jeudi 11 septembre 2014

Lilith, bientôt.


Un prophète


« La société, réorganisant la production sur la base d'une association libre et égalitaire des producteurs, reléguera toute la machine de l'État là où sera dorénavant sa place : au Musée des antiquités, à côté du rouet et de la hache de 
bronze. » 
(Friedrich Engels, 
L'origine de la Famille, de la propriété et de l'État)

mercredi 10 septembre 2014

Un cadavre

    
Les choses se passaient ainsi, à l'époque. Le matin, nous nous engouffrions dans le métro afin de gagner un collège quelconque, puis son lycée adéquat. Rendus devant les portes de l'établissement où notre avenir se jouait aux plans humains et professionnels, nous renoncions, soudain ! avec une gigantesque facilité, quoique dans un malheureux soupir, pour nous rendre au bistrot du bas de la rue, toujours le même. Là, très tôt, environnés de la musique de notre choix, émise par certain juke-box aujourd'hui une antiquité, nous entamions notre interminable séance quotidienne d'éthylisation systématique, seulement interrompue par le devoir physique - absurde - d'ingérer du solide, sur le coup de midi, et, dans ce but, de gagner la seule cantine du lycée, dont nous méprisions, à tort sans doute, le savoir qu'il dispensait, avec toutes ses utilités prévues. Nous buvions infiniment plus que nous ne lisions, un phénomène que nous retrouvâmes ensuite consigné (c'est le cas de le dire) par Guy Debord, dans ses souvenirs. Ce que nous lisions, cependant, était bon, et suffisait à nous exalter en même temps que nous montrer des pistes fécondes, produire des riches trouées vers d'autres lectures opportunes. En sorte que notre culture, pour être extrêmement lacunaire, n'en restait pas moins cohérente, ce qui suffit amplement, à dix-huit ans autant qu'à soixante. 

Le soir, correctement blindés, nous reprenions le métro, croisant parfois sur le chemin quelque punk clochardisé de notre connaissance, dont le grand flou artistique entourant toujours la jeunesse (et autorisant l'illusion de l'harmonie générale, l'absence de ce pourtant très impitoyable déterminisme de classe que le temps qui passe révèle sans retard) permettait alors la fréquentation. 

Les punks, de fait, le Punk, étaient partout dans notre existence. Le matin, à l'aller, une fois sur quinze, disons, nous tombions ainsi sur Vérole, le chanteur des Cadavres, dont nous écouterions avec passion la musique, sitôt rentrés chez nous. Vérole montait à la gare de l'Est. Il était étrangement accoutré, portait cravate rouge sur costume noir, ou bleu, arborait une éternelle Spike de cheveux noir-de-corbeau, à la Sid Vicious, laquelle relançait d'une certaine vigueur pointue un visage empâté, dont les stigmates, par ailleurs, d'une forte acnée passée, avaient valu son impayable surnom au personnage. Vérole s'en allait aux aurores perpétrer quelque sordide besogne salariale, à caractère commercial-tertiaire. Nous discutions. Il moquait avec rage le destin pitoyable de tous ces employés - passés, actuels, futurs - qui nous entouraient dans la rame, et dont il faisait partie. Son humour était efficace. Il appréciait, à notre impression, ces brefs moments d'échanges décousus au cours desquels nous causions, chose étonnante, à peu près de tout sauf de l'actualité de son groupe. Il faut dire que nous la connaissions sur le bout des doigts et qu'à cette époque, nous nous déplacions à peu près partout, d'Ivry à Juvisy, Saint-Denis ou Pontoise pour suivre ces Cadavres-là, en bons fans dévergognés que nous étions. Vérole le sentait, ce qui nous permettait de parler d'autre chose, notamment de philosophie et de Schopenhauer. Vérole était un grand admirateur de Schopenhauer. Nous aussi. Lors d'un de leurs plus mémorables concerts, donné en 1993 au Bataclan, à Paris, devant quelque deux mille spectateurs (les Damned jouant en première partie), il avait tenu à citer la phrase du vieil hindou allemand à tête de singe, professant que la vie oscille, telle un pendule obscène, entre souffrance et ennui. Ce qui ne l'empêchait point de se considérer vaguement anarchiste. Dans sa chanson L'Ennemi, par exemple, il mêlait de manière singulière et pénétrante, en vérité proprement décadente, l'individualisme pessimiste, le refus unitaire du monde et l'Anarchie, clamant que tout autour de lui, il ne voyait jamais qu'un ennemi (un seul), tout en conservant, en son âme, certain idéal, rouge comme le sang, noir comme la nuit. Vérole était d'une grande délicatesse, d'une très appréciable douceur (sa voix même). Il paraissait d'ordinaire embarrassé par les démonstrations les plus grossières et standardisées de punkitude, dont la beauferie parfaitement authentique et la stricte parodie de celle-ci sont souvent difficiles à distinguer, chez les adeptes. 

