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dimanche 1 mars 2026

Les héros sont fatigués

Seum décolonial (détail)

«Il n’y a pas d’homosexuels en Iran.” C’est Ahmadinejad qui parle. Cette réplique m’a percé le cerveau. Je l’encadre et je l’admire. (…) Ahmadinejad, mon héros. (…) La Civilisation est indignée. (…) Et moi j’exulte. »

(Houria Bouteldja, Les Blancs, les Juifs et nous
Éditions de la Fabrique, 2016)

vendredi 28 février 2025

Un communiqué des éditions PLON !


Au beau milieu de cette actualité géopolitique troublée et inquiétante, il subsiste néanmoins quelques sérieux motifs de se réjouir. Non : tout n'est décidément pas perdu, ni au plan économique ni au plan culturel, lesquels sont par définition étroitement liés. L'édition française, en particulier, donne quotidiennement la mesure de son dynamisme et de son niveau d'exigence. Et les rodomontades de M. Trump, là-bas, de l'autre côté de l'Atlantique, n'y changeront rien. Certes, des taxes injustes, contraires à l'esprit même du commerce libre et non-faussé, risquent bientôt de s'abattre, par exemple, sur les lecteurices francophones et universitaire locales du dernier ouvrage de Mme Rokhaya Diallo, consacré au féminisme et publié par nos soins. Mais il en faudra plus pour décourager le public américain cultivé de découvrir et redécouvir encore cette pensée novatrice ayant toujours fait l'âme de la vieille Europe bien autant, sinon plus, que le vin, le fromage ou la maroquinerie de pointe !


Et il n'y a pas que le féminisme (traité par l'une de ses spécialistes incontestées même) qui soit concerné : dans tous les domaines de l'intellect, les éditions PLON feront ainsi leur juste place à l'émancipation, et au rêve jamais vaincu d'une lecture ouverte et tolérante, pour aller demain, ensemble, vers un meilleur avenir inclusif et solidaire ! Mr Trump, essayez donc de taxer les ouvrages ci-dessous si cela vous chante ! Ce sera peine perdue ! Le message doit passer, et le message passera ! 





mercredi 17 juillet 2024

Bienheureux les Grecs !

(Ci-dessus : petit précis d'≪antiracisme politique≫, 
c'est-à-dire, donc : ≪barbare≫, si on a bien compris).


