existence d'une telle pratique, le point de vue en question fait déjà, selon nous, une différence épistémologique. Toute théorie est en effet critique, ou bien n'est rien.
Nous passons donc le salut à Ian Geay, et attendons avec impatience de nous plonger dès que possible dans cette nouvelle livraison de son crû.
Car :
« L'art soviétique, l'art prolétarien, l'art véritable doit être compréhensible pour les larges masses. Oui ou non ? Oui et non. »
Car :
« L'art soviétique, l'art prolétarien, l'art véritable doit être compréhensible pour les larges masses. Oui ou non ? Oui et non. »
(Vladimir Maïakovski,Les Ouvriers et paysans ne vous comprennent pas)
Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Ian Geay,
Littérature contemporaine,
Littérature du temps que ça existait
mercredi 2 mai 2018
Un attrait rétrospectif

Ci-dessus : la tombe de Hegel (détail).
« Il faut, pour prendre la mesure du monde, de vastes horizons. C'est dans la plaine allemande, sous les auspices conjugués de la solitude et de la guerre, de l'exil et de l'hiver, que Descartes a posé les principes de la connaissance vraie. On ne se sait être, un jour, ce que nous sommes, que pour avoir délaissé les îles parfumées, les clairières, les petites villes auxquelles des collines douces ont passé leur anneau. La réalité, quand on finit par l'envisager, afflige et désenchante. L'illusion qui en tenait lieu, d'abord, se pare d'un attrait rétrospectif d'autant plus sensible qu'on l'a perdue sans retour. Le vrai, dit quelque part quelqu'un dont on peut visiter la tombe, au cimetière de la Dorotheestrasse, à Berlin, c'est le tout et le tout, le vrai. »
(Pierre Bergounioux, L'empreinte)
Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Hegel,
Littérature contemporaine
jeudi 8 mars 2018
Aslı Erdoğan

Rencontre avec Aslı Erdoğan,
le 10 mars à 18h,
Maison de Rousseau et de la littérature,
Grand-Rue 40, Genève.
Réservation obligatoire par téléphone au 022 310 10 28 ou par courriel à l'adresse info@m-r-l.ch. Rencontre co-organisée avec le Festival du film et forum international sur les droits humains (du 9 au 18 mars).
Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Anti-Monde vaincra !,
Littérature contemporaine
dimanche 31 décembre 2017
Capitation