Quant à la division du travail thématique, elle était optimale dans ce milieu, Ludwig von 88 traitant le créneau infantiliste et régressif, les Bérurier Noir (alors déjà disparus) le besoin de révolte collectiviste, La Souris Déglinguée (dont nous ne découvririons l'importance réelle que plus tard) évoquant des mondes, à la manière des grands récits de voyage, d'exploration, d'Histoire. Nous rencontrions aussi l'ours Schultz, des Parabellum, dans le métro (et toujours à la gare de l'Est). Sa voix rauque, son humour plein de dédain et de morgue, le son lourd des Parabellum renvoyaient à des postures plus viriles et cyniques n'étant pas forcémént pour nous déplaire, mais tellement éloignées, néanmoins, de cette finesse distanciée, et élégante, qui nous séduisait chez les Cadavres. Rappelons une fois encore que nous n'avions pas vingt ans.  

Quand on écoute, aujourd'hui, leur morceau Existence Saine (ci-desus), critique assez tranquille de la marchandisation ininterrompue de l'univers, des goûts, du langage, on mesure à la fois ce qui, depuis lors, aura perduré et changé. La publicité ne prétend plus désormais croire ou souscrire à ses propres inepties, même si ses expressions stéréotypées façonnent, totalitaires et incontestées, l'entièreté de la racine du monde. Les publicitaires eux-mêmes lisent et vantent Schopenhauer, de longue date. Sans parler de Karl Marx, pour les plus critiques. La réclame et son esclave se perdent en clins d'oeil à notre endroit : je vends de la merde, c'est vrai, et il est vrai aussi que cette activité stupide, cette débauche complète de l'intelligence, de l'imagination et des mots constitue toute ma vie, mais que veux-tu ! cette merde-là, c'est aussi ton besoin, tu la produis aussi indirectement, tu l'achèteras. Quant à moi, il me faut bien vivre. J'ai une famille. Et j'ai des besoins. Humains.

Nous ignorons ce qu'est devenu Vérole, s'il est même, à cette heure, mort ou vivant. N'était-il pas, de toute façon, dès l'origine, un Cadavre, mort à cette vie, aux ambitions et gloires particulières qu'elle préconise ? Du fond de notre adolescence, nous qui cherchions, dans le noir, des vivants, nous flairions, là, chez cette bande de décomposés, le commencement très appétissant des choses.

mardi 9 septembre 2014

Répression du vice, promotion de la police

United colors of Poulagas

« Revêtus de vestes oranges portant la mention « police de la charia », quelques salafistes radicaux ont patrouillé à plusieurs reprises dans les rues de Wuppertal, enjoignant aux clients de discothèques de ne pas boire d'alcool ou de ne pas écouter de la musique, et à ceux des salles de jeux de ne pas jouer pour de l'argent, et incitant les femmes à se voiler. Dans une vidéo, Sven Lau, salafiste allemand converti, affirme être l'une des têtes pensantes de cette action, qui a eu un très large écho médiatique en Allemagne. «La charia ne sera pas tolérée sur le sol allemand. Personne ne peut s'arroger le droit  d'abuser du nom de la police allemande », avait réagi le ministre allemand de l'intérieur, Thomas de Maizière, ce week-end dans le quotidien Bild. »

