mercredi 16 juin 2021

Aristote dans la lagune


Ci-dessous, présentation de l'éditeur, suivie des différents épisodes (en angliche : désolé pour ceux qui y entraveraient que dalle) de ce qui fut, à l'origine, un film passionnant. 

                                   ***
«Armand Marie Leroi, citoyen britannique et professeur de biologie, déniche dans une librairie du vieil Athènes une Histoire des animaux d'Aristote. Il ignore tout du philosophe, mais sa lecture le laisse émerveillé devant le foisonnement et la rigueur de la démarche. Il se lance alors dans une quête passionnée sur les traces d'Aristote. Heidegger, pourtant, nous avait prévenus : "Aristote est né, il a pensé, il est mort". Sans doute… Mais, entre-temps, il a inventé la science. C'est cette prodigieuse découverte que raconte La Lagune. Comment le meilleur élève de Platon, écarté de la succession de son maître, est parti s'installer à Lesbos, dans la lagune de Pyrrha, précisément, pour y mener la première enquête sur le vivant. Des travaux au long cours qui donnent lieu à de stupéfiantes "histoires d'animaux", mais aussi aux premières intuitions sur la naissance de la vie, l'hérédité, le vieillissement, sur l'existence de l'âme ou l'éternité du monde. Ce livre, magnifiquement écrit, est aussi une reconstitution extraordinaire du monde de savoir et de pensée dans lequel a vécu Aristote et de la révolution qu'il y opéra».

vendredi 11 juin 2021

Au mépris des geste-barrière

(Yahoo Actualités, 10 juin 2021)

Geto Boyz

 Salut à C ! Nique l'EHPAD !

jeudi 10 juin 2021

Ils peuvent le faire

«On a une poule historiquement dure 
mais ils peuvent le faire...»
(Emmanuel Macron, encourageant l'équipe de France de football, 10 juin 2021) 

mercredi 9 juin 2021

mardi 18 mai 2021

Terracisés

jeudi 13 mai 2021

Il est sorti !

Le nouvel AMER est sorti et disponible. Nous sommes impatients, forcément. Impatients, comme à chaque fois. Nous embrassons chaleureusement Ian Geay et les âmes-sœurs. Soutenez-les.

mardi 11 mai 2021

Journée de merde !

Jacques Bouveresse (1940-2021)

dimanche 2 mai 2021

Disruption, Agilité, Résilience (DAR)






Rue des boutiques obscures (1er Mai 2023)

« ─ Il avait jamais été question qu'ils le butent, tu comprends ? Les gens avaient autre chose à foutre. L'idée, c'était juste de l'enlever, de le sortir du circuit une bonne fois pour toutes, de le planquer quelque part où on le retrouve plus jamais. Qu'il continue à parler tout seul, à déclamer tant que ça lui chante : à un mur, face à une cuvette de chiotte, peu importe. Mais qu'on l'entende plus, qu'on voie plus sa gueule ! Faut se mettre à la place des gens, aussi ! ils en pouvaient plus. Ils le supportaient plus. Voilà.
─ Et alors ?
─ Alors, rien. C'est comme ça qu'ils l'ont retrouvé, ce premier mai 2023 : exactement dans cette position-là ! avec exactement ce même petit air. Assis comme au tout premier jour. Les mecs n'en croyaient pas leurs yeux. À croire qu'il avait pas remué un poil, lui, depuis le début. À l'arrière de cette bagnole-là. Au coin de la rue des boutiques obscures.»

mercredi 28 avril 2021

Venons-en Ophite !


«Le christianisme contient le dogme, révélé aux hommes par le Christ, de l'unité de la nature divine et de la nature humaine ; ici, homme et Dieu, l'idée objective et l'idée subjective ne font qu'un. Sous une autre forme cette idée se trouve dans l'antique récit de la chute originelle : sur ce point le serpent n'a pas trompé l'homme».

