Making Russia Great Again !
Pour l’Ukraine, les choses sont simples : la guerre lancée par Poutine avait deux buts simultanés. D’une part, empêcher le développement d’une démocratie à ses frontières. D’autre part, s’emparer (ou se ré-emparer) des richesses naturelles du pays. Par une inversion poutinienne, reprenant mot pour mot, sans gêne aucune, le discours du Kremlin, Trump accuse Zelensky d’être un dictateur parce qu’il n’y a pas eu d’élections présidentielles (impossibles, constitutionnellement, et pratiquement, pendant la guerre). Pour les ressources naturelles, c’était sans doute le deal passé entre les deux équipes : tu me donnes l’Ukraine, je te laisse 50% des ressources naturelles, et, de toute façon, nous faisons des affaires communes, – Musk d’un côté, les Rotenberg (ou qui vous voulez) de l’autre, une joint -venture en quelque sorte.
Mais l’Ukraine n’est qu’une première étape de cette "joint-venture". Il s’agit pour Poutine de se venger de l’effondrement de l’empire soviétique et du Pacte de Varsovie. Il s’agit, aujourd’hui, en miroir, une génération plus tard, de faire s’effondrer l’OTAN, et c’est un coup de maître : il n’y a pas de retour de la "guerre froide", puisque les deux ennemis supposés se sont unis, dans le discours et l’attitude de l’un et que tout l’appareil de l’État américain, quasiment sans résistance (en tout cas jusqu’à présent) s’est mis au service de l’ennemi héréditaire, de la Russie (ou de l’ancienne URSS). Et ce n’est pas l’URSS que Poutine est en train de reconstruire, mais l’Empire russe, là encore, en miroir : Alexandre II avait vendu l’Alaska, – Poutine a l’air d’avoir acheté Trump avec les ressources de l’Ukraine, mais comme Trump, c’est lui-même, il vend un pays qui n’est pas encore à lui, et en partage les dividendes (et, clairement, ce n’est pas pour "la Russie" qu’il fait ça, mais pour ses propres poches, ou celles de ses amis et de sa famille).
Le deal sur l’Ukraine sert à détruire l’OTAN, qui sera devenu une coquille vide à partir du moment où les USA s’en seront retirés, et auront retiré toutes les troupes qu’ils ont sur le territoire de l’Europe. La défense de l’Europe sera laissée à l’Europe, mais comme l’Europe elle-même a, pendant trois générations, laissé elle-même sa défense entre les mains des USA, eh bien, il n’y a quasiment pas de défense en Europe (à part, me dit-on, l’armée française). Bref, face à Poutine, il n’y a que la bombe atomique de la France. Et il se s’agira pas de ça.
Ce qui va disparaître, ce n’est pas que l’OTAN. J’entends que des députés américains veulent déposer une demande officielle pour que les USA quittent non seulement toutes les organisations internationales (ça, c’est en train de se faire), mais aussi l’ONU en général, au prétexte que les USA en sont le financeur principal et que c’est devenu un repaire de marxistes, ou de wokistes, ou de ne je sais pas quoi, mais un repaire.
Le principe du blitz, appliqué par Trump et Musk, implique une escalade rapide, et je ne vois pas comment les institutions internationales nées de 1945 pourraient rester indemnes. L’idée sera toujours la même : le but est de remplacer le contrat collectif par un contrat de gré à gré. Toutes les lois internationales générales seront, de fait, caduques. Il n’y aura plus que des rapports de force bruts (ne me dites pas que c’était déjà le cas : oui, évidemment, sauf que ce qui vient frapper à notre porte – et je l’entends qui frappe – c’est encore d’une autre ampleur).
L’essentiel est de faire disparaître l’État régulateur, – l’État national, mais aussi l’État international (les lois communes). De les faire disparaître au nom de soi-disant identités originelles, avec, en perspective, et là aussi, maintenant, devant nos yeux, la chasse à l’étranger, d’abord celui de l’extérieur, puis, plus profondément encore, celui de l’intérieur, – celui-là même dont Vance dans son discours de Munich disait qu’il était l’ennemi principal, beaucoup plus que pouvait l’être la Russie.
Là est la revanche véritable. Pas celle de l’Empire russe contre son effondrement de 1917, pas celle de l’URSS contre 1989. Non, la revanche de l’Empire – russe ou pas russe – contre toute idée de démocratie. La revanche véritable, – celle qui explique les saluts fascistes, – c’est celle de 1945.
Le deal sur l’Ukraine sert à détruire l’OTAN, qui sera devenu une coquille vide à partir du moment où les USA s’en seront retirés, et auront retiré toutes les troupes qu’ils ont sur le territoire de l’Europe. La défense de l’Europe sera laissée à l’Europe, mais comme l’Europe elle-même a, pendant trois générations, laissé elle-même sa défense entre les mains des USA, eh bien, il n’y a quasiment pas de défense en Europe (à part, me dit-on, l’armée française). Bref, face à Poutine, il n’y a que la bombe atomique de la France. Et il se s’agira pas de ça.
