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jeudi 11 juillet 2024

Le Norman Ajari nouveau est arrivé !

≪N'est pas Michel Foucault qui veut≫ 
une telle proposition ne peut cesser d'être vraie,
≪pas plus dans dix mille ans que n'importe quand 
(lundi matin, par exemple...)

≪Quel que soit son contexte, le discours du complot est envisagé [par ses adversaires "progressistes" (sic) ou "de gauche" (re-sic)] comme une suite d’énoncés faux, auxquels il convient d’abord d’opposer, puis de substituer, un raisonnement vrai. En ce domaine, notre réflexe philosophique est zététique ; nous nous métamorphosons naturellement en correcteurs dès que l’opportunité se présente. Peut-être n’est-ce là que l’expression d’un amour de la vérité, mais alors il faut admettre que l’amour, c’est-à-dire l’éros, y importe au moins autant que la vérité. Avoir raison, au centre comme à gauche, c’est une esthétique, une jouissance de l’argument juste, une extase de statistiques et de notes de bas de page≫.
  
  (Norman Ajari, philosophe racialiste — tendance essentialiste-stratégiquedéfendant le rap complotiste ≪antifasciste≫ intitulé No Pasarán !sur Lundi-Matin, 9 juillet 2024)

«Les choses sont comme elles sont indépendamment de toute affirmation et négation. Ce n'est pas à cause de l'affirmation ou de la négation que ceci sera ou ne sera pas, et pas plus dans dix mille ans que n'importe quand.»

(Aristote, Sur l'interprétation, 18b37) 

« Dire de ce qui est qu’il n’est pas, et dire de ce qui n’est pas qu’il est, voilà le faux ; dire de ce qui est qu’il est, et de ce qui n’est pas qu’il n’est pas, voilà le vrai. »

(Aristote, Métaphysique, θ-10, 1051b6) 

dimanche 3 décembre 2023

Des Tchândâla d'Allah (génie du nietzschéisme)


≪Le christianisme nous a frustrés de l'héritage du génie antique, il nous a frustrés plus tard de l'héritage de l'islam. La merveilleuse civilisation maure de l'Espagne, plus voisine en somme de nos sens et de nos goûts que Rome et la Grèce, cette civilisation fut foulée aux pieds (─ je ne dis pas par quels pieds ─), pourquoi ? puisqu'elle devait son origine à des instincts nobles, à des instincts virils, puisqu'elle disait oui à la vie, et encore avec les magnificences rares et raffinées de la vie mauresque !... Les croisés luttèrent plus tard contre quelque chose qu'ils auraient mieux fait d'adorer dans la poussière (...). En somme on ne devrait même pas avoir à choisir entre l'islam et le christianisme, tout aussi peu qu'entre un Arabe et un Juif. La décision est prise ; personne n'a plus la liberté de choisir. Ou bien on est tchândala, ou bien on ne l'est pas...

(Friedrich Nietzsche, L'Antéchrist)

vendredi 14 avril 2023

Y a plus de respect !

(Paris, 13 avril 2023)

