mardi 27 août 2024
D'un désespoir l'autre
vendredi 3 novembre 2023
Collapsologie à tendance solipsiste (mais stylée, quand même...)
dimanche 22 octobre 2023
Danse de mort (on achève bien les chômeurs)
mardi 27 juin 2023
Soft power
vendredi 14 avril 2023
Y a plus de respect !
dimanche 26 mars 2023
Leur montrer qui c'est Raoul !
jeudi 9 mars 2023
À faire pleurer dans les chômeurs !
samedi 12 novembre 2022
Ne jamais dire toujours
dimanche 16 octobre 2022
Beau comme une prison iranienne qui brûle !
La tristement célèbre prison d'État de Evin, en Iran, est, à cette heure, en feu. S'y trouvent détenus des centaines de prisonniers ≪politiques≫, dont de nombreux émeutiers ayant pris part aux troubles révolutionnaires de ces dernières semaines. Des révoltes semblent avoir éclaté à l'intérieur. Il est à craindre que ces événements débouchent sur un massacre, et à souhaiter qu'ils constituent plutôt le tournant victorieux de l'insurrection. Mort aux tyrans islamistes ! Vive la liberté !
dimanche 2 octobre 2022
"La guerre de la liberté doit être faite avec colère" (qu'ils disaient...)
dimanche 27 mars 2022
Gastronomie occidentale et Rousselisation des esprits
samedi 10 avril 2021
Un d'Estaing plus rock'n'roll
vendredi 9 avril 2021
Marshall Sahlins et le cauchemar sociobiologique
mercredi 7 avril 2021
Comment des classes sont-elles possibles ? (5) : une historiette de Freddy Gomez
Texte trouvé et lu sur le précieux blogue
«C’est au bar des amis, un soir d’embuscade, qu’une pique lancée par Ada
me remit en état d’alerte conceptuelle alors que je récupérais à peine
de la longue marche que nous avions accomplie en groupe à travers Paris
par un chaud samedi de Gilets jaunes. Elle fondit sur moi, cette
saillie, comme une offense à l’intelligence. Or je savais Ada
intelligente, et plutôt subtile dans ses jugements. La phrase claqua au
vent des passions tristes Elle m’était adressée les yeux dans les yeux :
«Mais “la Classe”, mon camarade, est aussi une
identité.» Comment traduire par écrit le ton d’une voix ? Par
convention, je choisis ici l’italique qui n’est qu’une manière de
souligner ce qui le mérite. L’inflexion de sa voix se voulait
ironiquement dépréciative. J’y ressentis, en tout cas, une claire
volonté d’en découdre : dans sa bouche, le noble nom de «camarade»,
connotée possessivement, n’annonçait rien d’autre qu’une volonté
d’ouvrir les hostilités. Elle venait de m’entendre dire, dans le cadre
d’une conversation générale sur laquelle je reviendrai, que je me
méfiais de toutes les identités et que je conférais aux Gilets jaunes
l’avantage d’avoir parié sur la désidentification. Sachant que les
membres de l’assemblée se réapproprieraient la réplique pour y aller
chacun de son commentaire, je décidais de passer mon tour en savourant à
petites lampées mon verre de brouilly bio. À chacun son vice.
Une marxiste du cheptel, sous vague influence opéraïste, ponctua,
apparemment sure d’elle, que la classe n’était pas une identité, mais un
processus en formation, composition (et décomposition) permanentes. Un
communisateur de derrière les fagots de la Théorie prétendit, lui,
qu’elle était une substance, voire une essence, n’ayant d’existence
concrète que dans l’action de communisation. Une libertaire bon teint
affirma que la classe pouvait être une identité, mais anti-identitaire
(peut-être voulait-elle dire anti-autoritaire), une sorte de
particularisme en marche vers l’universel. Un déconstruit de la dernière
averse déclara qu’elle n’existait, cette classe, que comme antagonisme
impuissant puisqu’elle avait cessé d’être le sujet de quoi que ce fût à
partir du moment où le sujet avait cessé lui-même d’être. Ce à quoi, mon
verre vidé et le déconstruit me sommant d’avoir un avis, je répliquais,
un peu bougon, que sa particularité tenait au fait d’avoir toujours été
trahie par ses pseudo-représentants et sa prédisposition à l’«antagonisme» d’avoir toujours été matée dans le sang par ses
adversaires «de classe». En ajoutant, la voix un peu lasse : «Votre
problème réside, camarades, dans votre déficit d’histoire.» Un grand
froid plana sur l’assemblée que Mourad, attentif au bien-être de ses
hôtes, tenta de réchauffer en annonçant, dans l’allégresse générale, que
la tournée suivante serait pour lui.