« Une entreprise est une personne dont tout le sang remonte à la tête.
On appelle cela une personne morale. »
(Éric Vuillard, L'ordre du jour)
Du coup, je reprendrais bien une tranche de
L'économie,
Littérature contemporaine
samedi 9 décembre 2017
Tabernacle, mais qui est donc Anne Archet ?
(Pour aller y voir de plus près,
clique donc là-dessus, bébé)
« Qui suis-je ?
Qui est Anne Archet ? Tout dépend de qui vous êtes.
Si vous êtes marxiste, je suis une «petite bourgeoise intellectuelle et individualiste» et donc, fondamentalement, une ennemie de classe.
Si vous êtes nationaliste québécois, souverainiste, patriote ou même pur-et-dur-orthodoxe-sucré-sans-sucre, je suis une «traître à la nation objectivement alliée au fédéral»; je ne fais hélas pas partie de «l’argent et du vote ethnique» car je n’ai pas un sou vaillant et je ne vote jamais. Si vous êtes un fédéraliste à la sauce chrétino-trudeauiste, je suis une «pouilleuse qui en veut au plus meilleur pays au monde et qui veut nous enlever nos belles rocheuses».
Si vous êtes social démocrate ou même vaguement de gauche, je suis une «crypto-libérale qui critique les acquis de l’État providence et qui fait le jeu de la grande entreprise». Mais si vous êtes libertarien ou simplement un libéral orthodoxe, je suis très certainement une «crypto-étatiste qui sous des couverts d’anarchisme fait le jeu des syndicats et des bureaucrates».
Si vous êtes militariste, je suis sans l’ombre d’un doute une «peacenik sans cervelle inconsciemment alliée aux terroristes». Si vous êtes altermondialiste, pacifiste ou même — Kali m’en garde — tiersmondiste, je suis de toute évidence une «inconsciente aux tendances fascisantes qui se désolidarise des peuples opprimés par sa critique de la tolérance et son refus d’adhérer aux principes de la non-violence et du commerce équitable». Si vous êtes environnementaliste, je suis «une ennemie de la planète qui rejette le principe du développement durable et utilise des serviettes hygiéniques jetables».
Si vous êtes conservateur, catho, pro-vie et que vous avez les sacro-saintes valeurs familiales tatouées dans le front, j’ai bien peur d’être une «déviante homosexuelle pervertie et athée qui prône la dissolution des mœurs, qui se moque de l’autorité, de l’école et du drapeau, qui bafoue le mariage et la famille et qui se repaît du sang des bébés nés avant terme». Si vous êtes une féministe, je suis une «aliénée qui par son amour de la pornographie participe à la violence faite aux femmes». Si vous êtes un militant GLBT, je suis une «lesbienne qui devrait sortir pour de bon du placard et cesser de critiquer le mariage gay».
Si vous êtes un communiste libertaire, un anarcho-syndicaliste ou un mutuelliste, je ne serais pas surprise d’être une individualiste nihiliste, une apôtre de l’anomie, une primitiviste qui veut nous renvoyer à l’âge de pierre, une artiste déclassée qui préfère brûler une poubelle plutôt que d’organiser les masses en vue de la révolution, voire même une tête de linotte qui n’a rien compris de l’œuvre fondatrice de Proutedon, de Bakinoune et de Krotopines.
Enfin, si vous êtes un de ces hostie de cas rares adeptes de pureté de la race, de génocide et de marche au pas d’oie, je suis évidemment une «sale bâtarde chintoque qui vient voler nos jobs et souiller le sang de notre patrie» — si vous me poursuivez prévenez vos gendarmes que je n’aurai pas d’armes et qu’ils pourront tirer.
Si vous ne pouvez être classé dans un des tiroirs qui précèdent, il y a fort à parier que vous feriez un excellent amant ou une amoureuse magnifique. Le goût de jouir comme s’il n’y avait pas de lendemain me prend soudainement… êtes vous libres ce soir ?
Anne Archet
Pétroleuse nymphomane
Petite mère des peuples et
Grande timonière des masses ahuries »
Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Littérature contemporaine,
Pornographie de bon aloi
vendredi 13 octobre 2017
Classe ouvrière

