samedi 19 octobre 2013

Réforme des retraites


Klee Benally, ce soir sur la ZAD

Dans quelques instants - en principe - KLEE BENALLY, ancien membre du groupe Blackfire (punk-rock Navajo), jouant désormais en solo et armé de sa seule guitare sèche, commencera son concert sur la ZAD de Notre-dame-des-landes (à la Wardine, le long du bois de Rohanne, chemin de Suez). Ce concert devrait être suivi de celui des Haymarket (punk de France). Tous les fonds récoltés serviront à éponger, autant que possible, les nombreuses amendes reçues par Klee, plusieurs fois condamné par la Justice pour son implication dans les luttes sociales. La thune recueillie servira également à soutenir la création d'un centre mutimédia et de réunion pour la communauté indigène.
Tous indiens. 
Aujourd'hui et demain.





La voie (cyclable) de son maître

« Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? 
Pas toujours, mais qu'importe ?
Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor. »

La Fontaine, Le loup et le chien

 

vendredi 18 octobre 2013

Espagne : les martyrs de la guerre civile officiellement reçus au Paradis des Saints...

 

On va sen fourrer jusque-là,
da-da-dire-la-da-da...

Le banquier idéal : quand la phrénologie s'en mêle !

 
Est-il encore besoin de rappeler ici les règles de notre grand concours - ouvert à tous les habitants de cette galaxie et des autres (sous réserve bien sûr qu'ils se trouvent en situation régulière et aient donc, suivant le terme racist administratif adéquat, vocation à rester dans notre système solaire) ?
Quoi qu'il en soit, voilà ci-dessous la contribution du (ou de les, comme on dit en français) tenancier(s) de l'excellent blogue Hécatombes, que nous vous recommandons chaudement d'aller visiter si vous désirez rigoler un brin, entre deux ruptures d'anévrisme. 
Le (houla ! comme on dit en français) contributeur(trice) du jour semble fort passionné(e) de phrénologie, la science mythique du Dr Gall, aujourd'hui injustement oubliée (croyions-nous naïvement) et se rapportant aux multiples bosses, grosseurs, creux et aspérités présentés par tel ou tel crâne déterminé soumis à l'expérience. Hegel - certains s'en souviennent peut-être - conseillait dans sa grandiose Phénoménologie, à usage des physiognomonistes lavatériens, un traitement expéditif consistant en une gigantesque baffe dans la gueule,  laquelle eût présenté l'intérêt - déformant momentanément les traits de la savante victime - de démontrer  par là même l'inanité de sa splendide doctrine. Notre contributeur hécatombien aurait-il à son tour en tête, si l'on ose l'expression, quelque semblable programme thérapeutique ?
À vous de voir, lectrices, Lecter, Hannibal.
Voilà, en tout cas, une reproduction du banquier de ses rêves, précédée du petit mot amical qu'il nous a adressé :

Salut le moine,
Ma petite contribution à votre désormais fameux concours du "banquier idéal".
Ni voyez nullement une image morbide visant à discréditer cette noble profession : par les temps qui courent, banquier, ce n'est pas un métier facile; mais plutôt une illustration scientifique de ce qui fait le génie banquier (comme il y a eu un génie français).
A la recherche de la "bosse" du capitalisme...
Les phrénologues redeviennent à la mode, non?
Au plaisir,
Themroc.

Comme un petit frémissement, du côté du PEG...
 



Les mots et les choses

       Sur la droite de l'image : prieuré du grand foutage de gueule (XVème siècle)

« Les méthodes de la démocratie spectaculaire sont d’une grande souplesse, contrairement à la simple brutalité du diktat totalitaire. On peut garder le nom quand la chose a été secrètement changée (de la bière, du bœuf, un philosophe). On peut aussi bien changer le nom quand la chose a été secrètement continuée : par exemple en Angleterre l’usine de retraitement des déchets nucléaires de Windscale a été amenée à faire appeler sa localité Sellafield afin de mieux égarer les soupçons, après un désastreux incendie en 1957, mais ce retraitement toponymique n’a pas empêché l’augmentation de la mortalité par cancer et leucémie dans ses alentours. Le gouvernement anglais, on l’apprend démocratiquement trente ans plus tard, avait alors décidé de garder secret un rapport sur la catastrophe qu’il jugeait, et non sans raison, de nature à ébranler la confiance que le public accordait au nucléaire. 