La question restait ouverte du pourquoi, désormais silencieuse, Ada,
ex-adepte d’une «ligne de classe» sans concession, en était venue, par
glissements progressifs de perspectives, à ne voir dans «la Classe»
qu’une «identité». C’est là qu’il convient d’être à peu près précis
sur l’avant. La discussion, à bâtons rompus, s’était ouverte, quelques
heures plus tôt, sur la question du «retour des identités» dans la
sphère disons radicale pour faire court. Autrement dit, par quels
déplacements de la pensée critique, ce qui, un temps, avait été jugé – à
tort – dialectiquement dépassable par intégration du particulier à
l’universel, nous revenait en boomerang dans la tronche. Et pour quelles
raisons, cela n’ayant visiblement pas fonctionné, le projet
d’émancipation avait fini par se diluer, par morcellement de fronts de
lutte tous sûrs de la justesse de leur cause, dans une
«archipellisation» illimitée de combats séparés et parfois concurrents
contre «les dominations». On conviendra que, même un soir
d’après-manif plutôt chaude, le bistrot n’est pas forcément le meilleur
endroit pour faire agora sur un tel sujet, mais on fait ce qu’on peut,
là où on peut.
Parce qu’elle est éclairante, l’histoire, qu’il faudrait toujours
convoquer à la table du banquet, même comme témoin muet, occupa à vrai
dire peu de place dans cette discussion heurtée d’une nuit de printemps
tardif. On pourrait s’en étonner, mais c’est ainsi. L’assemblée, plutôt
trentenaire à quelques exceptions près, était de son temps, ce présent
perpétuel que l’histoire n’irrigue plus que comme acte de naissance, le
leur. C’est là un trait d’époque : même chez les radicaux, on est d’un
hasard temporel vécu comme constitutif de ce qui ferait génération, une
manière d’être au monde, des habitus, des tics et des tocs. Le reste,
c’est du passé, un passé dont la postmodernité triomphante, cette
idéologie régnante, a fait «table rase», mais pas comme le souhaitait
la chanson, comme le souhaite le Capital. À partir du moment où l’on a
perdu le fil de l’histoire, celle du projet d’émancipation précisément,
et que, par paresse, on ne cherche pas à renouer avec lui, les bases
manquent évidemment pour comprendre pourquoi ce retour des identités
devenu triomphe des particularités ne marque pas une avancée, mais un
net recul. La raison en est pourtant simple : ce qui était supposé
relever, du point de vue de la particularité, d’une volonté assumée et
revendiquée de se situer contre le mouvement du capital s’est vu,
dès les années 1970, très majoritairement intégré à son mouvement
infini. Ce fut vrai, sauf cas de résistance peu nombreux, pour le
féminisme, pour le mouvement homosexuel et pour l’écologie. Depuis, et
jusqu’à maintenant, c’est dans et non pas contre le
mouvement du capital que se mène le combat sociétal des
post-particularismes : accéder à tous les droits dont il s’estime privé –
à la parité, au mariage, à la famille, à la reproduction, et j’en passe
– en travaillant à l’institutionnalisation de toutes les identités
particulières, dont pourtant certaines s’assumèrent longtemps comme
désidentifiables et en rupture radicale avec la famille, la
reproduction, l’institution et le capitalisme.
À partir d’un certain niveau d’argumentation, le risque est toujours
grand de n’être pas entendu. On le sait et on s’y fait d’avance. Car on
connaît les effets qu’ont pu avoir, sur une assemblée plutôt jeune,
mixte et intersectionnelle, les effets de la postmodernité. Le plus
notable, c’est l’effilochement de tout esprit réellement critique,
c’est-à-dire capable d’entrevoir la complexe réalité d’un monde
artificialisé et déréalisé où le mouvement du capital n’éprouve aucune
gêne, au contraire, à participer du mécanisme général d’émancipation
institutionnalisée des «minorités opprimées». Surtout quand,
«émancipées», elles jouent à plein le jeu du marché, ce qu’elles font
en général. Après tout, il n’y a rien de mieux que l’inclusif pour
éviter la sécession, qui reste, pour le capital, un risque majeur.
Dire cela, ce n’est pas s’opposer à la conquête de nouveaux droits, mais
simplement faire remarquer, en bonne logique, que la déconstruction
illimitée de la sphère privée ouvre un champ infini au mouvement du
capital et que, portées à un militantisme de lobbying, toutes les
identités sexuelles se sentant ségréguées, aussi variées et changeantes
fussent-elles, bénéficieront toujours de son soutien moral –
c’est-à-dire, pour lui, qui ne sait que compter, de l’augmentation des
prébendes qu’il sait pouvoir en tirer.
Toujours à ce moment-là pointe l’accusation de passéisme. Il faut la
prendre pour ce qu’elle est : le point zéro de l’indignation morale,
celle qui s’applique à tout désormais, aux animaux qu’on mange encore,
aux arbres qu’on abat sans qu’on les protège, à la clope qu’on fume, aux
déchets qu’on ne trie pas, à l’écriture inclusive qu’on n’inclut pas à
notre logiciel forcément patriarcal, à notre manque d’empathie pour le
dolorisme de réseau, à nos moqueries sur l’alternatif bio (mais surtout
marchand).