(Le Monde, 8 septembre 2014)

John King of the baston

Bon. Les uns et les autres s'accusant volontiers, sur les forums ordinaires, d'être soit de grosses pédales soit des sans-couilles, nous nous contenterons sobrement d'évoquer, quant aux images ci-dessous, un affrontement testostéroné ayant récemment opposé, à Paris, des futuristes de gauche (à gauche de l'image) et de droite (à droite). Comme on peut le constater, la fortune des uns et des autres sur le terrain va fluctuant. Le seul élément de stabilité demeurant comme toujours l'immobilité profonde des clochards et des badauds de la capitale, pour des raisons d'impuissance humaine fondamentale à peine nuancées : les badauds filment, la cloche non. Tout cela est sans doute bien politique. Une interprétation de notre crû de l'événement - saisissante et glacée, comme de juste - devrait intervenir sous peu, post festum, hélas ! comme dirait l'autre alboche dialectique qui nous tient ici-bas.


On en profite quand même, puisqu'on cause houliganes, pour signaler la rare présence, le 20 septembre prochain, de John King (auteur de ce Football factory récemment cité ici-même) au festival En Première Ligne à Ivry : les détails ICI ! 

 John King

lundi 8 septembre 2014

Blues

vendredi 5 septembre 2014

Dix ans déjà (et toutes ses dents !)

 

« Certes, les données scientifiques (psychiatriques) concernant l'antisocialisme obsessionnel (ASO) sont encore rares et parcellaires.
La meilleure preuve en est qu'on ne connaît pas encore à ce jour d'antisocialiste obsessionnel qui ait été guéri de son mal ! 
Néanmoins, la façon dont les ASO s'associent, se regroupent souvent en d'éphémères structures de solidarité destinées à faire face ensemble, ne peut laisser de nous interroger et de nous faire espérer.
Car, c'est un fait.
La communauté ASO existe.
Les ASO ont leurs clubs, leurs hôpitaux, leur presse.
Ils s'échangent fréquemment femmes et maris, favorisent activement leurs carrières respectives, ne lisent souvent, mangent et boivent qu'antisocialiste obsessionnel.
Ils constituent pour ainsi dire une minorité souffrante devenue agissante, et s'efforcent habituellement d'influencer la politique de l'État par l'entremise de sympathisants placés à des postes stratégiques - que ces derniers soient eux-mêmes ou non atteints du même mal.
Je puis pour ma part certifier qu'on trouve, à l'heure où j'écris cela, des groupes d'ASO oeuvrant dans toutes les classes et tous les partis de France, noyautant ceux-ci à des fins souvent mystérieuses, voire troubles.
Autant dire que si l'on n'y prenait garde, le risque serait important de se trouver très vite devant un énorme problème de santé publique, pouvant consister - concrètement - en une phase d'insécurité généralisée, inédite et donc difficilement maîtrisable par les autorités. »

(Alassane Fingerweig, L'offensive du Traître, Éditions de L'insomniaque, 2004).

Les fascistes sont des gens qui aiment les grosses voitures et aussi les femmes (qui aiment les grosses voitures), mais surtout les voitures (grosses).


Une affiche de la Fiat (période Benito), 1934.

« Nous déclarons que la splendeur du monde s'est enrichie d'une beauté nouvelle : la beauté de la vitesse. Une automobile de course avec son coffre orné de gros tuyaux tels des serpents à l'haleine explosive... une automobile rugissante, qui a l'air de courir sur de la mitraille, est plus belle que la Victoire de Samothrace.

Nous voulons glorifier la guerre - seule hygiène du monde, - le militarisme, le patriotisme, le geste destructeur des anarchistes, les belles Idées qui tuent, et le mépris de la femme.