CORNÉLIUS CASTORIADIS – Le politique est ce qui concerne le pouvoir dans une société. Du pouvoir dans une société, il y en a toujours eu et il y en aura toujours – pouvoir au sens de : décisions concernant la collectivité qui prennent un caractère obligatoire, et dont le non-respect est sanctionné d'une façon ou d'une autre, ne serait-ce que le : «Tu ne tueras point». (...). En revanche, l'apport du monde grec et du monde occidental, c'est la politique. La politique comme activité collective qui se veut lucide et consciente, et qui met en question les institutions existantes de la société. Peut-être le fait-elle pour les reconfirmer, mais elle les met en question ; alors que dans le cadre de l'empire pharaonique, de l'empire maya ou inca, aztèque ou chinois, dans le royaume de Baïbar aux Indes, il peut être question de savoir s'il faut ou non faire telle guerre, s'il faut ou non augmenter les impôts, la corvée des paysans, etc., mais il n'est pas question de mettre en cause l'institution existante de la société. Donc, voilà quel est le privilège, le seul, de la culture, disons – ne parlons plus de culture grecque – occidentale, et c'est ce qui nous importe aujourd'hui. C'est qu'elle se mette en question et qu'elle se reconnaît comme une culture parmi d'autres. Et là, il y a, en effet, une situation paradoxale : nous disons que toutes les cultures sont égales, mais force est de constater dans une première approximation – une première étape, si vous voulez – que parmi toutes ces cultures, une seule reconnaît cette égalité des cultures ; les autres ne la reconnaissent pas. C'est un problème qui pose des questions politiques théoriques et peut arriver à poser des questions pratiques (...). Question subsidiaire sur ce point : dans quelle mesure la culture occidentale moderne est-elle l'héritière légitime de la culture grecque, et aurait-elle droit elle aussi à être «plus égale» que les autres ? J'y ai en partie répondu : je pense que, actuellement, même dans cet effondrement ou ce délabrement, la culture occidentale est quand même à peu près la seule au sein de laquelle on peut exercer une contestation et une remise en question des institutions existantes... Je dirais qu'elle ne vous estampille pas immédiatement comme suppôt de Satan, hérétique, traître à la tribu, à la société, etc. (...). Moi, ce qui m'étonne très souvent dans ces discussions – je ne dis pas cela pour vous – c'est notre provincialisme. On parle comme si, de tout temps, les gens avaient pris des positions politiques, s'étaient donné le droit de discuter et de critiquer leur société. Mais c'est une illusion totale, c'est le provincialisme d'un milieu hypercultivé ! Ces choses n'ont existé que deux siècles dans l'Antiquité et trois siècles dans les temps modernes et encore, pas partout : sur de tout petits promontoires, le promontoire grec ou le promontoire occidental, européen, c'est tout. Ailleurs, cela n'a pas existé. Un Chinois, un Indien traditionnel ne considère pas comme allant de soi le fait de prendre des positions politiques, de juger sa société. Au contraire, cela lui paraîtrait même inconcevable, il ne dispose pas des cadres mentaux pour le faire. 
Alors, à partir du moment où nous nous donnons ce droit, nous nous trouvons aussi dans l'obligation de dire : parmi ces différents types de sociétés, qu'est-ce que nous choisissons ? La société islamique ? L'empire Romain sous les Antonins, époque dorée, du moins pour ceux qui roulaient effectivement sur l'or ? Est-ce qu'on doit restaurer l'empire des Antonins ? Pourquoi pas ? Eh bien, non ! Mais pourquoi ? Au nom de quoi ? Précisément parce que – et c'est encore un paradoxe – la culture dans laquelle nous nous trouvons nous donne les armes et les moyens d'avoir une posture critique moyennant laquelle nous faisons un choix dans... disons, les paradigmes historiques présents, ou dans les projets possibles – et c'est plutôt les projets que les paradigmes puisque comme je le disais tout à l'heure, il n'y a pas de modèle, il y a un projet d'autonomie qui a son germe : en Grèce et en Occident, mais qui sans doute doit aller beaucoup plus loin. À ce moment-là, nous nous situons comme des hommes (des êtres, des anthropoï : pas des mâles) politiques et nous disons : voilà, nous sommes pour... par exemple : les droits de l'homme et l'égalité entre hommes et femmes, et contre... par exemple : l'infibulation vaginale et l'excision. Nous sommes contre. Je suis contre. (...). Je n'ai jamais dit que, au point de vue d'un choix politique, toutes les cultures sont équivalentes, que la culture esclavagiste des États sudistes américains, si idylliquement décrite par Margaret Mitchell dans Autant en emporte le vent, par exemple, vaut n'importe quel autre culture du point de vue politique. Ce n'est tout simplement pas vrai. (...).

CHANTAL MOUFFE – Par rapport à ce que vous venez de dire : quels seraient les conditions d'universalité de ces valeurs, donc d'autocritique de la démocratie, que vous défendez ? Parce que je suppose que cela ne peut pas se généraliser sans qu'une série de conditions culturelles soit données. Donc, comment est-ce que vous voyez ces valeurs d'origine occidentale devenir des valeurs dominantes dans d'autres cultures ? Quelle serait votre position par rapport à ça ?

CORNÉLIUS CASTORIADIS – C'est une question pratique ?

CHANTAL MOUFFE – Pratique et théorique à la fois...