La question de l’identité continuait de titiller l’assistance quand un
ami de libation, un peu allumé il est vrai et moins jeune que la
moyenne, en vint, pour s’amuser sans doute, à mettre un peu d’huile sur
le feu en soulevant la question on ne peut plus épidermique de son
variant «racisé». «C’est drôle, dit-il avant de reprendre une goulée
de bière, mâles ou femelles, il n’y a que des Blancs ici…» Effet
garanti. «On pourrait faire un jeu de rôles…», plaisanta l’insoumise
Lise. «C’est un sujet sérieux», répliqua Aristote en tirant sur sa
flumette. «On pourrait demander à Mourad de se joindre à nous», dit,
mi-plaisantin mi-sérieux, le substantiel Théo. «C’est un vrai sujet»,
réitéra Aristote, en expulsant un nuage odorant de vapeur de ses
narines. On sentait qu’un certain malaise commençait à planer sur les
esprits.
Un semblant d’échanges eut, néanmoins, lieu. C’est quoi un «racisé» ?
C’est un dérivé du concept sociologique de «racialisation», forgé en
1972 par Colette Guillaumin dans L’Idéologie raciste. L’idée qui
le fonde pourrait s’énoncer ainsi : si le racisme repose sur un postulat
dénué de toute pertinence biologique d’une division de l’espèce humaine
en races distinctes et hiérarchisables, sa disqualification n’a pas
entraîné sa fin comme construction sociale imaginaire de groupes
ethniquement «majoritaires» qui utilisent la notion de «race» pour
«racialiser» leur racisme. Dit par Colette Guillaumin, ça donne ça :
«Non, la race n’existe pas. Si, la race existe. Non certes, elle n’est
pas ce qu’on dit qu’elle est, mais elle est néanmoins la plus tangible,
réelle, brutale, des réalités.» En clair, le «racisé», c’est, à
l’origine, celui que le supposé majoritaire «racialise» de manière à
s’auto-identifier, lui, comme majoritaire et à se justifier comme
raciste. C’est donc avant tout le regard du raciste qui fait le racisé.
L’affirmation disqualifiante pouvant muter en fière affirmation
d’identité – l’histoire, encore elle, est pleine d’exemples de ce type
–, c’est aux Indigènes de la République qu’on doit, au début de la
décennie 2010, ce retournement de sens. Dès lors, «racisé» est censé
désigner toute victime réelle ou potentielle d’un racisme
«systémique», dont il doit faire son front prioritaire d’intervention.
Ainsi assigné à sa couleur, à sa culture, à son mode de vie, à sa
différence, le racisé est essentialisé comme sujet-victime et
sujet-sujet. Le mot est entré, en 2018, dans le Robert sous cette
définition : «Personne touchée par le racisme, la discrimination».
Depuis, jugé politiquement correct par les milieux activistes alors
qu’il pue le racisme inversé, il a intégré, en bonne place, comme
«non-mixité» et «intersectionnalité», la novlangue inclusive des
radicalités d’époque. Au risque, vérifié, de redonner de l’air aux
racistes «de souche». Car, dans l’infini combat des identités, la
surenchère est sans limites et ses effets toujours mortifères.
Lassé de devoir subir les circonvolutions conceptuelles ou moralisantes
d’une partie de l’assemblée bistrotière justifiant, au nom des
identités, la police de la pensée qui était en train d’atrophier nos
esprits critiques, c’est là que j’ai fait remarquer que les glorieux
Gilets jaunes avaient au moins l’insigne avantage de jouer sur le
terrain de la désidentification. Quant aux stigmatisations dont on les
avait accablés, y compris dans les milieux déconstruits de la militance,
ils s’en foutaient comme d’une guigne pour la bonne raison qu’ils ne
les fréquentaient pas.
Quand Ada tira sa dernière cartouche – «Mais “la Classe”, mon camarade, est aussi
une identité…» –, je me dis que je connaissais des misères et des
désespoirs qui n’avaient ni le choix des mots ni le loisir de faire des
phrases. Et puis qu’est-ce que j’en avais à foutre de cette «Classe» à
majuscule, si longtemps magnifiée par des avant-gardes autoproclamées
qui, de révolution en révolution triomphantes, la réduisirent à
l’esclavage et éradiquèrent pour longtemps l’idée même d’un communisme
désirable. Cette «Classe» fut au mieux, minoritairement et plutôt
rarement, une conscience d’elle-même et de sa force, ne pariant que sur
son auto-émancipation. Le reste du temps, elle fut le champ de manœuvre
de partis qui, en son nom, jouèrent, contre elle, leur propre jeu.
Alors, «la Classe» comme identité, Ada, tu m’excuseras… C’était juste
une hypothèse, et pas des plus sûres. Désormais, c’est un souvenir.
Restent les prolétaires, chaque fois plus nombreux et résolument
sauvages. Comme des Gilets jaunes. Une promesse, en somme. À condition
de se reconstruire. C’est-à-dire d’être en état de comprendre qu’il
n’est aucune émancipation sans désidentification des identités
premières».