Nous voulons démolir les musées, les bibliothèques, combattre le moralisme, le féminisme et toutes les lâchetés opportunistes et utilitaires. »

F. T. Marinetti, extraits (points 4, 9 et 10) du Manifeste du Futurisme (1909).

jeudi 4 septembre 2014

La femme sans-dents

Léon Bloy par Félix Vallotton

« Leur mariage avait été un poème bizarre et mélancolique. Dès le lendemain de la mort de son protecteur, Clotilde était retombée dans la misère.
(...) les douleurs des pauvres ne sauraient entrer en comparaison avec les douleurs des riches, dont l'âme est plus fine et qui, par conséquent,  souffrent beaucoup plus.
L'importance de cette appréciation de valet de chambre est indiscutable. Il saute aux yeux que l'âme grossière d'un homme sans le sou qui vient de perdre sa femme est amplement réconfortée, tranchons le mot, providentiellement secourue par la nécessité de chercher, sans perdre une heure, un expédient pour les funérailles. Il n'est pas moins évident qu'une mère sans finesse est vigoureusement consolée par la certitude qu'elle ne pourra pas donner un linceul à son enfant mort, après avoir eu l'encouragement si efficace d'assister, en crevant de faim, aux diverses phases d'une maladie que des soins coûteux eussent enrayée.
On pourrait multiplier ces exemples à l'infini, et il est malheureusement trop certain que les subtiles banquières ou les dogaresses quintessenciées du haut négoce qui s'emplissent de gigot d'agneau et s'infiltrent de précieux vins, en lisant les analyses de Paul Bourget, n'ont pas la ressource de cet éperon.
Clotilde, qui ne savait pas un mot de psychologie et qu'une longue pratique de la pauvreté parfaite aurait dû blinder contre l'affliction du coeur - exclusivement dévolue à l'élégance -, eut, cependant, l'inconcevable guignon de souffrir autant que si elle avait possédé plusieurs meutes et plusieurs châteaux. Il y eut même, dans son cas, cette anomalie monstrueuse que les affres du dénuement, loin d'atténuer son chagrin, l'aggravèrent d'une manière atroce. »

(Léon Bloy, La femme pauvre)

Merci pour ce moment !


« La position est ridicule, le plaisir est surfait, 
et la fatigue, énorme. » (Lord Chesterfield)

mercredi 3 septembre 2014

Amer n°6


La nouvelle de l'extinction d'Amer, revue finissante - annoncée par elle-même à la fin de son numéro cinq - était, pour nous, une très mauvaise nouvelle.
Amer, revue finissante, est la meilleure revue littéraire de France. 
Elle n'est, d'ailleurs, pas une revue littéraire. 
Ce doit être pour ça.
Ces jours-ci sort le numéro six d'Amer.
Nous n'avons pas le plaisir, encore, d'avoir le monstre en main.
Nous vous suggérons déjà de vous le procurer - par tous moyens - attendu qu'il n'y en aura sans doute pas pour tout le monde. 
Ou du moins : pas longtemps.

Un salut fraternel, lads.