Les pratiques nucléaires, militaires ou civiles, nécessitent une dose de secret plus forte que partout ailleurs ; ou comme on sait il en faut déjà beaucoup. Pour faciliter la vie, c’est-à-dire les mensonges, des savants élus par les maîtres de ce système, on a découvert l’utilité de changer aussi les mesures, de les varier selon un plus grand nombre de points de vue, les raffiner, afin de pouvoir jongler, selon les cas, avec plusieurs de ces chiffres difficilement convertibles. C’est ainsi que l’on peut disposer, pour évaluer la radioactivité, des unités de mesure suivantes : le curie, le becquerel, le röntgen, le rad, alias centigray, le rem, sans oublier le facile millirad et le sivert, qui n’est autre qu’une pièce de 100 rems. Cela évoque le souvenir des subdivisions de la monnaie anglaise, dont les étrangers ne maîtrisaient pas vite la complexité, au temps où Sellafield s’appelait encore Windscale. »

(Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle).


jeudi 17 octobre 2013

mardi 15 octobre 2013

Philosophie



« À ce dont l’esprit se contente, on mesure la grandeur de sa perte. » (Hegel)

Bon anniversaire, Friedrich !


« Nous avons inventé le bonheur, diront les derniers hommes et ils cligneront de l'oeil. » 
Also sprach Zarathoustra, Nietzsche (15 octobre 1844-1900)

lundi 14 octobre 2013

Famille nucléaire


« Le Progrès rapporte la naissance d’un veau bicéphale à Peyrieu, dans l’Ain. L’animal, qui n’a vécu qu’un quart d’heure, est conservé dans le congélateur de son propriétaire. »
(Actualités BFM-TV)

Brillants

 
 
« Les cités-dortoirs de la banlieue Nord de Paris (…), rendues à la vie par le chômage de masse, rayonnent plus intensément, désormais, que le Quartier latin. » (L’insurrection qui vient, Éditions de la Fabrique)

« Dans une chambre au sixième, je lui lirai des poèmes. On vivra sans travailler : je peux car je suis fou à lier. »
(Dany Brillant, Suzette)
 


Produit intérieur brut


« Ce que l’humanité a de poétique, c’est-à-dire de religieux, a disparu de nos États modernes. Les États qui cherchent à résoudre l’énigme du bonheur de l’homme en distribuant quelques privilèges, en favorisant l’expansion illimitée de l’industrie et du bien-être égoïste, qu’ont-ils à faire d’un poète ou d’un artiste... ? 
L’art social n’est plus et n’est pas encore. »

Franz Liszt, dans La gazette musicale (1837).

dimanche 13 octobre 2013

Éloge de la discipline

 
« C’est une erreur fatale de fonder la santé sur la partie animale de l’homme : la résistance physique prend bien plutôt sa source dans la noblesse de l’esprit et des mœurs. Si ce n’est pas toujours exact de l’individu, ce l’est d’autant plus de la masse : la force d’un peuple est la conséquence de ses bons sentiments, jamais l’inverse. C’est pourquoi Lindner avait donné un soin particulier à l’éducation de ses frictions : il évitait la brutalité de l’ordinaire idôlatrie virile et intéressait à l’opération l’ensemble de sa personne en associant les mouvements de son corps à de beaux devoirs intérieurs. Il abhorrait, en particulier, le culte dangereux de l’énergie qui, venu de l’extérieur, devenait déjà l’idéal de quelques-uns de ses compatriotes : l’un des premiers buts de ses exercices matinaux était de l’en détourner. Il lui substituait avec mille précautions une attitude plus politique dans l’usage athlétique de ses membres ; il accordait la tension de la volonté avec d’opportuns relâchements, la victoire sur la souffrance avec une intelligente humanité ; et lorsque son exercice final, destiné à éduquer le courage, l’amenait à sauter par dessus une chaise couchée sur le sol, il y mettait autant de circonspection que d’assurance. Un pareil déploiement de possibilités humaines faisait de ces exercices physiques, depuis quelques années qu’il s’y adonnait, de véritables exercices spirituels. »

Robert Musil, L’homme sans qualités.

