vendredi 30 septembre 2016

De la loi et de l'exception

(Squalus tricardus
l'élevage en captivité est sa seule chance de survie)  

« Le coup d'oeil le plus superficiel suffit pour nous détromper de l'idée que l'homme est la cause finale de la création (...). En considérant la nature sans préjugés, nous trouverons que (...) tout ce qui existe subit des lois nécessaires, dont nul ne peut être excepté.»

(D'Holbach, Système de la nature)

mercredi 28 septembre 2016

mardi 27 septembre 2016

Le diable, probablement


Pas si con, ce Sartre, finalement...


« Laissons pour l'instant de côté toute une série d'exaspérations polémiques avec tout ce qu'elles peuvent comporter de théâtral et parfois même de grotesque dans leurs formulations. Parmi elles, je placerai, au sommet, la phrase la plus connue de Sartre à mon égard, celle qui me désigne comme "le dernier rempart idéologique de la bourgeoisie". Pauvre bourgeoisie, si elle n'avait eu que moi comme rempart, il y a longtemps qu'elle aurait perdu le pouvoir !»

(Michel Foucault, entretien avec D. Trombadori, 1978)

mercredi 21 septembre 2016

Croquer la poire, faire le Malin

Ainsi, donc, de tout temps, de Saint Augustin à Mickey Mosman et d'autres, les bandes de jeunes auraient aimé le vice pour lui-même ? Moins le produit, contingent, de leur chute que la chute elle-même. Toujours et partout, ils auraient surtout aimé raconter, confesser la chose, à quelque public de choix, dans les grandes largeurs ? Ils se seraient, tous, communément, la nuit, et ne pouvant dormir, précipités avec plaisir sur toutes sortes d'activités obscures, clandestines, illicites. Stupéfiant. Le point commun ne tiendrait-il pas, alors, au même besoin, explicable, d'expliquer, justement, de détenir enfin, de jouir de ce pouvoir d'expliquer, de s'expliquer, avec soi et avec le monde ? Ce pouvoir de connaissance, vous le savez, gît au tréfond de certain fruit défendu : pomme ou poire, ou même pamplemousse ou kiwi, à la rigueur, tout ce que vous voudrez, tout ce qu'il vous faudra. Ceci pour faire comme le premier d'entre les grands rebelle, à qui, chacun à notre modeste manière, nous tenterons sans répit, jusqu'à la fin, de ressembler, dans le pouvoir sanctifié du connaître. Croquer la poire, faire le Malin. Eritis sicut dii... 



« Il y avait dans le voisinage de notre vigne un poirier chargé de fruits qui n'avaient rien de tentant, ni la beauté ni la saveur. En pleine nuit (selon notre exécrable habitude nous avions prolongé jusque-là nos jeux sur les places), nous nous en allâmes, une bande de mauvais garçons, secouer cet arbre et en emporter les fruits. Nous en fîmes un énorme butin, non pour nous en régaler, mais pour le jeter aux porcs. Sans doute nous en mangeâmes un peu, mais notre seul plaisir fut d'avoir commis un acte défendu. Voilà mon coeur, ô Dieu, voilà mon coeur dont vous avez eu pitié au fond de l'abîme. Qu'il vous dise maintenant, ce coeur que voilà, ce qu'il cherchait dans cet abîme, pour faire le mal sans raison, sans autre raison de le faire que sa malice même. Malice honteuse, et je l'ai aimée ; j'ai aimé ma propre perte ; j'ai aimé ma chute ; non l'objet qui me faisait choir, mais ma chute même, je l'ai aimée. »

(Saint Augustin, Les confessions)


lundi 19 septembre 2016

Tu brûles, Maurice


« Quand on généralise la notion de sexualité, et qu'on fait d'elle une manière d'être au monde physique et interhumain, veut-on dire qu'en dernière analyse toute l'existence a une signification sexuelle ou bien que tout phénomène sexuel a une signification existentielle ? Dans la première hypothèse, l'existence serait une abstraction, un autre nom pour désigner la vie sexuelle. Mais comme la vie sexuelle ne peut plus être circonscrite, comme elle n'est plus une fonction séparée et définissable par la causalité propre d'un appareil organique, il n'y a plus aucun sens à dire que toute l'existence se comprend par la vie sexuelle, ou plutôt cette proposition devient une tautologie. Faut-il donc dire, inversement, que le phénomène sexuel n'est qu'une expression de notre manière générale de projeter notre milieu ? »

(Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception)

vendredi 16 septembre 2016

Jef Magné

Cest au 23, rue du Chateau-Landon, dans le dixième arrondissement de Paris (détails ICI).
C'est Jef Magné, c'est jusqu'au 21 septembre prochain.
Bref : magnez-vous...