lundi 4 juillet 2022

Éloge du pessimisme culturel

≪Le pessimisme culturel (Kulturpessimismus) a mauvaise presse. Le terme apparaît vers la fin du 19ème siècle pour désigner une attitude, un état d’esprit, une Stimmung de défiance par rapport à la modernité, et de critique envers le capitalisme, le libéralisme et l’industrialisme, partagée par tout un courant de la culture allemande des années 1890-1933. Peut-on le réduire à des manifestations nationalistes, racistes et antisémites préparant l’avènement du Troisième Reich ? C’est la thèse soutenue, avec une grande érudition, par Fritz Stern en son ouvrage "classique", Le pessimisme culturel comme danger politique (1961) – c’est le titre de l’édition allemande – qui étudie les écrits de trois éminents représentants de la "révolution conservatrice" allemande : Paul de Lagarde, Julius Langbehn et Moeller van der Bruck.
Ces trois auteurs sont certainement des nationalistes réactionnaires – et, en ce qui concerne les deux premiers, antisémites notoires – et leurs travaux ont sans doute, parmi d’autres, nourri l’idéologie national-socialiste. Mais sont-ils pour autant représentatifs de tout le courant pessimiste culturel ?
En fait le Kulturpessimismus, dont Friedrich Nietzsche est l'une des principales références philosophiques, est un style de pensée beaucoup plus ample, couvrant un large spectre politique et intellectuel de la Mitteleuropa. Une de ses sensibilités les plus importantes est le pessimisme culturel résigné : il inclut des écrivains comme Thomas Mann, des sociologues comme Ferdinand Tönnies et Max Weber, ou des philosophes comme Oswald  Spengler. Il serait d’autant plus faux de l’identifier avec l’antisémitisme qu’il existe, dans la culture germanique de cette époque, un pessimisme culturel juif, représenté, entre autres, par des écrivains comme Stefan Zweig et Joseph Roth.
S’il comporte un pôle conservateur ou réactionnaire, il n’existe pas moins en Europe centrale un pessimisme culturel de gauche – souvent représenté, il est vrai, par des penseurs juifs. Il suffit de mentionner Franz Kafka,  Walter Benjamin, ou l’Ecole de Francfort. On peut aussi trouver des équivalents dans d’autres cultures ou continents : Orson Welles pourrait en être un exemple. Il s’agit ici d’un pessimisme révolutionnaire n'ayant rien à voir avec la résignation fataliste, et encore moins avec la variante réactionnaire et pré-fasciste du pessimisme culturel, parce qu’il est inséparable d’idées libertaires. Sa préoccupation n'est pas le "déclin" des élites ou de la nation, mais les menaces que fait peser sur l'humanité le progrès technique et économique promu par le capitalisme, ou la domination impersonnelle et meurtrière des appareils bureaucratiques. Franz Kafka, Orson Welles et Walter Benjamin représentent trois variantes très différentes de ce pessimisme culturel de gauche.  
Dans Der Prozess, le pessimiste Kafka, qui avait des sympathies anarchistes, met en évidence le pouvoir mortifère des "appareils"  et l’incapacité des individus à résister, victimes de leur soumission volontaire. La conclusion du roman n’en est pas moins, implicitement, un appel à la révolte. Le film [éponyme] d’Orson Welles partage ce diagnostic, même s’il le formule dans un autre langage, et sa conclusion qui semble suggérer une guerre atomique, est loin d’être optimiste. Enfin, Walter Benjamin qui avait lu avec une attention infinie les écrits de Kafka, avait été frappé par "l’absence d’espoir" des accusés du Procès
Sa variante du pessimisme culturel, comme nous le verrons, se réclame à la fois du communisme et de l’anarchisme, et se propose, dans une perspective révolutionnaire, d’"organiser le pessimisme", précisément pour éviter l’avènement du pessimum
Ce pessimisme de gauche était-il exagéré ? Était-il paralysant, en inspirant la peur ?
En ce qui concerne Kafka et Benjamin,  il faut les considérer plutôt comme des "avertisseurs d’incendie", qui ont eu l’intuition, parfois avec une lucidité impressionnante, des catastrophes à venir. Certes, ils n’ont pu prévoir ni Auschwitz ni Hiroshima : en cela, ils n’étaient pas suffisamment pessimistes…
Ce pessimisme culturel de gauche est-il d’actualité aujourd’hui, à la lumière de la catastrophe écologique qui approche à grand pas, ou de la montée spectaculaire de gouvernements d’extrême-droite, ou fascisants sur la planète ?  
Ne faut-il pas, malgré tout, compenser le pessimisme de la raison par l’optimisme de la volonté, comme le proposait Antonio Gramsci (citant Romain Rolland) ?
Aux lecteurs de tirer leurs conclusions… ≫

Michael  Löwy (présentant son ouvrage)

lundi 20 décembre 2021

La vérité est-elle un «effet de pouvoir» ?