(G.-W.-F. Hegel)

***

«La Bible, rassemblée et rédigée plus tard par les prêtres de manière si orthodoxe, n'affirme aucunement que le fruit ait été une illusion. L'arbre s'appelle bien arbre de la connaissance, non de l'erreur ; aussi bien le serpent, qui d'après la Bible fut envoyé par le père du mensonge, n'a pas été trompeur dans sa promesse, car Yahvé lui-même dit ensuite : Voici qu'Adam est devenu comme l'un de nous, car il sait ce qui est bien et ce qui est mal (Genèse, 3, 22). Hegel insiste particulièrement sur ce verset, et cela dans les contextes les plus variés ; de cette vieille histoire, ce qu'il apprécie n'est en aucune manière l'interprétation purement et simplement négative, celle du péché originel. Avec l'exégèse commune de ce mythe étonnant il ne s'accorde que dans la mesure où il impute au serpent luciférien l'impudence, la chute, le défi, par conséquent ce qui est pour Hegel le mal moral (à un mal réel dans le monde l'optimiste spirituel ne consent pas). Mais en ce qui concerne la liberté comme humanisation, Hegel est du côté du serpent, non du côté de l'aveuglement, de la confortable innocence où le Yahvé biblique prétend maintenir les hommes (...) : "Le difficile est qu'il soit dit que Dieu a interdit aux hommes d'accéder à cette connaissance ; car la connaissance est justement ce qui constitue le caractère même de l'esprit ; l'esprit n'est esprit que par la conscience, et la plus haute conscience est justement dans cette connaissance-là." 

(...)

La comparaison que fait Jésus en personne entre lui-même et le serpent sacré (Jean, 3, 14), les sectes l'ont très largement référée à leur propre sujet. Et à travers la théologie, jusque dans le relatif sauvetage chez Hegel des paroles du serpent, on retrouve une très ancienne trace, la trace de la secte des Ophites, dans l'Antiquité tardive. Les Ophites avaient tout d'abord inversé entièrement le mythe biblique du serpent, identifiant la tentation du Paradis à la tentation par Jésus ; le Christ est pour eux le retour du serpent ; le Christ donne son achèvement à l'Eritis sicut Deus [«Vous serez comme Dieu» : promesse du serpent à Ève, effectuée pour inciter celle-ci à consommer le fameux fruit, pendu à l'arbre de connaissance]. L'homme n'est plus un être asservi au créateur de ce monde mauvais ; une fois sauvé, il devient cet être libéré du monde dont ont parlé tant le serpent que Jésus, tant Jésus que le serpent. La trace, affaiblie, de ce parallèle inouï reparaît dans le pathos du sujet chez les baptistes, dans la pieuse hybris qui les jette au centre même de l'intimité divine de peur que Dieu ne soit pour eux comme un étranger ; le baptisme rejette toute réalité supérieure où l'homme ne serait pas présent. Et, totalement sécularisée, cette trace autonome se manifeste dans un événement qui souterrainement est encore en corrélation avec les mouvements hérétiques : la Révolution française. Cette hybris, par conséquent, que Hegel ne se lassa de définir comme la puissance qui a remis le monde sur la tête, c'est-à-dire sur la pensée. Passage de la servitude, sous toutes ses formes, fût-ce dans ses reflets transcendants, à la libération, au génie de la liberté. Du cri Sus aux tyrans, le jeune Hegel a presque tiré un nouveau calendrier des saints, orienté vers les tyrannicides athéniens Harmodius et Aristogiton, vers Brutus dont Beethoven gardait le buste devant les yeux. D'où cette phrase de serpent : "On enseigne à nos enfants le bénédicité, les grâces du matin et celles du soir. ― Ce n'est pas un Harmodius, un Aristogiton, ceux qui eurent l'éternelle gloire de frapper les tyrans et d'assurer  à leurs concitoyens droits égaux et lois égales, ce ne sont pas eux qui ont vécu dans la bouche de notre peuple, dans ses chants" (Écrits théologiques de jeunesse). Partout se pressent là de tout autres hommages qu'à la béatitude de l'esclave, et ces hommages entretiennent avec le mythe du serpent une relation qui n'a pas échappé à Hegel».  

(Ernst Bloch, Sujet-Objet, Éclaircissements sur Hegel)

lundi 26 avril 2021

Adieu Christa !

dimanche 25 avril 2021

Toute conscience est conscience de quelque chose de perdu.


«Mourir, c'est perdre son individualité pour rejoindre le reste. Il s'était conservé, et avait perdu le reste.»

(Ursula K. Le Guin, Les dépossédés)

vendredi 23 avril 2021

Comme une bête

«Je perçois que des phénomènes se succèdent, c'est-à-dire qu'il y a à un certain moment un état des choses dont le contraire se présentait dans l'état précédent. Je relie donc proprement  deux perceptions dans le temps. Or, une telle liaison n'est pas l'ouvrage du simple sens et de l'intuition, mais elle est ici le produit d'un pouvoir synthétique de l'imagination, laquelle détermine le sens interne relativement au rapport chronologique».

    (Emmanuel Kant, Critique de la raison pure
«deuxième analogie de l'expérience»)