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| Michel Sapin, hyperboloïde. |
Note 1 : D’aucuns nous feront sans doute observer que,
dans le cas de M. Sapin, le vers blanc (« blank verse ») se fût révélé le plus indiqué. Refusant
cette facilité, nous avons estimé que le système dit du « couplet
héroïque » (des vers rimant deux à deux) rehausserait ici l’intérêt du
pentamètre iambique, toujours malaisé à apprécier en Français attendu que ce
n’est point, quant audit pentamètre, le nombre de syllabes qui fait le pied mais plutôt la succession, à cinq
reprises, d’une syllabe atone et d’une autre, accentuée. Le pentamètre iambique
est de longue date fort prisé de nos amis anglais, notamment des voyous
lettrés, depuis Shakespeare (« A horse, a horse, my Kingdom for a
horse ! » - Richard III)
jusqu’à Ian « Lemmy » Kilmister (« Wait and see, I’m a real good
lover, Can’t judge a book by the cover » - Shine, Motörhead, 1983). Le Français étant traditionnellement reconnu une langue peu,
voire pas accentuée, on nous accordera ainsi, par convention expresse, au début
de chaque vers, la justice de nos choix et déterminations syllabiques. Ayez
confiance. Entrez dans l’espérance.
Note 2 : Il va de soi qu’en dépit du sujet particulier
dont il sera ici question, l’inversion
dont nous parlions en titre n’est point (encore) celle d’une certaine courbe
statistique devenue fort célèbre (et désormais, pour tout dire, attachée pour des siècles et des siècles au seul patronyme de
M. Sapin). L’inversion trochaïque
qui nous intéresse, variation propre à la versification anglaise, substitue,
elle, ponctuellement en début de vers une syllabe accentuée à la syllabe atone,
un « iambe » devenant alors « trochée ». Au cas
ordinaire : « sa-PIN » succèdera par exemple, ça et là,
« MICH-el ».
ODE À MICHEL SAPIN
De l’arbre piquant, les mâle et haute ramure
Et résine d’or baignant ton front d’azur,
De l’hivernale saison, les froides tempérances,
Et du sombre Caton, la sage gouvernance,
Du caillou dégarni, la prestance de ton Chef
Et dessous lui – ce Chef ! – une tempête, et la Nef
De l’esprit, par ta guidée conduite,
Vers ce Graal trois fois saint : la fin des déficits,
Et l’envolée des taux : croissance, d’abord,
Produit national brut, encore !
Mais réduction des charges, o vilenie tartare !
Antique scélératesse, diluvienne, barbare…
Moscovici, ton frère, au crâne solidaire,
Tenu au sacerdoce de la finance, austère,
À l’amour des riches tant uniment donné,
Méprisant l’assisté de toute éternité !
Michel, Michel, ô sagace Michel !
Sapin – oui – de Janvier à Noël :
La courbe, jolie, de ton rêve infini :
Ces gueux trimant partout, soumis… Souris !
Vois : elle s’avance, la courbe, vois, là !
Qui baisse, ami, qui s’infléchit déjà !
Tes efforts, tes soucis, ta rude épreuve
S’achève, bientôt, dans la boucle du fleuve
Alphée, rinçant d’Augias l’ordure nombreuse
Et, telle la main d’Hercule généreuse,
La vertu de ton front, noble Hercule
D’aujourd’hui, tout gorgé de calculs,
Donne son congé, tranquille, sûr, certain,
Devant nous, foule de méchants vilains,
Aux chienlits, aux dépenses, aux autres vils frais,
Grevant, hier comme demain, la beauté des budgets.