«Pour un réaliste comme Frege, ce qui fait de la vérité une vérité est aussi ce qui fait que la vérité ne peut pas être "l'effet" de quoi que ce soit, et surtout pas du discours. Il peut certes y avoir une histoire de la croyance ou de la connaissance de la vérité, mais sûrement pas de la production de la vérité et pour finir de la vérité elle-même. Et il peut aussi, bien entendu, y avoir une politique de la recherche et de l'utilisation de la vérité, mais sûrement pas ce que Foucault appelle une "politique de la vérité", une expression à laquelle j'ai toujours été, je l'avoue, incapable de donner un sens quelconque. Il ne serait sans doute pas difficile de montrer que la plupart des expressions foucaldiennes typiques dans lesquelles le mot "vérité" intervient comme complément de nom ─ "production de la vérité", "histoire de la vérité", "politique de la vérité", "jeux de vérité", etc ─ reposent sur une confusion peut-être délibérée entre deux choses que Frege considérait comme essentiel de distinguer : l'être-vrai (das Wahrsein) et l'assentiment donné à une proposition considérée comme vraie (das Fürwahrhalten), une distinction qui entraîne celle des lois de l'être-vrai et des lois de l'assentiment. Ce qu'un philosophe comme Frege reprocherait à Foucault est probablement de n'avoir jamais traité que des mécanismes, des lois et des conditions historiques et sociales de production de l'assentiment et de la croyance, et d'avoir tiré de cela abusivement des conclusions concernant la vérité elle-même.»

(Jacques Bouveresse, Nietzsche contre Foucault ; sur la vérité, la connaissance et le pouvoir)

samedi 19 juin 2021

Comment des classes sont-elles possibles (7) ? Nietzsche vient foutre son dawa...

(Préface au Dictionnaire des idées suggérées par les mots, de Paul Rouaix)

«Pensons encore, en particulier, à la formation des concepts. Tout mot devient immédiatement concept par le fait qu'il ne doit pas servir justement pour l'expérience originale, unique, absolument individualisée, à laquelle il doit sa naissance, c'est-à-dire comme souvenir, mais qu'il doit servir en même temps pour des expériences innombrables, plus ou moins analogues, c'est-à-dire, à strictement parler, jamais identiques et ne doit donc convenir qu'à des cas différents. Tout concept naît de l'identification du non-identique.»

(Friedrich Nietzsche, Vérité et mensonge au sens extra-moral)

lundi 29 mars 2021

Un vrai bonheur


«La Chine offre l'exemple d'un pays où l'insatisfaction de grande envergure et la faculté de métamorphose sont éteintes depuis des siècles ; et les socialistes, les idolâtres de l'État en Europe, au moyen de leurs mesures pour l'amélioration et la sécurité de la vie, pourraient aisément aboutir chez nous à des conditions chinoises, à un "bonheur" chinois, pourvu qu'ils exterminent au préalable cette insatisfaction, ce romantisme plus morbides, plus délicats, plus efféminés qui, pour le moment, existent encore sous de multiples aspects».

(Friedrich Nietzsche, Le gai savoir)

(Bfm-tv, 27-01-21)

jeudi 28 janvier 2021

La meilleure des polices

«Dans la glorification du "travail", dans les infatigables discours sur la "bénédiction du travail", je vois la même arrière pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, ce qu’on sent aujourd’hui, à la vue du travail – on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir -, qu’un tel travail constitue la meilleure des polices, qu’il tient chacun en bride et s’entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l’indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l’amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l’on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l’on adore aujourd’hui la sécurité comme la divinité suprême. Et puis : épouvante ! Voilà que le "travailleur", justement, est devenu dangereux ! Le monde fourmille d’"individus dangereux" ! Et derrière eux, le danger des dangers – l’individuum!»