(Freddy GOMEZ, 5 avril 2021)
mercredi 10 février 2021
Sur « l'affaire Claude Lévêque »
L'article ci-dessous nous paraît important, fondamental même. Par son intensité, et par les questions qu'il pose, sans prétendre les résoudre, toutes. Par l'attitude de souffrance dialectique qu'il exprime, en sorte que cette souffrance se charge de toute une puissance de savoir, de compréhension individuée, d'épistémologie nouvelle. Cet article a été publié, à l'origine, sur le blog de Constantin Alexandrakis, auteur du livre Deux fois né. Nous le reproduisons tel quel, car c'est ainsi qu'il faut faire.
Parce que la plupart des adultes mentent aux enfants la plupart du temps, l’adulte pédophilique semble honnête, quelqu’un qui dit la vérité, le seul adulte justement, prêt à découvrir le monde et à ne pas mentir
Lordy, lordy, I do still love that piece of shit
Andrea Dworkin
L’homme a toujours su parler aux jeunes, c’est indéniable.
Au début, je l’ai aimé pour son “Scarface”, posé à Belsunce, dans un ancien cinéma porno, des grosses ampoules rouges, qui écrivent SCARFACE, ding ding ding, dans ta face, H.I.P.H.O.P. Eh b-boy, Afrikaa Baambata a lui aussi violé des mômes, si tu ne le savais pas, maintenant tu sais. SCARFACE qui m’a fait découvrir Claude Lévêque, donc, et j’ai kiffé mais total et tout de suite et pour ce que c’était : un truc violent, débile, bizarre.
Ensuite j'ai vu (en photo) ses installations spectaculaires comme du ACDC :
ou du Michael :

ou un clip de R.Kelly :

et ça :

et ça :
et le plus que culte :
et le plus que plus que culte :
La fin de la fête, la haine, le dégoût, Nevers ou la morne pampa, la rigolade, l’idiotie, psychokiller, feu d’artifices, champagne, voilà ce que c’est. D’avoir 14 ans et demi dans sa tête.
Le gars fout des pneus de tracteurs dorés dans les escaliers de l’Opéra Garnier, en expliquant « c'est comme un carrousel, une invitation à la danse, à la valse », et ça me fait encore éclater de rire et même, je trouve ça beau et cohérent :
Alors il ne s’est pas passé grand-chose : vers ma troisième année de beaux-arts, je lui ai écrit une petite lettre séductrice, comme je sais faire. Il me répond avec un texte dépressif où il raconte un concert d'Iron Maiden ou de Slayer vu depuis un corps-mort de 55 ans. On boit un café chez lui, à Montreuil.
Plus tard, on participe à la même expo, à L'impasse. Au vernissage, il traînait avec un gosse de 14-15 ans, comme s’ils étaient potes. Il y avait les parents. J’ai tiqué et dénié dans le même mouvement.
Plus tard encore, j’ai repensé à cette photo :
Puis j’ai vu, une de ses œuvres des années 80:
Encore encore plus tard, je me suis dit : c’est pour ça qu’on l’invite. C’est notre monde. Pas de surprise. On a grandi là-dedans. Toutes et tous. Les années 80-90. À 8 ans, je lisais Ranx Xerox. À 14 ans, on matait Salò ou les 120 Journées de Sodome en fumant des spliffs avec mes potes. L'été de mes 14 ans, je partais seul sur un bateau avec un pédophile :
Tout ça c’était normal, pas vrai ?
Non ?
Alors peut-être qu’on a besoin des artistes, pour qu’ils expriment cette violence, cette haine, peut-être que c’est ça, l’Art, peut-être même que c’est toujours ça, l’art, un renard mort qui passe dans le landau :

C’est tout à fait possible. C’est ce qu’on s’est raconté pendant longtemps. Un jeu où on célèbre les règles du jeu : manger ou être mangé. Ces règles qu’on pense immuables.
Mais souvenez-vous, il y avait un débat, dans les années 70-80 : qui est malade ? Le pédophile ou la société ? Est-ce que le pédophile ne mérite pas lui aussi de sortir du DSM (le manuel des maladies mentales), comme l’homosexuel ?
Et au début des années 2000, Claude Lévêque participait à cette expo, « Présumés innocents », où la partie la plus en place et la plus influente du milieu, ou presque, jouait avec ce thème plus ou moins avoué, le mot de passe préféré des pédos, du Freud détourné : « l’enfant est un pervers polymorphe ». Tous ces boomers infects, au pouvoir, sous le parapluie de 68, et du Marquis de Sade, et du Bataille et du Cioran et du Ginsberg, membre assumé de la NAMBLA (North America, Man/Boy Love Association), la liste est looooooongue, ils ont dû abimer un nombre de gens pas possible, des gens qui sont comme des murs pour eux, où ils écriraient :

Dunkerque, 2002
Photographie couleur
21 x 30 cm
5 exemplaires
Collections privées
On ne parlera pas de la brochure, éditée en 1982 par le ministère de la Jeunesse et des Sports intitulée J’aime, je m’informe et qui recommandait la lecture du Bon Sexe illustré, de Tony Duvert, texte vantant les mérites de la pédophilie et argumentant en sa faveur. C’est loin tout ça.