Sortie prévue : février 2018
Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Littérature contemporaine
mardi 21 juillet 2015
Philosophie de la misère
Aldo Busi
« La misère est la poulinière de tous les sommets esthétiques ; elle imagine la totalité dans le partiel, la satisfaction dans la privation, elle relie le détail qui est là à l'ensemble qui est absent, elle fournit le texte au contexte et elle en fait un " petit supplément " : elle se fait vivre sur un grand pied avec presque rien, le minimum indispensable sur quoi germe toute sensibilité profonde des choses et fleurit un sentiment princier, dans cette humiliation de survivre comme on peut. L'habitude ancestrale de la misère parvient à saisir d'un seul coup la matière informe et brute à partir de laquelle a été forgée la perfection du riche " tout ", elle raffermit la réalité qui manque à la dimension idéale de l'être, sans avoir à en subir aucune frustration. Avec dix ailes de poulet, ma mère n'entend pas enlever les blancs et les pilons à qui que ce soit, mais fournir un poulet entier à cinq convives afin de les faire s'entraîner au caractère péremptoire du libre-arbitre. La discipline obtuse de la misère s'autorise souvent le caprice de survoler avec suffisance la perfection et l'intégrité du modèle, comme pour dire " je sais bien d'où tu viens ; de nulle part ; tu es parfait parce que tu n'existes pas ", et à cette forme idéale (la poule entière, vue dans mon enfance toujours et uniquement en train de gratter le sol, jamais sur la table), ma mère préfère, avec un snobisme belliqueux, faire carrément étalage de son éthique irréductible de la partialité et de la misère : le souvenir de la faim camouflée en choix. Il a l'incomparable propriété esthétique de faire baisser la crête à la forme parfaite et de la nier pour la forme des formes : un croûton de pain. Les mamans qui allaient glaner, ça, c'était autre chose que des Esseintes ! »
(Aldo Busi, Sodomie en corps onze)
(Aldo Busi, Sodomie en corps onze)
Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Littérature contemporaine
mardi 17 mars 2015
L'odeur de la mangeaille
Don Westlake
« Ce qu'il y a, c'est que je ne suis pas écrivain. Mais peut-être ai-je suffisamment insisté là-dessus ? Tant pis. C'est ça, mon drame. Par un caprice de la destinée, j'ai été introduit dans une salle où se déroule un festin inouï. Autour de moi, les gens se pressent vers la table, et plus ils avancent, plus exquis sont les mets. Je n'avais pas faim avant d'entrer, mais l'odeur de la mangeaille, le spectacle des convives en train de se régaler, j'ai fini par être pris de fringale, moi aussi. Mais pour avoir à manger, il faut le demander. Et moi, je ne parle pas la langue. Je ne sais que montrer du doigt. Et quand on montre du doigt, on n'a droit qu'aux patates bouillies. Alors, je mange mes patates bouillies, en regardant les autres s'empiffrer de caviar autour de moi, et en regrettant amèrement de ne pas parler la langue. »
(Donald Westlake, Adios Schéhérazade).
Du coup, je reprendrais bien une tranche de
c'est la vie,
Littérature contemporaine
samedi 21 février 2015
Bonjour, tristesse
Abdel-Hafed Benotman (1960-2015).
Une fois de plus, le malheur nous frappe.
On s'en souviendra, de cette planète, et de ce début 2015.
On commence même, pour tout vous dire, par en avoir un peu marre.
Les merdes volent en escadrilles (Sagesse des Nations).
***
Le style de nos camarades, de nos compagnes et compagnons aimé.e.s, est bon. Il ne faudrait pas - la chose ne lui vaudrait rien - qu'il se figeât dans le registre nécrologique. Les ami.e.s qui nous restent sont donc informé.e.s qu'il leur est désormais interdit de mourir d'ici la fin de cette année, ni d'aucune autre, d'ailleurs.
Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Littérature contemporaine
dimanche 25 janvier 2015
Un pouvoir sur le monde

Photographie : Frantisek Drtikol.
« Notre amour avait un pouvoir sur le monde :
chacun était sous le charme
quand nous passions à pas lents comme si
nous emmenaient à la fête
une barque et des chansons.
Débraillés, le duvet de la couverture
encore dans le cou
nos voix ressemblaient
aux voluptés du rossignol et du chacal
emmêlées dans l'air.
Nous savions les réponses
aux anges gardant les portes
qui sévèrement séparent la tristesse
de la terre et du ciel.
(— Oui, nous allons rester...
— Tant que cela dure...
— Nous admirons le renard quand il court...
— Nous écrirons des poèmes jusqu'au bout de la vieillesse
jusqu'à l'extrême douleur physique.
Il est rare qu'on étreigne
il est rare qu'on redoute
la mort autant
que lorsque dans nos mains
l'amour
devient le sceptre
du pouvoir sur le monde. »
(Katerina Anghelàki-Rooke,
extrait des Papiers dispersés de Pénélope).
Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Littérature contemporaine
jeudi 15 janvier 2015
S'il vous reste du glaviot...

Du coup, je reprendrais bien une tranche de
Gangsters,
Il faut être raisonnable !,
L'économie,
Littérature contemporaine
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