(Nietzsche, Aurores, Livre III, § 173)

lundi 9 novembre 2020

La véritable mesure

«Combien de vérité supporte, combien de vérité ose un esprit ? C'est ce qui est devenu pour moi, de plus en plus, la véritable mesure des valeurs».

(Nietzsche)

samedi 18 avril 2020

Des régimes de vérité (Lumières des positivistes)


«Il n’y a jamais eu aucune dissimulation, et nous n’en autoriserons jamais aucune», affirmait M. Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères devant la Presse, ce 17 avril 2020, juste après l’annonce de quelque 1300 morts officiels supplémentaires dans la ville de Wuhan. Comprend-on l'importance particulière, ici, de la conjonction de coordination et, revêtant pour fonction logique d'unir extérieurement deux propositions indépendantes ? Ce qui se trouve efficacement coordonné, en l'espèce, c'est le mensonge ou la vérité, d'une part, et, de l'autre, leur usage potentiellement intéressant, nuisible ou inutile. En fait d'indépendance, on fera donc dire à la grammaire tout ce qu'on voudra dès lors qu'on en sera le maître terrorisant. Mais, cela étant accordé, cependant : grammaire, logique et puis, par extension, adéquation du dire à l'être, c'est-à-dire vérité objective, s'en trouveraient-elles pour autant en elles-mêmes, en leurs principe et possibilité, absolument ruinées ? Voilà un mois exactement, le 17 mars dernier, sous un tout autre régime, M. Édouard Phillipe, Premier Ministre de la France, faisait la déclaration suivante, complétant par avance fort utilement celle, préalablement citée, de M. Zhao : «Il n’est pas aujourd’hui nécessaire d’utiliser la grammaire qui prévalait en temps calme et en temps de paix.» En sorte que la question nous paraît résolue.  

Il y a un moment vrai du positivisme, s'opposant à la simple reconnaissance soumise des faits, la simple acceptation docile du donné que, par ailleurs, certes, le positivisme désigne à merveille dans le champ théorique. Le positivisme est le moment de l'entendement, faculté de l'intelligence permettant de distinguer les objets (empiriques et abstraits) les uns des autres. Dans un monde tel que le nôtre, reposant tout entier sur le mensonge et la confusion, et trouvant, sur ce point, jusque dans sa propre «critique» post-moderne un soutien épistémologique essentiel, cet aspect déjà spontanément salubre, c'est-à-dire subversif, de l'entendement (lequel refuse en effet dès son principe l'évidence du monde telle qu'elle se donne à percevoir, souvent mensongèrement) se radicalise encore. Et le fait que l'entendement, qui distingue les choses et les idées afin de ne pas les confondre les unes avec les autresne suffise pas en définitive aux besoins ultimes de l'esprit ; le fait qu'une Raison, faculté supérieure de l'esprit, doive ensuite lui succéder, ayant pour tendance irrésistible, elle, de connecter et réunir tout ce que l'entendement aura auparavant soigneusement morcelé, analysé, bref, une fois encore : distingué, afin de l'identifier, et reconnaître ce qui est, n'est pas ou est autre, tout cela ne saurait aucunement amoindrir les mérites préparatoires de l'entendement. L'entendement positiviste conjure, en effet, par sa froideur certaine de méthode, les superstitions totalisantes, les pâmoisons de l'Absolu ineffable, les brutalités, enthousiastes et unitaires, du sentiment et de l'intuition, les frissons vitalistes de l'immédiateté et de l'Authenticité, annonciatrices infaillibles des faux-remèdes réactionnaires au désespoir du Mensonge ambiant, et régnant. 