Ce qui va disparaître, ce n’est pas que l’OTAN. J’entends que des députés américains veulent déposer une demande officielle pour que les USA quittent non seulement toutes les organisations internationales (ça, c’est en train de se faire), mais aussi l’ONU en général, au prétexte que les USA en sont le financeur principal et que c’est devenu un repaire de marxistes, ou de wokistes, ou de ne je sais pas quoi, mais un repaire.
Le principe du blitz, appliqué par Trump et Musk, implique une escalade rapide, et je ne vois pas comment les institutions internationales nées de 1945 pourraient rester indemnes. L’idée sera toujours la même : le but est de remplacer le contrat collectif par un contrat de gré à gré. Toutes les lois internationales générales seront, de fait, caduques. Il n’y aura plus que des rapports de force bruts (ne me dites pas que c’était déjà le cas : oui, évidemment, sauf que ce qui vient frapper à notre porte – et je l’entends qui frappe – c’est encore d’une autre ampleur).
L’essentiel est de faire disparaître l’État régulateur, – l’État national, mais aussi l’État international (les lois communes). De les faire disparaître au nom de soi-disant identités originelles, avec, en perspective, et là aussi, maintenant, devant nos yeux, la chasse à l’étranger, d’abord celui de l’extérieur, puis, plus profondément encore, celui de l’intérieur, – celui-là même dont Vance dans son discours de Munich disait qu’il était l’ennemi principal, beaucoup plus que pouvait l’être la Russie.
Là est la revanche véritable. Pas celle de l’Empire russe contre son effondrement de 1917, pas celle de l’URSS contre 1989. Non, la revanche de l’Empire – russe ou pas russe – contre toute idée de démocratie. La revanche véritable, – celle qui explique les saluts fascistes, – c’est celle de 1945.
Le but est d’instaurer, dans l’ensemble des pays du monde, un seul régime, – celui qui fleurit en Chine. Celui de cette dictature particulière qu’est la dictature numérique.
La dictature, d’abord. D’ores et déjà, on voit les livres retirés des bibliothèques aux USA, selon les mêmes critères qu’ils l’ont été dans la Russie poutinienne (et, hélas, avec des critères différents, mais, au fond, identiques, dans les bibliothèques de l’Ukraine) : tout ce qui ne correspond au nouveau "récit identitaire" est supprimé, appelé "woke" ou "gauchiste", et, dans les deux pays, aux USA et en Russie, les ennemis "contre-nature" sont désignés et livrés à la foule, les homosexuels et, surtout, les trans.
Aujourd’hui, la dictature est numérique, parce que tout est numérique, et que tout se fait "en ligne". La Chine est le modèle – de la terreur physique et de la surveillance par les ordinateurs.
Et j’ajoute autre chose. –
Ce qui me fait peur dans ce qui s’avance, c’est Musk. Et pas seulement Musk en tant que dictateur. Non, Musk en tant qu’ingénieur d’une "nouvelle" humanité. Ce qui me fait peur, c’est le chemin ouvert vers une nouvelle phase de guerre totale, parce qu’il est faux de croire que Musk nie, comme Trump, le réchauffement climatique ou, plus largement, les dangers qui menacent l’humanité dans son ensemble. Ce que je me demande, c’est de savoir si Musk ne considère pas, pour la survie de l’humanité, qu’il ne serait pas plus profitable que se concentrer sur la survie et le développement interplanétaire d’une élite, après avoir purgé la planète de ses miasmes, – de la plus grande partie de la population terrestre. L’impression que j’ai est que, dans la tête d’un homme pareil (totalement, cliniquement, dénué d’empathie pour ce qui n’est pas sa propre chair – et encore…), l’idée d’une nouvelle guerre, comme d’un nouveau déluge, ne pourrait pas être en train de se mettre en place. Et si, en dehors du fait d’être un nouvel Hitler (qui voulait, lui aussi, refonder l’humanité), il ne se verrait pas, lui, comme un nouveau Noé.