Enfin, moi, j’habite depuis mes 14 ans de l’autre côté de pédoland*,
[*j’emploie ce terme, d’abord pour la référence à Disney Land et ensuite au Neverland de Michael. Je ne dirais pas qu’il y a vraiment du trafic d’organes dans les parcs à thème, mais presque, du moins symboliquement.
Contrairement à d’autres qui emploient aussi ce terme, je ne soutiens pas l’extrême-droite, et je ne crois pas (du tout) qu’il y ait eu un réseau pédophile international derrière Outreau.
Par contre, soit-dit en passant, à propos des States, je pense que c’est très exactement ce que voulait dire Nabokov (le type qui a écrit Lolita) quand il s’adressait aux USA : « vous êtes des mangeurs d’enfants, regardez-vous ». Et les États-Unis ont répondu : « OUAIS ! » et ce bouquin est devenu le colossal succès que l’on connaît. C’est documenté, Nabokov a été absolument horrifié par cette réaction absolument horrifiante.
Ainsi, que d'aucuns-d'aucunes d’entre nous aient habité une sorte de “pays imaginaire” qué sapelorio pedoland ouais, à l’intérieur du pays réel, ouais, et tant pis si de gros fafs emploient le même terme, j'assume d'avoir un certain territoire en partage avec les tarés, parce que c’est exactement ça, l'effet que ça fait, il y a une vérité vraie là-dedans, on en tire pas les mêmes conclusions, c'est tout.
Et soit dit en (re)passant, Lolita de Nabokov dit presque tout du problème, en tout cas, il s’agit d’un portrait rigoureusement exact de ce qu’est un pédophile (ça ne veut pas dire qu’il faille le lire, juste qu’un pédophile, c’est très stéréotypé)]
Reprenons.
Enfin, moi, j’habite depuis mes 14 ans de l’autre côté de pédoland, du côté solitaire et parano, qui laisse ruminer ad lib, tous des lâches, des ordures, des crapules, personne pour affronter l’ogre, le véritable et authentique monstre mangeurs d’enfants, qui a pourtant une voix très douce, un regard très doux aussi, un de ces freaks immatures comme on en trouve plein les États-Unis, qui est aussi un gars du lumpen, échappé de la Nièvre, dont on peut se demander ce qui l’a rendu comme ça.
Si je n’ai pas été plus loin avec Claude, alors qu’il était franchement facile d’accès, en tout cas pour moi et pas mal d’autres jeunes artistes mâles, si je n’ai pas été plus loin alors qu’il m’attirait comme un aimant et que je l’admirais, c’est que j’avais déjà reçu mon éducation pédophilique, entre mes 9 et 14 ans, et ces choses-là ne s’oublient jamais, n’est-ce pas, alors j’ai fui. J’aurais pu continuer à traîner avec lui, à l’admirer au moins, ou essayer de le revoir, même à 25 piges, mais il m’a fait flipper, c’est aussi simple que ça.
Donc il ne s’est rien passé.
Alors pourquoi parler ? Je ne voudrais pas ici m’approprier les souffrances de ses anciennes victimes, dont on n’a même pas encore vraiment entendu les voix. Simplement, je me sens solidaire, quoique pas exactement comme j'en aurais envie. C’est-à-dire que ça me rend triste, que Claude Lévêque aille en taule, ou qu’il se fasse laminer ou qu’il se suicide. Ça me rend triste par une sorte de fidélité bizarre qui me colle au crâne depuis une semaine. Et j’ai l’impression que, s’il y a une solidarité, elle se trouve là, dans cette espèce de conflit de loyauté, et ce n’est vraiment pas agréable.
C’est peut-être ça, l’éducation pédophilique, qui me fait compter le Claude parmi les miens :

We’re a happy family, 2012
Néon blanc sur canevas encadrés
31.5 x 353 x 6 cm
En tout cas, c’est presque certain que l’éducation pédophilique pose certaine bases :



Il m’a fallu 25 ans pour comprendre qu’ado, je n’étais pas une petite crapule assoiffée de sexe, mais qu’on m’a rendu comme ça, obsédé, et qu’on a bel et bien exploité ma sexualité naissante, comme celle d'un petit tapin.
Entendez-moi bien : j’espère vraiment que plus personne de moins de 16 ans n’approchera jamais Claude Lévêque. Il me semble que c’est l’objectif de la personne qui a averti la justice, et je respecte grandement cette démarche.
Mais moi, je me pose une autre question, depuis deux semaines maintenant, depuis que la “nouvelle” est tombée. Pourquoi, alors que je devrais être content, alors que j’ai vraiment des raisons personnelles de me réjouir qu’un type que je savais pédophilocriminel depuis fucking forever ne puisse plus continuer à violer des ados, alors que je devrais juste me dire yessss, pourquoi, par je ne sais quelle foutue diablerie, quelque chose me manque ?