Historiquement, cette proposition se vérifie. Les activités théoriques du Cercle de Vienne sont contemporaines de celles de l'Institut de Recherches Sociales de Francfort. Ces deux groupes, fondamentalement adversaires, se reconnaissaient toutefois un même ennemi principal : l'irrationalisme proto-nazi, en la personne, notamment, de Heidegger. Les autres exemples sont légion. Quoi qu'il fût grand dialecticien en général, et destructeur, en particulier, de l'identité rationnelle classique de l'esprit et de la conscience, on connaît aussi le Freud positiviste, chevalier du Moi et de la culture bourgeoise, ennemi des illusions religieuses et métaphysiques. Mais l'homogénéité de l'entendement et des exigences émancipatrices de la pensée ne va évidemment pas sans problèmes. Une ligne de déchirement passe bien souvent au travers des personnalités philosophiques qu'elle scinde douloureusement. Chez Hegel, le rapport de la Raison [Vernunft] à l'entendement [Verstand] se fait tantôt méprisant tantôt conscient. Adorno lui-même se fait l'écho et l'interprète contradictoire d'une telle ambivalence. Dix années séparent les deux passages suivants, assez révélateurs :

«Le mépris pour l'entendement avec ses limites, par comparaison avec la Raison infinie – qui, parce que infinie, reste toujours insondable pour le sujet fini – et dont résonne la philosophie, fait penser, en dépit de ce qu'il représente de critique justifiée, à cette mélodie : "Sois toujours fidèle et de bonne foi". Lorsque Hegel démontre la stupidité de l'entendement, il ne se contente pas de ramener à sa part de fausseté la détermination de la réflexion isolée – le positivisme quel qu'il soit – mais il se rend lui aussi complice de l'interdiction de penser, il tronque le travail négatif du concept que sa méthode prétend elle-même accomplir et, au sommet de la spéculation, il évoque le pasteur protestant qui recommande à son troupeau d'en rester un au lieu de se fier à ses propres et faibles lumières. »

(«Wishful thinking», in Minima Moralia)

«On a tenté, et Kroner par exemple, de ranger Hegel parmi les irrationalistes en alléguant sa critique de la réflexion finie et limitée ; et on peut s'appuyer sur certains passages de Hegel comme celui où, face à la réflexion, il donne à la spéculation le même statut que la foi immédiate. Mais comme chez Kant dans les trois Critiques, il y a chez lui aussi cette façon de maintenir de manière décisive la Raison comme une, en tant que Raison, ratio, pensée, indissociablement.»  
                
 («Aspects», in Trois études sur Hegel

La Raison, autrement dit, ne saurait jamais se critiquer que de son propre point de vue, pas depuis quelque point de surplomb mystique (ou sceptique) où n'auraient plus cours les notions de vrai, de faux, ni les catégories logiques élémentaires dont l'absence interdirait toute pensée. La défense scrupuleuse d'une telle rigueur, d'une telle fureur d'intelligence chez maints esprits libres, la détestation avérée de ces derniers pour le mensonge, la joie armée de le combattre et de le détruire, se trouvèrent souvent paradoxalement, au gré d'immenses naufrages philologiques, convoquées contre elle-mêmes, précisément par les ennemis les plus intéressés de la vérité, prenant appui, à l'occasion, sur les modalités expressives elliptiques, inconscientes d'elles-mêmes et provocatrices d'une telle défense passionnée de la Raison. Nous persistons, quant à nous, à estimer celle-ci la dernière garantie de ne pas basculer trop vite dans la folie. Par les temps qui courent. Et dans le monde (c'est le même) de MM. Édouard Phillipe et Zhao Lijian. 

On sait que chez Nietzsche, cette hargne proprement positiviste d'Aufklärer n'avait pas suffi. Le positiviste Bouveresse (duquel jamais, avant cela, nous eussions pensé pouvoir nous sentir aussi proches) lui avait en cette matière rendu un hommage appuyé voilà quelque temps, contre l'ignoble Foucault et ses terrifiantes manipulations «généalogistes». Nous relisions ces jours derniers quelques-unes de ces pages, souvent admirables et vengeresses, Bouveresse. Grâce te soit donc rendue ici, ô improbable et pourtant incontestable camarade.