CORNÉLIUS CASTORIADIS – Au plan théorique, la réponse ne serait pas très difficile parce qu'on peut tout simplement parler de Tian An Men à Pékin... Contrairement à ce que certains ont dit (ou souhaiteraient), la démocratie ne fait pas partie de la tradition chinoise. Ce n'est pas vrai. Il y a eu des mouvements, il y a eu le taoïsme, etc., mais ce n'est pas ce que nous appelons démocratie. Les Chinois, certains du moins, manifestent à Tian An Men, l'un d'entre eux est là, devant les blindés. Il se fait écraser en revendiquant la démocratie. Qu'est-ce que cela veut dire  ? Cela veut dire qu'il y a quand même un appel de ces valeurs, comme il y en a un – bien que les choses soient là très bâtardes, c'est désagréable mais c'est ainsi – dans les pays de l'Est européens après l'effondrement du communisme. Ce que je veux dire, c'est que, à partir du moment où ces valeurs sont réalisées quelque part – ne serait-ce que de façon très insuffisante et très déformée, comme elles l'ont été ou le sont encore en Occident –, elles exercent une sorte d'appel sur les autres, sans qu'il y ait pour autant une fatalité ou une vocation universelle des gens pour la démocratie. Mais si ce que vous me demandez c'est : qu'est-ce qu'on fait si les autres persistent, parce que c'est ça finalement la question, la réponse est : on ne peut rien faire, sinon prêcher par l'exemple. Robespierre disait : «les peuples n'aiment pas les missionnaires armés». Moi, je ne suis pas pour l'imposition par la force d'une démocratie quelconque, d'une révolution quelconque, dans les pays islamiques ou dans les autres. Je suis pour la défense de ces valeurs, pour leur propagation par l'exemple, et je crois – mais là c'est une autre question – que si actuellement ce... disons, rayonnement a beaucoup perdu de son intensité (les choses sont plus compliquées que ça, d'ailleurs...), c'est en grande partie à cause de cette espèce d'effondrement interne de l'Occident. La renaissance des intégrismes en terre d'Islam ou ailleurs (car en Inde il y a des phénomènes analogues chez les hindouistes) est en grande partie due à ce qu'il faut bel et bien appeler la faillite spirituelle de l'Occident. Actuellement, la culture occidentale apparaît pour ce qu'elle est, hélas  ! de plus en plus : une culture de gadgets. Qu'est-ce qu'ils font, les autres ? Avec une duplicité admirable, ils prennent les gadgets et ils laissent le reste. Ils prennent les Jeep, les mitraillettes, la télévision comme moyen de manipulation – au moins les classes possédantes, qui ont les télévisions couleur, les voitures, etc., mais ils disent que tout le reste, c'est la corruption occidentale, c'est le Grand Satan, etc. Je crois que tout est dû au – et est aussi conditionné par – le fait que l'Occident lui-même a un rayonnement de moins en moins fort parce que précisément, la culture occidentale, et cela en tant que culture démocratique au sens fort du terme, s'affaiblit de plus en plus. 
Mais, pour en revenir à votre question de la condition de l'universalisation de ces valeurs, la condition, c'est que les autres se les approprient – et là, il y a un addendum, qui est tout à fait essentiel dans mon esprit, se les approprier ne veut pas dire s’européaniser. C'est un problème que je ne suis pas en mesure de résoudre : s'il est résolu ce sera par l'Histoire. J'ai toujours pensé qu'il devrait y avoir non pas une synthèse possible – je n'aime pas le mot, trop radical-socialiste –, mais un dépassement commun qui combinerait la culture démocratique de l'Occident (avec des étapes qui doivent venir ou qui devraient, c'est-à-dire une véritable autonomie individuelle et collective dans la société) avec conservation, reprise, développement – sur un autre mode – des valeurs de socialité et de communauté qui subsistent – dans la mesure où elles ont subsisté – dans les pays du tiers monde. Car il y a encore par exemple des valeurs tribales en Afrique, hélas ! elles se manifestent de plus en plus dans les massacres mutuels ; mais elles continuent aussi à se manifester dans des formes de solidarité entre les personnes qui sont pratiquement tout à fait perdues en Occident et misérablement remplacées par la Sécurité Sociale. Alors, je ne dis pas qu'il faut transformer les Africains, les Asiatiques, etc., en Européens. Je dis qu'il faut qu'il y ait quelque chose qui aille au-delà, et qu'il y a encore dans le tiers-monde, ou du moins dans certaines de ses parties, des comportements, des types anthropologiques, des valeurs sociales, des significations imaginaires, comme je les appelle, qui pourraient être, elles aussi, prises dans ce mouvement, le transformer, l'enrichir, le féconder.»

