jeudi 3 mai 2018

Gestion, transactions

Montpellier (France), spring 2018.

We'll be back ! (id.)

mercredi 2 mai 2018

France is back !


« L'histoire de notre pays, 
c'est une histoire d'absolu. » 

(Emmanuel Macron, fustigeant les 

Élections, pièges à ours !


Un attrait rétrospectif

Ci-dessus : la tombe de Hegel (détail).

« Il faut, pour prendre la mesure du monde, de vastes horizons. C'est dans la plaine allemande, sous les auspices conjugués de la solitude et de la guerre, de l'exil et de l'hiver, que Descartes a posé les principes de la connaissance vraie. On ne se sait être, un jour, ce que nous sommes, que pour avoir délaissé les îles parfumées, les clairières, les petites villes auxquelles des collines douces ont passé leur anneau. La réalité, quand on finit par l'envisager, afflige et désenchante. L'illusion qui en tenait lieu, d'abord, se pare d'un attrait rétrospectif d'autant plus sensible qu'on l'a perdue sans retour. Le vrai, dit quelque part quelqu'un dont on peut visiter la tombe, au cimetière de la Dorotheestrasse, à Berlin, c'est le tout et le tout, le vrai.  »

(Pierre Bergounioux, L'empreinte)

Karl Marx a 200 ans

Paris, 1er mai 2018.

Et il ne les fait pas.

mardi 1 mai 2018

« Venez comme vous êtes »

                                                                                         

Solidarité internationale des Travailleurs

Surréalisme arabe

Le surréalisme arabe à Paris, 1973-1975.
Textes traduits de l’Arabe et de l’Anglais. 
Réunis par Abdul Kader El Janabi.
Introduction par Marc Kober.
Éditions de l'Asymétrie (salut les aminches !)
Sortie : 26 avril 2018 - 12 euros.


Présentation de l'éditeur : 
Le Désir libertaire dont nous allons lire un choix de textes et d’illustrations, n’est autre que "la revue du surréalisme interdit chez les Arabes". Ainsi peut-on lire dans le Manifeste de 1975 : "Nous crachons sur la patrie arabe jusqu’à la noyer dans la fumée de la mort non seulement parce que nous combattons l’idée de patrie, mais aussi parce que l’affirmation d’une patrie est une insulte à l’universalité de l’homme". Ou encore : "Nous ferons exploser les mosquées et les rues par le scandale du retour du sexe au corps qui s’enflamme dans chaque rencontre jusqu’ici restée secrète". La "fin de l’ère islamique" annoncée sur une couverture du Désir libertaire fait écho à la "fin de l’ère chrétienne" annoncée en couverture du troisième numéro de La Révolution surréaliste, le 15 avril 1925. L’anticléricalisme surréaliste, son antipatriotisme, se déplacent vers l’orient arabe, à partir d’un groupe qui, pour la première fois, revendique un "surréalisme arabe", sans pouvoir être considéré comme des marginaux parce qu’ils sont chrétiens ou minoritaires dans leur nation.
***

Sommaire
Abdul Kader El Janabi : Point de repères – Introduction : Une révolution poétique sans fin – Face à la réalité arabe – Positions : Le Désir libertaire, revue du surréalisme interdit chez les arabes – Manifeste de 1975 – Où en sommes-nous avec le surréalisme ? – Ne construisez pas d’édifices, érigez des toits ! – Éditorial pour la deuxième série – L’Âge de la vie – De la mémoire, brûlant de tous ses oublis – Visa aux lectures – Une voix hérétique : Qorrat al-Aïn (1814-1854) – Jeux surréalistes Vers la libération du langage – Cadavres exquis – Anti-proverbes – Lexique : Imagination – Blasphème – Désir – Manifestes personnels : Ghazy Younes : Soupir – Mohammed Awadh : Cet aboiement ne suffit-il pas ? – Farid Lariby : Mes écrits – Tract : Fermez le Livre et ouvrez la fenêtre – Maroine Dib : L’umour : testament, L’autre nous-mêmes Edouard Jaguer : Flash pour fantômes – Jimmy Gladiator : Ni dieu ni maître, sauf maitre Kanter ! - Pierre Peuchmaurd : Black canary, Billets, slogans, aphorismes ! Quatre étranges cavaliers : Farid Lariby – Ghazi Younes – Abdul Kader El Janabi – Maroine Dib – Annexe, Le Nil du surréalisme : le groupe Art et Liberté (1938-1952).

dimanche 29 avril 2018

Garde ça pour toi


« Le passage de l’État libéral à l’État autoritaire total s'effectue dans le cadre du même système social. On peut dire à propos de cette unicité de la base économique que c'est le libéralisme lui-même qui engendre l’État autoritaire total, lequel apparaît comme du libéralisme à un stade de développement plus avancé. L’État autoritaire total apporte au stade monopoliste du capitalisme une organisation et une théorie de la société adéquates. »

(Herbert Marcuse)

samedi 28 avril 2018

Nécessitarisme


(Europe 1, 28 avril 2018)

Wissenschaft (défense de la science)

John Dewey, american gangster.