Dans le débat qui semble suivre cette affaire (et les autres) apparaîssent des propositions de lois. Et alors que j'ai longtemps pensé que ça pourrait m'apporter quelque chose, j'ai décidé en questionnant cette affaire-en-cours : l'imprescriptibilité, pour les violences sexuelles, pour moi, je m'en fous.
En dehors du fait que, de toute façon, semblerait-il, si la loi sur l’imprescriptibilité passe, elle ne sera pas rétroactive, et que pour moi le prescrit, il n'y aura toujours pas de réponse à attendre, en dehors du fait que ce projet soit aussi porté par certaines assos aux méthodes parfois très pénibles, qui ont le mérite d'exister et qui font parfois de bonnes choses, mais dont le défaut majeur est de maintenir les anciennes victimes dans leur statut de victimes souffrantes, presque agonisantes, à moitié ou entièrement détruite, très souvent même détruite à vie, ravagé.es je t'explique même pas, en suivant ces associations, j'ai eut l'impression de revenir du Vietnam, que j'étais semblable à ce danger publique de Rambo, en dehors de cela, et en dehors du fait que personne là-dedans ne semble avoir lu Springora, visiblement, puisqu'on continue à défendre l'idée qu'un enfant ne puisse pas consentir, alors qu'un enfant très souvent consent, bien sûr, le problème c'est qu'on exploite son consentement, je ne sais pas en quelle langue il va falloir le répéter, bref, en mettant de côté tout cela, je me rends compte : ce qu'il y a de bien, ce qu'il y a d'important, peut-être, avec cette espèce de flux ininterompu de scandales, c'est qu'on pourrait, enfin, gagner du temps.
Le temps de discuter, de réfléchir, d'essayer de sortir du cercle nouveau scandale > on durcit les lois (qu'on appliquait pas) > dodo jusqu'au prochain nouveau scandale > où la réponse sera encore punitive et pénale, pour calmer les foules > les endormir, jusqu'au prochain nouveau scandale > où l'on fabriquera une nouvelle loi encore plus dure, du moins de manière symbolique > symbole qui ne s'adresse finalement presque jamais aux victimes, mais toujours à la société en général, qui condamne, qui n'en peut plus de condamner et de se désolidariser de "ça", l'infamie, comme si cela ne la concernait pas, mais alors pas du tout (j'y reviens de ce pas).
Eh bien moi, je ressens une manière de fidélité pour l’œuvre, ou pour l’homme, ou pour les deux, ou pour la pédophilie elle-même, tiens, cette atrocité certes -- une fidélité peut-être à ce que Claude Lévêque expose mieux encore que Michael Jackson, ce porc, une ambiance ambiguë, sodomie-dragibus, valstar-mobylette-branlette, pull mickey-pastille vichy, viol-fumée, carrelage marron, nique ta mère -- l’ambiance de ces années dans lesquelles on n’a pas choisi de grandir, mais où je suis chez moi, par je ne sais quelle malédiction qui me colle au crâne depuis cinq semaines maintenant.
Il existe un autre artiste mangeur d’enfants, très populaire dans l’art contemporain, celui-là violeur et assassin de petites filles, s’il n’avait pas eu le dessin et l’écriture comme exutoire, en tout cas, il ne s’est jamais fait prendre, Henri Darger :

Je le réunirais bien, avec Lévêque, dans les musées d’art brut, ou dans un grand, très grand, Musée du Viol et des Violeurs (MVV), je les réunirais bien dans mon musée, le MVV (à Tourcoing), en ceci qu’eux, comme Michael, et presque toute la pop de ces 40 dernières années, exposent très bien l’ambiance wind surf, doigt dans le cul, vomi, fond de teint orange qui se déploie, sans complexe, et depuis un bon moment, dans notre monde, en plein soleil même.
On va rendre, on va rendre, on va rendre, ton corps humiiiiiiiiiide
On te faire, on va te faire, on va te faire dire ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
et tu va, et tu va et tu va penser à des cochoneriiiiiiiiiiiiiies
comme moi sur toi et toi sur moi
alors on fait quoi ?
À chaque fois qu’un morceau de Michaël passe à la radio, on célèbre des psychopathes qui font boire de l’alcool à des enfants pour les sodomiser, voilà les dessous du réel, ce qu’on ne veut pas entendre, pas voir, et que moi, j’ai pas envie d’appeler les dessous du réel, à vrai dire, moi je dis : c’est le réel ça.
MANGE ENCORE, comme faisait dire Pier.
Et voilà même, très exactement, le genre de plaisir qu’on apprend à aimer, quand on est un mec.
Allez, encore l'oracle Andrea Dworkin : les mecs sont des merdes et ils en tirent de la fierté.