(Cornélius Castoriadis, Démocratie et relativisme, 
Débat avec le MAUSS, décembre 1994)

vendredi 8 mars 2024

Socialisme ou Barbarie (ou les éditions de la fabrique)

(Précision utile : 
Ceci n'est pas une publicité airb'n'b 
pour un loft très lumineux, avec jardin,
 du côté de Belleville)

lundi 27 février 2023

Cahier des charges (NF)


1°) Mépriser la morale bourgeoise. Le plus obsessionnel sera le mieux. Ne faire, bien entendu, aucun cas de toute assertion pouvant risquer d'assimiler l'intelligence à une catégorie morale (ainsi que le disait quelqu'un, jadis : probablement un Juif de droite) ;
 
2°) Poser au ≪barbare≫ en tous points (plus qu'au ≪beauf≫). Surjouer, notamment, l'arrogance et l'insolence lettrée, et pressée. Éviter, à ce titre, de développer sérieusement aucun concept simplement balancé gratuitement, à la volée. Ce qui serait céder aux exigences de la morale bourgeoise (voir point n°1) ;
 
3°) Vanter la ≪dialectique≫ de manière d'autant plus convaincue qu'on n'y connaît rien, tout en la combattant comme on respire, étant donné la conception du monde dont on procède, en tant que misérable exemplaire, historiquement situé, d'une idéologie post-moderne radicalement anti-dialectique (et accessoirement contre-révolutionnaire) ;

4°) Brasser du vent et de la merde, dans l'équivalence parfaite des matières : sur un strict ≪plan d'immanence≫ ou d'univocité de l'être≫, comme disait Gilles Deleuze (philosophe français de la fin du vingtième siècle, peu connu de nos services, mais sans aucun doute ≪éminemment marxiste≫, dialecticien et décolonial) ;

5°) Défendre un maximum de racistes possibles au nom de l'anticolonialisme et du marxisme éminent, pourvu, bien entendu, qu'iels soient publiéEs aux éditions de la Fabrique (Paris, France). Ne pas oublier, à cet effet, de citer Friedrich Nietzsche, célèbre penseur éminemment marxiste et anti-colonialiste allemand de la fin du dix-neuvième siècle ;

6°) Ne pas oublier, pour conclure et avant de faire route vers tout autre blog de gauche anticapitaliste raisonnable, d'insulter la résistance ukrainienne à la barbarie colonialiste russe en cours, au nom de l'anticolonialisme et du marxisme éminent, lesquels (rappelons-le tout de même pour les étourdiEs qui nous liraient) ne sont nullement compatibles avec la morale bourgeoise (derechef, voir point n°1) ; 
 
7°) Se coiffer de la manière la plus ridicule possible, étant donné les touffes éparses pouvant encore parsemer le crâne d'un barbare blanc de plus de cinquante ans (voir point n°2).  