mardi 2 septembre 2014

Headhunter style


« Coventry égale de la merde. Une équipe de merde, des supporters de merde. Hitler a eu bien raison de raser cette zone. La seule chose intéressante qui soit jamais sortie de Coventry, c'étaient les Specials, et il y a des années de cela. À présent, ce sont les FA (1), autant dire rien, et jamais nous n'avons pu avoir une baston correcte avec Coventry. La meilleure, c'était encore il y a deux ans, à Hammersmith, avec une bande de lutins des Midlands qui cherchaient un endroit où boire un verre dans la rue principale. Une quinzaine de petits connards avec des coupes de cheveux débiles et des bacchantes. Des cannes comme des moignons et des ventres à bière. On aurait dit des personnages d'Emmerdale Farm, qui baisent des chèvres pour survivre. Quand ils nous ont vus arriver, ils ont filé, et ça sentait la merde plus fort que les gaz d'échappement, ce qui, à Hammersmith, n'est pas peu dire. 
C'était mal joué de leur part. Ils auraient dû entrer dans le premier pub venu et se faire tout petits. Nous, on ne les cherchait pas. On sait qu'il n'y a rien à attendre de Coventry. Nous allions sur King's Cross, pour cueillir Tottenham qui revenait de Leeds. C'était samedi soir, le soir où l'on dérouille les feujs (2). Mais les nains se sont mis à courir sous notre nez, et quand tu vois quelque chose qui court, tu suis. Question d'instinct. Ils allaient aussi vite que leurs petites jambes pouvaient les porter. Avec leurs têtes toutes rouges qui se reflétaient dans les vitrines, au milieu du matériel hi-fi et des conserves en promo. Nous étions juste derrière eux quand le premier de la bande les a guidés dans le parking. Comme ces moutons qui mènent tout le troupeau à l'abattoir. Tu pourrais croire qu'ils vont sentir l'odeur du sang, entendre les lames qu'on affûte. Pas eux. Droit dans le parking, et les derniers passants du samedi soir se garaient pour nous laisser passer. On les a coincés là, et ils ont eu droit à une branlée, mais rapide, parce que quelqu'un pouvait prévenir les flics. Nous étions en nombre, ça a été un massacre. Harris était là, il a ouvert la gueule d'un de ces connards avec son couteau de chasse (3). Plus tard, il a dit qu'il aurait dû signer de son nom, comme ça, si le gars réussissait un beau jour à tirer sa crampe, ses gosses sauraient que leur vieux avait visité Londres. Que ce n'était pas seulement un enculeur de chèvres. Il plaisantait, bien sûr. Ça, c'est typiquement l'humour de Harris. Ce n'est pas un de ces sadiques dont on parle dans les journaux, qui torturent les gosses et leur filent de la drogue pour leur détendre le cul. »

(John King, Football factory)


[1] Référence possible (?) au groupe post-punk (de Coventry) Furious Apples, ou à tel comportement sportif ponctuel de l’équipe de Coventry City en Coupe d’Angleterre (la FA cup), remportée, par exemple, face aux Tottenham Hot Spurs en 1987 (?) Bref, nous sommes dans le flou. Écrire au journal.
[2] Les supporters  de Tottenham sont souvent réputés être juifs, ce qui n’arrange évidemment guère leurs affaires – déjà mauvaises par définition – vis-à-vis de plus d'un hooligan des équipes anglaises rivales. Ici, en l'occurrence : Chelsea, dont on rappelle que le leader des redoutables Headhunters (probablement le groupe de hools britanniques le plus violent des années 1970-80) n’était autre que le skinhead fascisant Chris « Chubby » Anderson, chanteur du groupe Combat 84 (auquel Téléphone déroba en son temps, pour fourbir son Autre monde – et avec moins de talent musical, il convient bien de le reconnaître – l’excellente ligne de basse de la mélodie Rapist, guillerette apologie de la peine de mort appliquée aux violeurs récidivistes). Certains membres des Headhunters frayèrent avec le groupe néo-nazi clandestin Combat 18, relativement  auquel le caractère politiquement ouvert et follement queer de M. Alain Soral, par exemple, certes déjà aisément décelable, apparaîtrait immédiatement dans toute sa splendeur. Chris « Chubby » Anderson, devenu sur le tard patron de bar à Pattaya, au Sabaïland (comme dirait l’autre), est décédé en novembre 2013, ce qui ne devrait point nous empêcher de reprendre des nouilles, ce soir. Et quant – enfin – à cette hypothétique judéité génétique des supporters de Tottenham, une vanne émise par le personnage de Trevor (joué par Tim Roth) la stigmatise de manière caractéristique dans l’extraordinaire Made in Britain (1982).
[3] Divers groupes, de par le monde, et à différentes époques, ont revendiqué la paternité – subtile – de ce que les  Headhunters (et quantité, sans doute, d’autres casuals locaux) qualifiaient néanmoins avec fierté de Chelsea Smile : horrible balafre (appliquée aux commissures des lèvres) infligée à leurs victimes, au couteau. Une sorte de sourire kabyle londonien, si l’on veut. Et même si l'on ne veut pas, d'ailleurs.

dimanche 31 août 2014

Modèle allemand

München, 21sten Jahrhundert.