John Dewey, nom de dieu ! Un peu d'air frais. Contre tous les obscurantismes, tous les ennemis coalisés de la science, de la rationalité, de la démocratie. Ce sont les mêmes : dès lors, évidemment, que les trois termes précédents sont correctement compris, c'est-à-dire compris d'un point de vue communiste. Le scientisme, par exemple, étant autant à congédier (avec toutes ses centrales nucléaires, ses néonicotinoïdes et ses ignobles continents de plastique totalitaires) que les paradis archaïques, factices et sanglants, de Jésus, d'Allah ou de qui que ce soit d'autre proclamant, absurdement, que ce monde-ci dans lequel nous vivons n'est pas le vrai : que le vrai monde sera, pour nous, au-delà de la mort. Adorno admirait beaucoup John Dewey, dont l'oeuvre reste à découvrir en France, pays de l'obscurantisme foucaldien et différentialiste universitaire (de merde). Ce rappel nous fournit l'occasion, en présentant le texte ci-dessous, d'informer nos lectrices de l'existence des petites éditions Raison & passions (tout est dit), coupables de le publier, pour ainsi dire à l'instant même (mars 2018). Pas de révolution sans homme nouveau, sans femme nouvelle. Oulala. Tu nous traites de fasciste ? Va te faire foutre. Pas de révolution, disions-nous, sans démocratie, sans éducation, sans pédagogie. Telle fut la leçon de Dewey, autant que celle de Rosa Luxemburg. Telle reste la leçon d'un pragmatisme éclairé, faisant la nique aux idéologues bourgeois, pour l'éternité.

***

On vous causait de Dewey 
voilà peu : ICI, et puis ,
ainsi que de ce côté.
Mort à la démocratie, qu'ils disaient.
Mort à la vérité.
À la « commune de Tolbiac » ou ailleurs. 

« Il suffit pour notre propos de noter que le mot «science» a une large portée.
Pour certains, le terme se réduirait aux mathématiques et aux disciplines dans lesquelles des résultats exacts peuvent être déterminés par des méthodes rigoureuses de démonstration. Une telle conception limite les prétentions de la physique et de la chimie elles-mêmes à être des sciences, en ne leur reconnaissant de scientifique que les parties strictement mathématiques. La position de ce que l'on appelle d'ordinaire les sciences biologiques est encore plus équivoque, tandis que les disciplines sociales et la psychologie seraient à peine considérées comme des sciences si on les mesurait à l'aune de cette définition. Nous devons clairement envisager l'idée de science avec une certaine latitude. Nous devons la considérer de manière suffisamment large pour inclure toutes les disciplines qui sont habituellement regardées comme des sciences. L'important est de découvrir les caractéristiques en vertu desquelles des disciplines variées sont dites scientifiques. Poser ainsi la question nous porte à mettre l'accent sur les méthodes qui permettent de s'attaquer à l'objet concerné plutôt que de rechercher des caractéristiques uniformes et objectives dans l'objet lui-même. De ce point de vue, la science signifie, je le prends comme tel, l'existence de méthodes systématiques d'enquête, qui, quand elles sont dirigées sur un ensemble de faits, nous permettent de mieux les comprendre et de les contrôler plus intelligemment, de façon moins hasardeuse et moins routinière.
Personne ne doute du fait que nos pratiques d'hygiène et de médecine sont moins fortuites et moins le fruit d'un mélange de suppositions et de traditions qu'elles ne l'étaient autrefois, ni que cette différence est issue du développement de méthodes d'enquête et de test. Une technique intellectuelle permet à la découverte et à l'organisation des matériaux empiriques de s'accumuler, de telle sorte qu'un chercheur puisse répéter les recherches d'un autre, les confirmer ou les infirmer, et ajouter toujours plus au capital de la connaissance. De plus, ces méthodes, quand elles sont utilisée, tendent à se perfectionner, à suggérer de nouveaux problèmes et de nouvelles recherches, ce qui affine les vieilles procédures et en crée de nouvelles et de meilleures. »

(John Dewey, Les sources d'une science de l'éducation)  