mercredi 29 décembre 2021

Histoire populaire de la psychanalyse


Nous ne sommes pas d'accord sur tout avec Florent Gabarron-Garcia : c'est le moins qu'on puisse dire. Dans le cas contraire, il est bien évident que son ouvrage ne serait pas publié aux éditions de la Fabrique. Marcuse, par exemple, est tellement préférable à Reich, ce virilo-génitaliste de gauche, significativement fort apprécié du courant deleuzo-guattariste, auquel l'auteur appartient. Or, le premier n'est évidemment point étudié ici comme il le mériterait. De même : Adorno ou les autres saucisses de Francfort. Quoi de plus normal ! Pour l'essentiel des saucisses en question (Fromm excepté), la fidélité à Freud passe en effet par l'assomption d'un certain pessimisme de civilisation, désespérant de la pratique, mais constituant comme la dernière hygiène intellectuelle (et, peut-être, morale) possible, sur un mode forcément utopique au sein d'un monde déchu, pourri jusqu'à la moelle par la rationalité instrumentale capitaliste. Or, Florent Gabarron-Garcia reste (au moins en esprit) un militant contemporain. 
Il n'en reste pas moins que ce livre permet avantageusement d'en finir avec le mythe onfrayiste (très prisé dans l'ultra-gauche d'aujourd'hui, à l'exception de quelques rares anarchistes clairvoyants) d'un Freud transcendantalement conservateur, voire pourquoi pas ! pré-fasciste, tant qu'on y est... La plupart des disciples directs de Freud, raconte ainsi Gabarron-Garcia, participèrent de près ou de loin (comme Freud, lui-même, d'ailleurs, même si ce fut très bourgeoisement et modestement) aux luttes révolutionnaires de leur temps : de Budapest à Berlin, de révolutions de Conseils en expériences cliniques de masse. On ajoutera, pour finir, que Florent Gabarron-Garcia s'avère quelqu'un d'exquis au plan personnel, quelqu'un avec lequel nous avons toujours eu plaisir à converser en liberté. Par les temps qui courent, tout défenseur talentueux et intègre (c'est-à-dire critique) de la psychanalyse doit se révéler un allié objectif.    

samedi 9 mai 2020

Sibeth Ndiaye présente...

Salut aux insortables 
qui ont commis le truc 
très méchant 
ci-dessus.
 Franchement, les gars, 
ça se fait pas, quand même. 

vendredi 1 février 2019

Une opinion majoritaire ?

(Le Monde, 2-1-2019)


Ça va mieux en le disant.
Quelques fâcheux n'y auront toujours rien entendu, bien sûr.
Mais il faut de tout pour faire un Monde immonde.

jeudi 8 novembre 2018

Bouteldja chez Maduro (ou : misère ultime de la pensée décoloniaise)


Du coup, évidemment, les camarades de Lundi-matin sont un peu embêtés, vous comprenez : un très officiel Institut d'état Décolonial inauguré au Vénézuela, en présence de the absolute star of les éditions de la Fibrose and compagnie, ça la fout quand même un peu mal lorsqu'on prétend (encore un peu) dragouiller le libertaire de base. Houria, c'est quand même une alliée, qu'ils disent, du coup, ces jours-ci, chez Lundi-mat. Une alliée qu'exagère, en somme. C'est déjà ce qu'écrivaient les autres abrutiEs post-modernes de Vacarme voilà quelques années. Allez : rideau, les branques ! 

mercredi 25 juillet 2018

L'appel

(Trouvé chez les Enragés)

« Il faudra deviner dans la virilité testostéronée du mâle indigène, la part qui résiste à la domination blanche. (...) Le mâle indigène défendra ses intérêts d'homme. Sa résistance sera implacable : "Nous ne sommes pas des pédés !" »

(Houria Bouteldja, Les Blancs, les Juifs et nous, éditions de la Fabrique)

vendredi 25 mai 2018

Cortège de tête, voilà ton nouveau patron !


Youcef Brakni, pilier inénarrable des Indigènes de la République, peut être fier de lui, et avoir la confiance. Il mettra en pratique ce samedi, au cours de la «Marée populaire» d'extraction mélenchoniste, la stratégie élaborée voilà peu par son organisation lors du « Bandung du Nord » décolonial, et énoncée alors sans fard par une représentante bien connue des Éditions de la Fibrose. Claude Guillon a rappelé la chose ici et se trouve depuis, pour prix de sa lucidité, en butte à toutes sortes d'attaques de la part des crétins malfaisants indigénisto-compatibles habituels. Nous lui apportons évidemment, sur ce coup-là, notre entier soutien. 

