mardi 18 décembre 2018

Il est grand temps



Je m'en vais laisser derrière moi 

souffrances et peines
et la longue file des imbéciles,

Je m'en vais boire le philtre magique, 
monter dans une vieille voiture (noire),
tailler la route sans trêve jusqu'au pays
de la crème solaire,

et ma balade se fera ainsi, 
d'un État l'autre, 
jusqu'a ce que j'atteigne, 
enfin, le Golden Gate,
et que je mouille mes pieds, 
au frais de l'océan.

Je vis toujours
dans ces rêves 
que nous avions,
Pour moi, rien de cela n'est fini.

Cheminant sur le pont, un jour,
Mes yeux plongés dans le lointain de l'autre côté de la baie,
J'aperçus sur l'eau un frisson.

Sitôt passé l'imposant navire,
empruntant les lunettes de quelque voyageur, 
je dardai alors mon regard 
dessus la Fille de l'océan,
sorte de vague toute confuse,
dansant accrochée sur les contours du crépuscule,
et qui me submergeait,
et qui m'appelait
à elle.

Je parle là d'un ami, 
Je parle là d'une mine d'or, 
de ce filon le plus riche, au grand jamais, 
qu'ait connu montagne,

Je parle là de cet ennemi
gisant dans le fond de moi,
de toute cette fontaine de jeunesse,
Je parle là de moi
et de toi,
de l'éternité,
Je parle du grand temps.

(Neil Young, Big Time)

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