mercredi 29 avril 2026

De la démocratie (avec beaucoup d'organes des sens)


«Faut-il que ce soit seulement les gens honnêtes qui possèdent le pouvoir souverain sur tous les autres ? Dans ce cas, tous les autres seront nécessairement privés des honneurs publics et des fonctions politiques (...). 

Vaut-il plutôt mieux que ce soit un seul individu (le plus vertueux d’entre eux) qui gouverne ? (...). Il pourrait sembler, de manière générale, que donner la souveraineté à un homme et non à la loi est mauvais, puisque l’âme de cet homme est sujette aux passions. Mais si l'on donne la souveraineté à la loi, quelle différence cela fera-t-il que cette loi soit oligarchique ou démocratique ? (...). 

Dire qu’il faut que la masse des citoyens soit souveraine plutôt que seulement les meilleurs d’entre eux (mais qui sont peu nombreux), cela semblerait apporter une solution qui, certes ! pose des problèmes, mais comporte aussi sans doute du vrai. Car il est possible que de nombreux individus dont aucun – considéré isolé – n'est un homme vertueux, dès que ces individus s'assemblent soient pourtant meilleurs que "les meilleurs" dont il a été question : meilleurs non pas individuellement, mais collectivement, exactement comme les repas collectifs sont meilleurs que les repas organisés aux frais d'une seule personne. Comme ils sont nombreux, en effet, chacun possède alors une part d'excellence et de prudence, et quand les gens se sont mis ensemble, de même que cela donne une sorte d'homme unique aux multiples pieds, aux multiples mains et avec beaucoup d'organes des sens, de même en est-il aussi pour les qualités morales et intellectuelles. C'est aussi pourquoi la multitude est meilleur juge en ce qui concerne aussi bien les arts que les poètes.≫

(Aristote, Les Politiques, III, 11)

***
N.B : Pour celles et ceux que la défense épistémique de la démocratie intéresse (en tant que système générant, par la liberté de discussion qu'il implique, une intelligence collective supérieure à l'intelligence de l'expert isolé), ils se reporteront à cet excellent article de Gweltaz Guyomarc’h qui reprend et commente le célèbre passage du livre 3, chapitre 11, des Politiques.   

vendredi 24 avril 2026

≪ pour le travail, l’éthique et la fraternité ⋙

Ousmane Sonko, anti-impérialiste et anti-fiottes, ces jours-ci.

Aux parlementaires sénégalais auxquels il annonçait, le 26 février, un doublement des peines de prison contre les homosexuels, le chef du gouvernement, Ousmane Sonko, avait fait cet aveu troublant : «C’est la première loi que j’ai déposée, moi-même, à l’Assemblée nationale.»
La première depuis la victoire de son mouvement des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), deux ans plus tôt. C’est peu.

(Le Monde, 23 avril 2026)

lundi 13 avril 2026

Haza !

 

dimanche 12 avril 2026

Sigismond le chevelu (en direct d'Autriche-Hongrie)

(Un pathos universaliste s'est glissé dans cette image. Sauras-tu le reconnaître pour ce qu'il est ? Non ? Normal : tu es un gros con d'électeur pro-russe transcendantal)  

*
≪L'homme est vicissitude, c'est Hérodote qui le dit, mais une idée l'est aussi – ici, l'idée d'empire. Au cours des siècles, en fonction de l'évolution historique, le contenu même de cette idée a changé ; et plus l'empire est privé de tout poids politique réel (qu'il soit mis hors jeu par la puissance autonome des princes ou qu'il se trouve soumis aux intérêts dynastiques, comme ce fut le cas avec les Habsbourg), plus s'affirme, presque à titre de compensation, un pathos universaliste de cette idée d'empire, recouvrant un vide ou une crise de pouvoir (...). Le pathos de l'empire est celui d'une absence, de ce déséquilibre entre la grandeur et l'idée et la pauvreté du réel que D'Annunzio a mis en scène dans le destin de Sigismond le chevelu≫.

(Claudio Magris, Danube)

samedi 11 avril 2026

Des villes mortes (1981)


C'était juste histoire de préciser (à l'attention des cons de gauchistes progressistes qui nous lisent encore - c'est dire s'ils sont cons - et que nous conchions strictement autant que les droitards débiles de toutes obédiences) qu'au final, les choses, si on y réfléchit une seconde, eh ben elles changent pas tellement, finalement, les choses.
Dans les villes. 
Dans ton monde, et dans ta vie de merde, à toi.
Alors, profite, du coup.
Parce que, paradoxalement, ça risque de pas durer, en ce qui te concerne, un paradis pareil.