Sexe faible (Ronda Rousey)

vendredi 27 avril 2018

Quatre fromages


Nos années de jeunesse, à l'espace Ornano, du côté de Simplon, en sortant de chez le gros Serge. Les Washington Dead Cats y avaient, par exemple, été précédés des Busters + Skarface au début des 90's : bon concert, ça, en l'occurrence (quoique un peu tendu dans les coins, si notre mémoire ne nous trahit) où un hommage avait été rendu par ces derniers aux vieilles tribus d'Angleterre (sic) mythologisées : à savoir les Teds, Skins, Punks et compagnie. Changement de ton, la semaine d'après, donc, dans la même salle, où on avait, comme il se doit, balancé force légumes défraîchis et farine poisseuse à la gueule de l'assistance juvénile réunie et réjouie. Mathias, des Wash, se faisait largement traiter de pédé, à l'époque, parmi cette scène psycho extrêmement conservatrice sinon réactionnaire, que nous fréquentions fort et dont certains très virils « chasseurs de skins antifascistes » (rires dans la salle) se revendiquaient volontiers. Nous n'avions, quant à nous, déjà, aucun problème avec les pédés : plutôt, à l'inverse, un rapport d'étrangeté très marquée, et incrédule, vis-à-vis de ceux (ou celles) que ces questions de désir homosexuel ne venaient jamais effleurer (prétendaient-ils ou elles). Nous en causions facilement. Nous étions bien les seuls (les gays clandestins - premiers concernés - mis à part, bien entendu, mais nous ne les connaîtrions tels, ceux-là, que bien plus tard, trop tard, hélas !). Déjà, en somme, la volonté de savoir absolument innocente, la rationalité froide et chaude et sa sincérité adéquate désarmante, sur ces questions comme sur toute autre, nous paraissaient naturellement salutaires et libératrices. Mais c'était là, faut dire, une tout autre période. Aujourd'hui, du chemin épistémologique a été parcouru, du temps a passé, du progrès a été effectué : la Terre est plate, comme vous savez, et il convient désormais de respecter toutes les « races ». Et, avec elles, tous leurs prophètes de malheur. Rideau. 

mercredi 25 avril 2018

Entente cordiale

mardi 24 avril 2018

Barış Manço

samedi 21 avril 2018

Et inversement


« Le monde de la marchandise, qui était essentiellement inhabitable, l'est devenu visiblement» 

(Guy debord, Thèses sur L'I.S. et son temps) 

« Démythifier la raison »

Revue Agone n° 61 : 
Parution : 14/09/2017 

« Dans beaucoup de milieux intellectuels, y compris à gauche et à l’extrême gauche, la raison est aujourd’hui traitée comme une ennemie. Instrument au service de l’État et du Capital, des polices, des bureaucraties et des technocraties, de la Science qui ne serait que technoscience, de l’Occident et de l’impérialisme, elle signifierait contrôle des corps et des esprits, exclusion et enfermement, écrasement des identités et des différences, ethnocentrisme et colonialisme, productivisme et destruction de la nature et de la Terre... Certes, la raison et l’universel ont servi de paravents à toutes sortes d’horreurs et d’oppressions. Mais les irrationalismes politiques et religieux en ont « justifié » bien d’autres. Et comment dénoncer l’injustice, revendiquer l’égalité et le respect des différences, comprendre la place de l’espèce humaine au milieu des autres et sur la Terre, sans s’appuyer sur la raison ? Pas une Raison supérieure, surplombante et totalisante, censée justifier l’ordre établi ou le cours de l’histoire. Mais la raison commune qui est en chacun, cette capacité de demander pourquoi et comment, de chercher ce qui est vrai et ce qui est mieux. Ce dossier veut ouvrir quelques pistes pour contribuer à l’immense projet de reconstruire la raison, notamment à travers une réévaluation critique de l’idée de «progrès» dans un dialogue avec Jacques Bouveresse, une analyse des modes de pensée irrationnels voire religieux dans l’extrême gauche française, une réflexion sur l’héritage des Lumières à partir de la dichotomie entre Lumières radicales et modérées mise en évidence par les travaux de Jonathan Israel, ou encore une confrontation avec le rationalisme mal connu de Hayek, aussi puissant philosophiquement que discutable dans ses principes et ses conséquences. »

Sommaire : Éditorial : Quelle raison garder ? – 1. Constellations : radicalités irrationnelles. Des jeunes révolutionnaires aux anciens réactionnaires (Jean-Luc Chappey) – 2. Quand les Lumières radicales appelaient à la révolte anticoloniale. Diderot et l’Histoire des deux Indes (Jean-Jacques Rosat) – 3. Pour une rationalité écologique. Entretien avec Jacques Bouveresse autour de son livre Le Mythe moderne du progrès – 4. Lire Hayek sérieusement. Le néo-libéralisme, entre rationalisme modéré et conservatisme (Jean-Matthias Fleury) – 5. Hypothèses pour une raison sobre (Jean-Jacques Rosat) – Rubrique “Entretiens” : “On leur fait savoir qu’on les observe, nous aussi” : l’observation juridique aux États-Unis. Entretien avec Jessica Woods (François Buton, Clémence Fourton et Clément Petitjean) – Rubrique “Histoire radicale” : “Ose être comme Daniel ! Le syndicat des cuisiniers français”, par Wilf McCartney (présenté par Boris Mellow)