Culture du risque

« L’homme ne peut pas faire ce qu’il ne croit pas pouvoir faire. » 
(Campanella, De sensu rerum et magia)

Héros libéral contemporain tout près d'embrasser son rêve.


samedi 30 août 2014

Bonne pâte

« La consistance gélatineuse est une grande exception dans le royaume des choses. Elle est malheureusement courante dans celui des hommes. » (Ernst Bloch)



Précision : Le Moine Bleu persistera à attaquer systématiquement le physique de ses ennemis, à proportion exacte de la laideur crasse de leur âme.

vendredi 29 août 2014

La Cantine des Pyrénées

Il y a tant de choses pour lesquelles les socialistes (ailes gauche, droite, solidaire-citoyenne, etc) rôtiront en enfer, après leur passage crapuleux parmi cette Réalité sinistre. 
L'expulsion de nos camarades de la Cantine des Pyrénées, durant cet été, constitue assurément l'une de ces choses.
On vous rappelle l'adresse : 331, rue des Pyrénées, à Paris.
On vous rappelle aussi que leur combat ne fait que commencer.
Lisez donc - ci-dessous - le petit texte de présentation (par eux et elles-mêmes) des Cantinistes en lutte...


 

« Ce lieu de résistance au monde que le système capitaliste en crise structurelle veut nous imposer était devenu en quelques mois (1 an ½) dans le quartier un vrai pôle de rencontres entre les gens, insufflant des dynamiques individuelles et collectives fortes. En cela, il rompait avec une des nuisances les plus insidieuses des «politiques sociales» actuelles : inoculer aux individus isolés les uns des autres par la mise en concurrence dans le système pervers travail-valeur absolue/chômage-fatalité dégradante, la conviction paralysante qu’ils sont la cause de leur impuissance à mener une vie digne de leurs désirs humains, qu’ils « ont besoin d’aide », et que « on » (les milliers d’assos subventionnées pour « les animer » socialement ou « culturellement ») va les aider .
 
À « La Cantine », personne n’était « au service » de personne, il n’y avait pas des « assistés » et des « solidaires », pas de «bénévoles» (c'est-à-dire de «travailleurs» acceptant de toucher un salaire nul (d’ailleurs de plus en plus mis en concurrence avec des «demandeur(euse)s d’emploi», surtout du secteur de « l’aide à la personne), mais seulement des activités directement articulées sur des besoins et une volonté d’y répondre ensemble : manger à un prix acceptable ou gratuitement, échanger ses expériences de vie, apprendre le français, s’orienter dans le labyrinthe des démarches administratives, organiser des actions de résistance aux loyers trop chers, voir des films et en discuter, organiser des soirées d’information et de débats sur des expériences mal vécues surgies dans le quotidien des activités (meurtre sexiste d’une jeune femme du quartier, scènes d’incompréhension et de violence entre des personnes posant la question des limites à la tolérance des comportements «hors-normes», atteintes actuelles aux droits des femmes en regard des luttes pour le droit à l’avortement dans les années 70, question des formes de soutien à des luttes «revendicatives» …)

De nombreux collectifs, comités de lutte, grévistes, se sont appuyés sur ce centre de solidarité vraie.

Aujourd’hui, nous nous devons de participer à la mobilisation pour la reconstruction de cette expérience. Il est impératif qu’elle reprenne au plus vite dans de nouveaux locaux.
 
Tous les samedis, de midi à 14h, sur le trottoir devant La Cantine, au 331 rue des Pyrénées, des tables sont dressées, un repas complet est servi. Chaque semaine nous sommes plus nombreux, et il faut que ce rendez-vous de vienne, pour les « autorités » locales qui nous ont baladés de promesses en mensonges depuis des mois, un véritable abcès de fixation

Des rendez-vous de participation aux activités (récupération de légumes et fruits auprès des vendeurs du marché et des commerçants, collages, d’affiches, diffusion de tracts…) sont donnés. »

Contact : contact.cantine.des.pyrenees@gmail.com