mardi 16 décembre 2014

La vérité punie

 
Tàssos Livaditis

« Toute ma vie aurait pu tourner autrement, mais j'avais beaucoup fatigué les anges dans mon enfance et devais maintenant partager les chrysanthèmes avec les autres condamnés - aussi me suis-je laissé convaincre d'accepter le cadeau de la tante fortunée : une place dans le caveau de famille, sauf que dès lors j'ai été impatient, préoccupé bien sûr des derniers mots (lesquels, je n'ai jamais su) d'Isidore Ducasse, frère de ma triste jeunesse, grand poète, qui vénérait les terreurs enfantines de la nuit et qui, mourant, ne trouva pour son sommeil qu'une immensité réduite et plus tard quand on m'a chassé, que je suis sorti par la porte, le soir tombait et la première étoile est apparue tel un petit heurtoir de l'infini et j'ai frappé - depuis le rêve n'en finit plus. »

(Tàssos Livaditis, La vérité punie)

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