En attendant, la paix sociale doit désormais régner en tête de cortège : veuillez, s'il vous plaît, le noter, conformément aux exigences disciplinaires du PIR, qui interdit l'émeute comme méthode, lui préférant celle, ayant autrement fait ses preuves, de la démonstration politique spectaculaire de masse. Certains «antifascistes», alliés de la première ou dernière heure, auront à coeur de faire strictement respecter la consigne. Au point que les médias dominants s'accordent, d'ores et déjà, pour dire que, cette fois-ci, le black bloc ne devrait pas se montrer. 

La situation politique, sociale, spirituelle et humaine de ce pays n'a sans doute jamais été aussi favorable.  

dimanche 20 mai 2018

Amphi J

(à la soi-disant Commune soi-disant libre de Tolbiac, récemment)

vendredi 16 mars 2018

L'événement politico-hype de l'année (don't you miss it !)



Intervenant.E.s : Océane-Rose-Machin (auteurE) ; Éric Paztan (comique) ; Aria Nondeudjiou (femme en lutte) ; Ismahane Choubrette (sociologuE) ; Éric Fassine (féministE) ; Marek Taradan (sexologue décolonial, sous réserves)… et beaucoup d'autres… - Show-room exclusif et shopping panafrican-trendy-cheaky-cheaky-style lol, assuré par MOISIeS et son équipe de jeunes créatEurEs en mode PANTHER NWAR - Tables rondes-débats : 18 h : Faut-il attendre la victoire totale du racialisme pour commencer à être raciste ? (modérateur : SOUTH-éducation 93) - 18 h 05 : Comment enfin en finir avec la lutte des classes ? (modératrice : Raketta Dirlo) - Grande Paella anti-sioniste - Buffet campagnard indigène (en non-mixité financière plats et boisson : prévoir impérativement Carte Bleue, Gold ou Racisée) - Tables de presse antiraciste-politiques (ouvrages religieux, maoïstes, etc) - Entrée tarif solidaire militant : 5 euros (réduction sur présentation de cartes de doctorants en philosophie-sociologie Paris VIII et X) - After prévue à la Bourse du Travail de Saint-Denis (tous les détails sur Parisleftinfos.com)... 

mercredi 21 février 2018

« Entre ici, Tariq Ramadan ! »




Cette délicieuse mise en rapport graphique de Jean Moulin et de Tariq Ramadan vous était offerte par Mme Fanny Bauer-Motti, docteure en psychologie clinique, et par ailleurs récente signataire d'une pétition en ligne exigeant, à l'encontre de ce dernier, un traitement judiciaire simplement «régulier» (M. Ramadan se trouvant, en ce moment même, accusé de viols par deux plaignantes), ainsi que sa «libération immédiate» (il est écroué à la prison de Fleury-Mérogis depuis le 2 février), eu égard à son état de santé. 

Mme Bauer-Motti en profite également, tant qu'elle y est (au bas de cette pétition), pour s'inquiéter d'une utilisation éventuellement partisane (comme l'on dit) de la libération en cours de la parole des femmes, relativement à leurs agresseurs sexuels. «Ce mouvement en faveur des femmes», explique ainsi Mme Bauer-Motti (épaulée là, par exemple, de M. Éric Hazan, éditeur ; Mme Ismahane Chouder, militante féministe ; M. Marwan Muhammad, auteur et statisticien, ou encore de Mme Houria Bouteldja, militante politique franco-algérienne, entre autres), ce mouvement, «qui emporte aujourd’hui une adhésion beaucoup plus large», devrait se voir avant tout préservé du moindre risque «d'instrumentalisation à des fins politiques»

Certains journalistes ont déjà bruyamment noté que la signature de M. Edwy Plenel ne figurait pas au bas de cette pétition. 

Cette perfidie, que nous qualifierions volontiers, en outre, ici, de lâche, de sournoise et de cruelle, ne saurait évidemment être la nôtre. 

lundi 5 février 2018

Himalaya de la pensée (décoloniale)

On se retrouve au Lieu-Dit ?