À vrai dire, le nombre de choses masculines et culturelles et d’exception, le nombre de gestes artistiques saisissants, pétrifiants, chosifiants, diaboliques, qui rentrent dans mon musée (le MVV, à Tourcoing), c’est colossal. Je demande instamment une subvention (énorme énorme), parce qu’un musée, c’est vraiment l’endroit parfait pour épingler ce genre de papillons, mieux que la prison, les pointeurs (ré)exposés, il y en aura des milliers, de salles, une collection permanente permanente permanente permanente, du genre éternelle, et bien sûr, dans un petit coin caché, qu’on appellera le paradis, une fenêtre d'espoir, avec du Jacques Demy et du Prince dedans, en boucle.
Enfin bref.
C’est peut-être une fidélité à moi-même, en fait, qui me colle au crâne depuis un mois, à ce moi-même qui ne m’appartient pas, à ce genre d’image qu’on a voulu faire de moi :
Sans titre, 2001
Tryptique, impression jet d’encre sur toile.
120 x 77 (chaque élément)
Exemplaire unique
Collection du Musée d’art moderne de la Ville de Paris
Photo Claude Lévêque
qui est devenue une grande partie de moi, ou je ne sais pas quoi -- moi c'était plus tôt david hamilton, l'ambiance :
Beau gosse hein ?
On touche là un ensemble tout à fait brumeux. Pénible même. Mon expérience me fait dire que ce genre de choses se passent sous la peau. Comme une sorte de squelette, en forme de labyrinthe, qui se découvre petit à petit, au fur et à mesure qu’on vieillit. Et le vertige qui vous prend, au moment de se rendre compte à quel point on a, dans la tête et sous la peau, des choses qui ont été comme greffées en nous lors de notre construction, des choses aussi flippantes que la banalisation de la sodomie des petits gitons de 13 ans, des choses qui, pour moi en tout cas, ne se remboursent pas avec des années de prison, endroit profondément attaché au viol, au moins de manière symbolique, punition qui voudrait répéter le crime, encore et encore, à l’infini, d’une façon parfaitement absurde et insoutenable.
Parce que finalement, et c'est crucial de comprendre ça, tout ce monstrueux, c’est un peu comme une toile d’araignée : il s’agit d'en sortir.
Si je n'en sort pas, je vais en crever. C'est aussi simple que ça.
Ainsi, la dernière chose dont j'ai envie, c'est d'une vengeance, et ça m’étonne moi-même, alors que ça fait 25 ans que je pense assassiner le mien, de pédo, et que je saisis cette rare opportunité de mise en drame d’une histoire qui n’est pas la mienne pour faire comme si j’allais avoir droit à la justice, et il y a un biais là-dedans, parce que si c’était mon histoire, je ne suis absolument pas sûr que j'aurais cette distance, ni que j’appellerais, non pas à la mansuétude, mais au moins disons, à se questionner sur le châtiment, à prendre un peu le temps de la réflexion. Je le fais parce que ça me semble complémentaire à la phase d’action initiée par d'autres, et j’espère vraiment ne pas blesser ou blesser les gens proches de cette histoire, que je ne connais pas, qui ne sont certainement pas habitués à ma façon de parler, et à qui mes questions ne sont donc pas forcément adressées directement. Je leur souhaite d’abord et avant tout de gagner le combat qu’ils ont initié… Mais justement...
On peut tout de même se réjouir : les pédophiles/pédocriminels ont perdu la bataille de l’opinion depuis assez longtemps maintenant. Au moins 25 ans. Ils sont restés dans le DSM. C’est des malades. Faut les soigner. Le débat est clos depuis un moment, on sait tous que ça ne fait pas du bien aux gosses, ça abime les personnes qu’ils vont devenir, même si certains-certaines échappent au trauma (c’est possible hein), bref, il y a consensus, au moins là-dessus : la pédophilie, c’est du crime. On ne cherche plus à savoir si c’est bien ou mal ou autre chose. Il n’y a plus de doute. Les seuls qui continuent à croire qu’il s’agit d’amour, c’est les pédophiles eux-mêmes, les pédocriminels, les hommes qui violent, c’est même à ça qu’on les reconnaît. Ils sont persuadés qu’ils aiment les gosses, comme on aime une tarte aux pommes. “Bon appétit” écrit sous une photo d’enfant de cinq ans, à poil, ça pourrait être du Claude Lévêque, sauf que c’était dans P'tit loup, une revue pédophilique des années 80, montée par un des thésards de Barthes.
Alors on peut dire que c'est la fête aux violeurs en ce moment. Il y a deux jours, parmi les cinq premiers titre du monde.fr, Richard Berry accusé d’inceste par sa fille, Asselineau en garde à vue pour agressions sexuelles, Marilyn Manson accusé de viols. Les affaires pleuvent, très bien, tant mieux, big up à toi #metooinceste, big up à toi Genière Garrigou , et ta grande intelligence, big up #metoogay.
En même temps, les loups attendent au coin du bois. Robert Ménard qui se dit solidaire des victimes, les proto-Qanonistes français, qui n’ont qu’un doigt à lever pour prouver que le pédoland belgo-satanoïde est bien total, et, dans un genre plus passe-partout, mais tout aussi naze, KarlZero qui sort un “manifeste” contre la pédocriminalité… “Il y a un sujet” comme dirait l’autre premier ministre.