De l'aventure conventionnelle

                 
                         

« Le monde est une poupée russe. Vous ne me croyez pas ? Écoutez. En mai 68, barricades et tout ça, un pote apprend, dans une chambre d’hôtel, que l’on se bat dans Paris contre la police. L’homme plonge vers sa valise. « Allons-y », dit-il. De sa valise, il tire un flingue. Il veut sortir. Il veut descendre quelques flics, comme essaient de faire, dans le moment où j’écris, d’autres « irresponsables » (dixit le Nouvel Observateur) en Lorraine. Nous calmons l’homme. En France, ça ne se passe pas comme ça, disons-nous. C’est trop tôt. L’homme soupire et range son flingue. Il attendra la fois prochaine. L’homme, amis poteaux, était Nicholas Ray. Qui, à présent, est plus vieux de dix ans, et borgne. Le monde, amis poteaux, est une poupée russe qui commence à me porter sur les nerfs. »

(J.-P. Manchette, Charlie mensuel n°125, juin 1979).

« Il existe un western appelé Johnny Guitar dont tout le début est une frappante illustration de la dérive, et même, de l’avis de Michèle [Bernstein] et moi, image d’un personnage qui te ressemble assez dans la rencontre. Après un tiers environ, le film continue en aventure conventionnelle ».

(Guy Debord, conventionnel - à un tiers - 30 avril 1963).

mardi 8 octobre 2013

Bernanos à Brignoles


« C’est la brusquerie du contraste qui fait naître le rire. Vous voyez un dimanche, autour du kiosque à musique de Brignoles ou de Romorantin, tel vieux monsieur vêtu d’une jaquette d’alpaga et d’un pantalon damier, coiffé d’un chapeau de paille, vous n’en ressentez nul émoi. Transportez-le, après un dernier coup de brosse, au milieu des ruines de Shanghai, le pauvre type vous paraîtra grotesque ou sinistre – selon votre humeur. Les Ligues patriotes sont ainsi encombrées de fonctionnaires militaires ou civils, auxquels des journalistes roublards proposent chaque matin de sauver la France. Jadis ces innocents s’excitaient contre les Boches. L’ouvrier syndiqué a pris la place du Boche. Que diable voulez-vous que pensent des réformes sociales les plus légitimes des personnages inoffensifs qui ont toute leur vie tremblé devant leur chef de bureau, leur colonel ou leur inspecteur, et qui arborent à leur boutonnière avec une naïve fierté, pour prix de quarante ans de coliques, la même Légion d’honneur que le plus grand des hommes de guerre, au camp de Boulogne, tendait jadis à ses vieux soldats, dans le casque de François Ier ? S’ils ne sont pas sensibles à cette bouffonnerie colossale, comment espérer qu’ils aient, même au degré le plus bas, le sens de l’honneur, de la justice et de l’histoire ? Pour ces malheureux, l’ouvrier mécontent est « dans son tort » parce qu’il réclame. Quiconque risque de porter atteinte au prestige des commerçants et des propriétaires offense mortellement le bon Dieu. »

Georges Bernanos, Les grands cimetières sous la lune.

Journée de merde


Le voyez-vous, amis ?
Ne le voyez-vous pas ?
Toujours plus lumineux,
Comme il illumine,
Auréolé d’étoiles,
Et s’élève dans les cieux !
Ne le voyez-vous pas ?
Comme son cœur,
Se gonfle avec ardeur,
Sublime et plein,
Et s’exalte en son sein !
Comme de ses lèvres douces et délicieuses,
Un souffle suave
S’exhale, lentement !
Amis ! Voyez ?
Ne le sentez-vous pas ? Ne le voyez-vous pas ?

(Tristan und Isolde, Acte III, scène III).

lundi 7 octobre 2013

Cravan à l'entraînement

Allez donc faire un tour, quand vous aurez le temps de ne pas assassiner le temps, sur le site de l'excentré magnifique, consacré à Rigaut. Le petit film ci-dessous en provient. Vous pourrez y trouver également un compte-rendu assez alerte d'une rencontre récente organisée, à Paris, par divers gnomes littéraires, autour du géant- poète-aux-cheveux-les-plus-courts-du-monde : " ce grand lâche de blanc " ainsi que le surnommait fort amicalement le boxeur Jack Johnson qui se confronta à lui, à Barcelone, devant des milliers de spectateurs enthousiastes, au début du siècle dernier. 
Bonne chasse !


                            

Le socialisme, c'est les lunettes plus l'électricité !

 
« Dans l'immeuble ovale dessiné par l’architecte Roland Castro, Samsung a installé son siège français. La ministre Fleur Pellerin et la maire de Saint-Ouen, Jacqueline Rouillon, ont pu tester les lunettes qui permettent de regarder deux programmes sur la même télé, l’une des nouveautés de l’entreprise. »   
(Le Parisien, 5 octobre 2013).