« La différence entre l’Afrique du Sud ou le régime de Vichy [et l'État français actuel], pour moi c’est une question de degré, pas de nature. Les premiers assumaient la volonté de promouvoir des sociétés fondées sur la race. »

(Houria Bouteldja, interview donnée à Melting-Book, 30 janvier 2018)

lundi 15 janvier 2018

jeudi 7 décembre 2017

In bed with Proletariat


« N'être socialement rien n'est pas une condition humiliante, la source d'un tragique manque de reconnaissance - être reconnu : par qui ? - mais au contraire la condition d'une liberté d'action maximale. Ne pas signer ses méfaits, n'afficher que des sigles fantoches - on se souvient encore de l'éphémère BAFT (Brigade anti-flic des Tarterêts) - est une façon de préserver cette liberté. » 

(Comité Invisible, L'insurrection qui vient)

« Ces militants farouches, dans leur mépris de la bonne éducation et de "l'humanité" bourgeoise, sont pris d'amoureuses palpitations pour "l'humanité" de l'ouvrier, sa "virilité" simple, son caractère "concret" et son "authenticité". Selon eux, les ouvriers sont les "vrais hommes".  [Or], "si les auteurs socialistes attribuent au prolétariat ce rôle de signification historico-mondiale, ce n'est pas du tout parce qu'ils considèrent les ouvriers comme des dieux. C'est plutôt l'inverse. Dans le prolétariat pleinement développé se trouve pratiquement achevée l'abstraction de toute humanité, même de l'apparence d'humanité (...). Dans le prolétariat, l'homme s'est en effet perdu lui-même, mais il a acquis en même temps la conscience historique de cette perte ; de plus, la misère qui s'impose à lui inéluctablement (...) le contraint à se révolter contre pareille inhumanité " (La Sainte Famille). »

(Extrait du Cantique des cantiques ou l'ouvriérisme, in Écrits complets de la Section italienne de l'Internationale Situationniste. Traduction : Joël Gayraud et Luc Mercier)







jeudi 30 novembre 2017

lundi 27 novembre 2017

« Revolutionnary love»


« L’appel des Indigènes dit : “ Merde.” Il propose de repartir sur des bases saines. […] Prenez-le : le discours ne vous plaît pas … mais prenez-le quand même ! […] Là, on ne cherche plus à vous plaire ; vous le prenez tel quel et on se bat ensemble, sur nos bases à nous ; et si vous ne le prenez pas, demain, la société tout entière devra assumer pleinement le racisme anti-Blanc. Et ce sera toi, ce seront tes enfants qui subiront ça. Celui qui n'aura rien à se reprocher devra quand même assumer toute son histoire depuis 1830. N'importe quel Blanc, le plus antiraciste des antiracistes, le moins paternaliste des paternalistes, le plus sympa des sympas, devra subir comme les autres. Parce que, lorsqu'il n'y a plus de politique, il n'y a plus de détail, il n'y a plus que la haine. Et qui paiera pour tous ? Ce sera n'importe lequel, n'importe laquelle d'entre vous. C'est pour cela que c'est grave et que c'est dangereux ; si vous voulez sauver vos peaux, c'est maintenant. Les Indigènes de la République, c'est un projet pour vous ; cette société que vous aimez tant, sauvez-là… maintenant ! Bientôt il sera trop tard : les Blancs ne pourront plus entrer dans un quartier comme c'est déjà le cas des organisations de gauche. Ils devront faire leurs preuves et seront toujours suspects de paternalisme. Aujourd'hui, il y a encore des gens comme nous qui vous parlons encore. Mais demain, il n'est pas dit que la génération qui suit acceptera la présence des Blancs. »

(Houria Bouteldja, entretien avec Christine Delphy, in Nouvelles Questions Féministes - sic -, juin 2005).

Nous rappelons que Mme Houria Bouteldja est publiée aux éditions de La Fabrique, Paris.