vendredi 25 mai 2018

Sans raison


ERNSTE STUNDE

Wer jetzt weint irgendwo in der Welt,
ohne Grund weint in der Welt,
weint über mich.

Wer jetzt lacht irgendwo in der Nacht,
ohne Grund lacht in der Nacht,
lacht mich aus.

Wer jetzt geht irgendwo in der Welt,
ohne Grund geht in der Welt,
geht zu mir.

Wer jetzt stirbt irgendwo in der Welt,
ohne Grund stirbt in der Welt:
sieht mich an.

(R.-M. Rilke, 1900)

***

Qui maintenant pleure quelque part dans le monde 
Sans raison pleure dans le monde 
Pleure sur moi 

Qui maintenant rit quelque part dans la nuit 
Sans raison rit dans la nuit 
Rit de moi 

Qui maintenant marche quelque part dans le monde 
Sans raison marche dans le monde 
Vient vers moi 

Qui maintenant meurt quelque part dans le monde 
Sans raison meurt dans le monde 
Me regarde.

5 commentaires:

  1. coração independente25 mai 2018 à 09:57

    Sans raison aussi qu'en lisant et écoutant ce poème je me suis remémoré la chanson "My Forgotten Man" chantée par Joan Blondell et Etta Moten dans Gold Diggers of 1933 de Busby Berkeley. Une sorte de correspondance baudelairienne étrange ou de hasard objectif, puisqu'apparemment cela n'aurait rien à voir avec ce poème de Rilke, mais que ça à voir tout de même.

    https://www.youtube.com/watch?v=CzMy7-7WV44

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  2. Superbe, et pas qu'un peu.
    Ça me réconcilie avec la Colette.

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  3. Si peu. Juste certaines réserves vis à vis de la glorification de certaines causes.

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  4. Pardon, je m'exprime mal. Disons que la Dame m'a souvent causé une certaine irritation par sa grandiloquence sur certains sujets. Mais sans jamais douter de sa sincérité.

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