Ce qui me fait peur dans ce qui s’avance, c’est Musk. Et pas seulement Musk en tant que dictateur. Non, Musk en tant qu’ingénieur d’une "nouvelle" humanité. Ce qui me fait peur, c’est le chemin ouvert vers une nouvelle phase de guerre totale, parce qu’il est faux de croire que Musk nie, comme Trump, le réchauffement climatique ou, plus largement, les dangers qui menacent l’humanité dans son ensemble. Ce que je me demande, c’est de savoir si Musk ne considère pas, pour la survie de l’humanité, qu’il ne serait pas plus profitable que se concentrer sur la survie et le développement interplanétaire d’une élite, après avoir purgé la planète de ses miasmes, – de la plus grande partie de la population terrestre. L’impression que j’ai est que, dans la tête d’un homme pareil (totalement, cliniquement, dénué d’empathie pour ce qui n’est pas sa propre chair – et encore…), l’idée d’une nouvelle guerre, comme d’un nouveau déluge, ne pourrait pas être en train de se mettre en place. Et si, en dehors du fait d’être un nouvel Hitler (qui voulait, lui aussi, refonder l’humanité), il ne se verrait pas, lui, comme un nouveau Noé.
Me revient, au moment de publier, une blague juive bien connue sur Moïshe et le Déluge : il fait un rêve, Moïshe. C’est Dieu qui lui parle, et il lui dit, écoute, Moïshe, moi, l’humanité, j’en ai re-marre, je vais faire un nouveau déluge, mais, toi, bon, tu m’as toujours plu, alors je vais te sauver. Et, tout de suite, il y a une tempête pas possible, ça souffle de partout, ça emporte toutes les voitures dans la rue (oui, c’est maintenant que ça se passe), tout, et quand il entend l’ordre d’évacuation, lui, il ne part pas, parce que, n’est-ce pas, "Dieu il m’a parlé, moi, je serai sauvé". Bon, et il se retrouve chez lui, au premier étage, et l’eau qui monte toujours. Et il y a un canot pneumatique de pompiers qui arrive et qui essaie de le sauver, et non, il ne part pas, parce que "Dieu, n’est-ce pas, Dieu, il m’a parlé, je serai sauvé". Et l’eau monte toujours, et il se retrouve sur le toit, et il y a un hélicoptère qui arrive, et non, sans parler du fait que l’idée de monter comme ça, sur une corde… bref, non, "Dieu il m’a parlé, je serai sauvé", et, hop, l’hélicoptère repart et, lui, il disparaît sous l’eau. Et il se retrouve devant Dieu. Et Moïshe, il proteste, il est indigné. Comment ça, il lui dit, tu m’as dit que tu me sauverais, et vlan, tu me noies ? Et Dieu lui répond : "C’est en chinois que je t’ai parlé ? ".
Si ça se trouve, nous en sommes juste aux nuages avant les inondations… et tout ce qui se passe, c’est du chinois≫.
(André Markowicz, 22 février 2025)
Spectaculaire monstrueusement intégré. One world.One Empire. Les "zanti-imperialistes" en PLS. Le big reset continue...
RépondreSupprimerPas mieux.
SupprimerPas pire.
SupprimerLe très honorable Zelensky a peut-être tout perdu. Et pas par sa faute, au contraire. J'espère seulement qu'il ne signera pas le troc contractuel de gré à gré du sous-sol ukrainien. Ce serait entériner – évidemment malgré lui, mais de fait et symboliquement – l'extinction du droit international, encourager indirectement Kagame au Kivu, la Chine à Taïwan, la Riviera à Gaza, les projets de la Ru-SA en arctique. Tout le poids de ce monde sur deux épaules. Quant à nous, tout aussi vaincus, il nous reste à défendre la CPI, seul reste d'utopie dans la réalité.
RépondreSupprimerPas mieux, très cher Schizo.
SupprimerPas pire.
Mais aussi incroyable que cela puisse vous paraître, il nous semble que le temps joue pour nous. L'internationale fasciste, ça ne fonctionne pas, ou pas longtemps. Car le contrôle techno-obsessionnel des masses est une chose, les conflits économiques à superstructure raciste et expansionniste en sont une autre. Le Lebensraum s'accommode mal des ententes cordiales, partenariats stratégiques et autres "amitiés éternelles", pour reprendre les termes du camarade variant-Xi quant aux relations avec le gangster muskovite. Zelensky mise tout là -dessus et le coup est très bien joué : aiguisant l'appétit concurrent de tous ces sacs à merde, il escompte en user pour éviter le génocide de son peuple. On verra, sans espoir ni pessimisme excessif, ce que cela donnera. Sur le front, pendant ce temps, quelques bonnes nouvelles : Pokrovsk tient toujours, et le brouillage des bombes plantes russes s'améliore notablement.
RépondreSupprimerDes bombes planantes, pardon.
SupprimerSeul l'espoir compte et certains le savent bien qui ne s'en laissent montrer par personnes. Le courage fasse à la lâcheté de ce monde.
RépondreSupprimerCertes. Le courage servi par la morale, c'est-à-dire la haine de la politique, comme dirait Orwell. Certains professeurs universitaires de marxisme, férus de stratégie froide, seraient bien avisés de s'en aviser. Pas de révolte sans scandale, sans morale, sans compassion et sans droit naturel.
SupprimerFace à, je m'en excuse. Merci
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