  






 











samedi 10 septembre 2016

Mandoline


L'idéal


« L’homme, par exemple, est la possibilité réelle de tout ce qu’il est devenu au cours de son histoire, et surtout de tout ce qu’il peut devenir grâce à un progrès non entravé. Il est donc une possibilité qui, au lieu d’être simplement épuisée comme l’est celle du gland dans la réalisation venue à terme du chêne, n’a pas encore porté jusqu’à leur pleine maturité la totalité de ses conditions intérieures et extérieures, les facteurs déterminants de ses conditions. »

(Ernst Bloch, Le Principe Espérance)


« L’idéal n'est pas l'ennemi du réel, c'est la grande leçon de Michel Rocard. » 

(Jean-Christophe Cambadélis,  L'express, 03/08/2016) 

jeudi 8 septembre 2016

mardi 6 septembre 2016

Toujours tu chériras l'AMER


L'ami Ian nous fait l'honneur (redoutable) de recevoir dans AMER, septième du nom - récemment sorti - une de nos petites productions textuelles. Qu'il en soit remercié, comme - d'ailleurs - pour l'ensemble, impeccable, de ce dernier numéro. La découverte d'un nouvel AMER est toujours un plaisir et une joie. Nous reviendrons plus longuement, à l'occasion, sur l'opus en question, à fin de charger (d'aucuns diraient souiller) une telle joie simple de ce fatras philosophique délirant superfétatoire dont nous gardons le secret. Fasse seulement - Dieu pourri - que le temps ne nous manque point ici, non plus qu'en toutes ces besognes et tâches diverses dont nous nous voyons recouverts au long du jour. La responsabilité est une plaie de l'esprit, certes. Gloire au principe de plaisir parvenant là-dessus malgré tout à tracer sa route, tout travesti soit-il en ses expressions.


dimanche 4 septembre 2016

Houlala

Je t’en foutrais, moi, du « matérialisme »…


« L’âme naît […] dans ces moments dont je t’ai parlé. Sa naissance est obscure et lente, plus mystérieuse que celle du corps (…). Quand une âme naît dans ce pays-ci, on lance sur elle des filets pour empêcher son essor. Tu me parles de nationalité, de langue, de religion. J’essaierai d’échapper à ces filets. »

(Joyce, Portrait de l’artiste en jeune homme)


jeudi 1 septembre 2016

La partouze, c'est fini !


En marche !

« La réalisation des tâches fixées par le présent quinquennat revêt une très grande importance, et aux organisations de base du Parti des ministères incombe un rôle considérable dans cette direction. Notre Parti a maintenant accumulé une expérience exceptionnellement grande : il a enregistré des progrès sensibles dans tous les secteurs d'activité. Les membres du Parti et, en général, tous les gens de chez nous, partout où ils travaillent, possèdent également une très grande expérience. Je suis d'accord avec l'idée exprimée ici que dans la vie, il y a des gens qui vont de l'avant comme il y en a d'autres qui - bien que dotés d'instruction - marquent le pas. Aussi est-il de notre devoir de les inciter de temps en temps, de façon à ce qu'ils avancent comme tous les autres. »

(Enver Hodja, Le socialisme en Albanie)

mercredi 31 août 2016

Des prétentions cocasses de l’Être tout nu, et de leur mise en pièces par la puissance négative de l'Être même, en sa déterminabilité originaire (nécessaire).

 Ach ! la Kehre, gross malheur..

«L’Être ne peut pas être. Serait-il, qu’il ne resterait plus l’Être, mais serait un étant.»

(Heidegger, La thèse de Kant sur l’Être)


« Au contraire, ce sur quoi porte à chaque fois l’expérience chez Hegel est la contradiction qui met en mouvement une telle vérité absolue. Rien n’est connu qui ne soit pas « dans l’expérience » (Phénoménologie de l’Esprit). – L’Être non plus, par conséquent, dans lequel l’ontologie existentiale  transfère le fondement de ce qui est, de ce qui est objet d’expérience. Être et fondement sont chez Hegel des « déterminations de la réflexion », des catégories inséparables du sujet (comme chez Kant). Supposer que l’expérience est un mode de l’être, un « advenu » ou un « éclairci » pré-subjectifs est absolument inconciliable avec la conception hégélienne de l’expérience comme «mouvement dialectique que la conscience s’applique à elle-même, à son savoir comme à son objet, dans la mesure où pour elle le nouvel objet vrai en surgit» (ibid.).»