Malgré ces vautours, tout le monde à l'air d'y tenir, ça enfle,et bim, un de moins : Gérard Louvin.
Mais qu'on soit toustes d’accord : il ne s’agit pas de balayer la merde sous le tapis, c’est pas ça l’idée. Il s’agit de faire face.
Et là, dans le cas du Claude, mais je pense que le symbole vaut aussi pour les autres, les galeristes, les collectionneurs et les musées effacent les traces ? Act up retire de la vente un t-shirt ? Le mamco lave plus blanc que le macval qui parle d’une désormais nécessaire “mise sous silence du travail” ? Un geste de solidarité avec les victimes, peut-être. Peut-être du dégoût sincère de voir se confirmer des “soupçons”. Mais est-ce vraiment tout ce qu’il y à faire ? Ne même pas assumer cette culpabilité collective indéniable ? Parce que, pendant ce temps-là, les autres “maintiennent” les oeuvres-par-respect-pour-la-présomption-d'innocence. On argumente même, sur France culture , voyons, voyons, il faut savoir séparer l’homme de ses néons. Dans les deux cas, personne n’a rien à voir là-dedans ? Personne, dans les milieux avant-gardistes, pour dire des choses autrement plus importantes et jusqu'à présent presqu'inouïes comme : « le gars devrait se faire soigner » ? Ou alors, « comment on fait pour prévenir le passage à l’acte, chez ce genre de type attiré sexuellement par les enfants » ? Ou alors pour se demander, qui a été là pour protéger les familles vulnérables à ce genre de crapules, les familles de monstres, les familles comme la mienne, “monoparentales”, sans fric, pour lesquelles rencontrer une star de l’art contemporain est une chance rare à saisir, comme de faire un voyage en bateau contre des branlettes ? (oui, il y a un rapport entre mon expérience et celle de la prostitution, soit-dit en passant). Quels moyens on va donner pour que ça change ? Hein Yvon Lambert ? Hein les collectionneurs d'hier ? Vous allez banquer pour les daronnes seules, exposées ? Pour les soins de ces enfoirés et de leurs victimes ? Quelqu’un, juste, pour enfin débloquer des moyens ? Et il en faut, des moyens, parce que ces mecs se comptent par milliers. Là, on nettoie les traces et zou, on passe à autre chose ? On va se battre, maintenant, pour faire disparaître/invisibiliser son travail ? Qu’il finisse en taule ? Qu’il crève ? Je ne comprends pas. On veut tout oublier ? Ne rien retenir ? Que le mec devienne culte chez les pédos du darknet ? Le type t’as dit en pleine face : je suis bad, vraiment vraiment vraiment bad, et toi, au mieux, tu n’as pas voulu le croire. Il faut assumer ça, dès maintenant, dès le départ. C’est très important.
Quand je vois ces appels à la censure ici ou là, je rappelle que Springora n’a jamais exigé la disparition des livres de Matzneff, que c’est Gallimard qui s’achète une conscience en le faisant disparaître de son catalogue.
Par ailleurs, Lévêque, le bien nommé, doit répondre de ses actes les plus récents, mais il mériterait surtout des soins et une gigantesque psychothérapie plutôt que la taule et la censure. Et surtout, bien sûr, le plus vite possible, qu’il ne soit plus jamais proche d’aucun gosse.
Vous remarquerez que je ne demande même pas comment faire pour que les hommes arrêtent de violer ?
J'ai juste voulu proposer vite fait une petite révision de l'oeuvre de Claude Lévêque, au moins pour celleux qui ne connaissaient pas (enfin revoir ce que j’expose ici, sans autorisation, pas les trucs franchement pédoporno de ses débuts (là, ce n’est pas exactement nécessaire et de toute façon, tout a "disparu" (mais le type produit cela au moment (début 1980) où, je (re (re))répète, le ministère de la jeunesse et des sports conseille de lire Tony Duvert, (le pédoland qui nous a vu naître est alors absolument total)))), revoir ces œuvres donc, en sachant ce que l’on savait déjà, certes plus ou moins, mais en sachant au moins que le type n’était pas là pour rigoler et qu’il nous parlait bien de choses sombres et dégueulasses. Et qu’on l’a célébré pour ça, jusqu’à hier.
PS : J'ai aussi voulu dire que pour moi, prison, punition, vengeance, et la mise en spectacle judiciaire, telle qu'elle se pratique aujourd'hui, rien de tout cela ne me satisfait. Rien de tout cela n'est à la hauteur du crime, alors que ça devrait quand même être posssible, vu la banalité de la chose.
Je n'ai, hélas, pas de solutions à proposer. J'essaye de toutes mes forces d'exclure l'assassinat ciblé, réalisé par les premiers-premières concerné.es. De sortir du monstrueux. Alors, il me reste les bases : les soins, l'éducation, et la culture, une toute autre culture que celle-là même que j'expose ici, à mettre en partage.