(Adorno, Le contenu de l’expérience)

« (…) cet être pur est l’abstraction pure, partant l’absolument-négatif qui, pris pareillement en son immédiateté, est le néant. (…) La réflexion – eu égard à cela – doit nécessairement s’aviser de chercher pour l’être une détermination ferme, par laquelle il serait différent du néant (…). Toutes les déterminations ultérieures et plus concrètes de ce genre ne laissent plus l’être comme l’être pur, tel qu’il est ici au commencement, en son immédiateté. À cause de son indéterminité pure, celui-ci est néant ; quelque chose d’ineffable ; ce qui le différencie du néant est quelque chose de simplement visé. – Il n’y a précisément qu’à maintenir ferme la conscience de ces commencements [être et néant], à savoir qu’ils ne sont rien d’autre que ces abstractions vides, et que chacune des deux est aussi vide que l’autre ; l’impulsion incitant à trouver dans l’être (ou dans les deux termes) une signification  ferme, est elle-même cette nécessité qui les emporte plus loin et leur donne une signification  vraie.»

(Hegel, Science de la Logique ; traduction : Bernard Bourgeois)

mardi 30 août 2016

Assistance technique


(Source : l'ami C.)

On vient de sauver votre vie, sans parler de celle de votre famille. Mais inutile de nous remercier. On est comme ça. 
C'est cadeau.

Des empoisonneurs


Affiche collée sur les murs de Paris et d’ailleurs:

Ce sont des empoisonneurs

Ils nous mentent. Dieu, Allah, Yahvé n’existent pas. Il n’y a pas de vie après la mort.

Ces sinistres illusions sont entretenues afin de nous faire accepter tout le carcan de normes morales et de règles sociales qui nous font vivre en esclaves, dans l’enfer qu’est ce monde. Un enfer bâti par les pouvoirs d’État, par le capitalisme et aussi par les religieux.
Pour prêtres et bigots, la vie ne serait qu’une épreuve à endurer afin de gagner une récompense dans l’au-delà. Mais ils nous mentent : nous n’avons que cette vie-ci. Leurs cieux irréels ne sont rien d’autre que l’image de la Justice, la main du pouvoir qui distribue rétributions et punitions ici bas.
Les religions sont un instrument pour maintenir les exploités obéissants, pour justifier le pouvoir et la richesse de quelques-uns. L’idée de divinité est la racine même du principe d’autorité et son pendant, la foi, est celle de la servitude volontaire, ce venin de l’esprit.
Blasphémer toute religion au nom de la liberté ne signifie cependant pas défendre la laïcité, un outil de la République. Cela veut encore moins dire s’en prendre aux fidèles d’une religion en particulier, chose qui pourrait donner des arguments au racisme. Bien au contraire, nous devons combattre les religions, toutes les religions, aussi parce qu’elles sont un des fondements identitaires qui engendrent et développent nationalisme, communautarisme et racisme. Nous devons les combattre en gardant en tête que ce qu’on veut est la liberté pour chacune et chacun.
Ils méprisent la vie, ce sont des mourants, eux-mêmes empoisonnés
Croire en un dieu signifie se priver de sa propre liberté, la remettre dans les mains de quelques illuminés qui nous expliquent comment nous conduire. Pourquoi un prêtre devrait me dire qui et comment je dois aimer ? Pourquoi un imam devrait me dire quoi manger et comment m’habiller ? Pourquoi en tant que femme je devrais accepter d’être soumise à un père, à un mari ? Je vaux autant qu’un homme : je ne suis pas une propriété, un objet sexuel ou un outil reproductif.
Leur pureté pue la mort. Quelques fois la religion provoque des massacres, tous les jours elle nie la vie. Même la fuite vers un ailleurs imaginaire cache l’acceptation concrète de l’existant.
La vie, à l’inverse de leurs délires réactionnaires, pourrait être un jeu de liberté dans lequel chacune et chacun essaye de s’épanouir. Je veux être libre parmi d’autres, je ne veux pas qu’on fasse de moi un «frère» pieux ou une «sœur» soumise, sous la coupe d’un quelconque «père», tel un mouton dans un troupeau de souffrance et de «vertu».
Commençons à vivre pour de vrai, comme bon nous semble, sans plus prêter l’oreille à leurs commandements.
A bas toutes les religions, elles ne visent qu’à nous imposer une vie de soumission et de mort!
A bas tous les prêtres, les imams, les rabbins, les pasteurs, les prophètes, leurs livres sacrés !
A bas tous les dieux !
Vive la vie, vive la liberté, vive la révolution !