vendredi 19 janvier 2018

Dématérialisation


« Il existe donc, disent-ils, trois éléments : l'un, matériel, qu'ils appellent aussi "de gauche", périra inéluctablement, incapable qu'il est de recevoir aucun souffle d'incorruptibilité ; l'autre, psychique, qu'ils nomment aussi "de droite", tenant le milieu entre le pneumatique et le matériel, ira du côté où il aura penché ; quant à l'élément pneumatique, il a été envoyé afin que, conjoint ici-bas au psychique, il soit "formé", étant instruit en même temps que ce psychique durant son séjour en lui. C'est cet élément pneumatique, prétendent-ils, qui est "le sel" et "la lumière du monde" ».
(Saint Irénée, Traité contre les hérésies)

« Un panier en osier connecté permettra aux fidèles de l’église Saint-François de Molitor, à Paris, de faire des dons avec leur carte bancaire. »
(Le Monde, 18/01/18)


jeudi 18 janvier 2018

Fragments d'un discours amoureux

Ci-dessus : Rousseau et Chateaubriand (sauce persillée)

« À des idées importantes – que l’on situera, à coup sûr, dans le champ de la politique -, vous avez donné, chose rare, le grain d’une écriture. » 
(Roland Barthes, à BHL, in Les Nouvelles Littéraires
26 mai 1977).

« Une manière d’écrire, de mesurer, de placer les antithèses, d’intervenir dans le texte, où il y a du Rousseau et même du Chateaubriand, cela m’a beaucoup plu. » 
(Roland Barthes, Lettre à Bernard-Henri Lévy, 14 avril 1977).

mercredi 17 janvier 2018

Ébauche d'un dialogue





Du vent !

 

lundi 15 janvier 2018

dimanche 14 janvier 2018

Total respect


Votre devise préférée ?


« Doute de tout » 
(Karl Marx)

Romantisme (1984)

Conscience de classe (à l'ancienne)


Warum Joe

John Brown


vendredi 12 janvier 2018

Démocratie

« Il y aura des blessés des deux côtés, 
voire des morts... »

(un dirigeant de la gendarmerie, au sujet de l'opération imminente contre les zadistes de Notre-dame des Landes, Le Monde, 12 janvier 2018)

Féminisme


« Notre état social ne peut laisser percevoir tout ce qu'il y a de ressources dans les femmes ; il semble qu'elles ne soient destinées qu'à mettre au jour et à allaiter leurs enfants, et cet état de servitude a détruit en elles la faculté de grandes choses.»

(Averroès, Commentaire de La République de Platon)

Universalisme

Averroès (ou Ibn-Rochd de Cordoue) demandant pardon à l'entrée de la mosquée de Fez, vers 1195 (gravure tirée de La vie des savants illustres, de Louis Figuier,1866)

« Nous voudrions qu'Ibn-Roschd eût dit plus clairement qu'il ne l'a fait : L'unité de l'intellect ne signifie pas autre chose que l'universalité des principes de la raison pure et l'unité de constitution psychologique dans toute l'espèce humaine. On ne peut douter cependant que telle ne fût sa pensée, quand on l'entend répéter sans cesse que l'intellect actif ne diffère pas de la connaissance que nous avons de l'univers, que l'immortalité de l'intellect désigne l'immortalité du genre humain, et que si Aristote a dit que l'intellect n'est pas tantôt pensant, tantôt ne pensant pas, cela doit s'entendre de l'espèce, qui ne disparaîtra jamais, et qui sur quelque point de l'univers exerce sans interruption ses facultés intellectuelles. Une humanité vivante et permanente, tel semble donc être le sens de la théorie averroïstique de l'unité de l'intellect. L'immortalité de l'intellect actif n'est ainsi autre chose que la renaissance éternelle de l'humanité, et la perpétuité de la civilisation. La raison est constituée comme quelque chose d'absolu, d'indépendant des individus, comme une partie intégrante de l'univers, et l'humanité, qui n'est que l'acte de cette raison, comme un être nécessaire et éternel. »

(Ernest Renan, Averroès et l'averroïsme)

mercredi 10 janvier 2018

La tribune qui fait scandale !


mardi 9 janvier 2018

Désublimation répressive et libération

                  

Ce beau travail n'a pas pris une ride. Voilà deux ans, qui plus est, interviewée à son sujet par toute une tripotée de pénibles, aussi niaisement libérale qu'évidemment réactionnaire, Ovidie réussit cependant le tour de force de parvenir à émettre quelques idées d'importance notable, en zone télévisuelle. Chapeau. On retrouve la chose ci-dessous.  

                     

A message to you, Keith f *** Barr !


Forgot about all this ? 

See HERE ! and THERE !

You can support them, Vous pouvez soutenir la lutte, by giving, en donnant à la caisse de grève en ligne : https://www.lepotcommun.fr/pot/0snu1eea

Ou par chèque à l’ordre de : CNT-SO du Nettoyage, mention soutien grévistes HEMERA. 4 rue de la Martinique 75018 PARIS.


On avait dit : pas sur le physique !


Les aventures de Nino Ferrer à Sud-éducation 93


Économie


« Nous vous en prions instamment :
Ne trouvez pas naturel ce qui se produit sans cesse !
Qu'en une telle époque de confusion sanglante
De désordre institué, d'arbitraire planifié
D'humanité déshumanisée,
Rien ne soit dit naturel, afin que rien
Ne passe pour immuable. »

(Bertolt Brecht, L'exception et la règle)

« Monsieur Audin est-il là ? »


« La faculté des sciences de Paris a examiné ce matin la thèse de doctorat d'État qu'avait rédigée M. Maurice Audin, professeur à la faculté d'Alger, avant de disparaître dans des circonstances qui autorisent toutes les hypothèses. Après une soutenance symbolique le grade de docteur ès sciences mathématiques a été décerné au disparu (...)

" M. Audin est-il là ? "
- Non, a constaté au début de la séance le président du jury. Dans ces conditions, conformément aux instructions de M. le doyen, la soutenance va avoir lieu. Je donne la parole à M. de Possel, qui a dirigé les travaux de M. Audin. »

(Le Monde, 3/12/1957)


« Tendrement, je pervertis les hommes »

lundi 8 janvier 2018

Decades of the Brain (it worked, apparently)


« Now, therefore, I, George Bush, President of the United States of America, do hereby proclaim the decade beginning January 1., 1990, as the Decade of the Brain. I call upon all public officials and the people of United States to observe that decade with appropriate programs, ceremonies and activities. »

(G. Bush, Proclamation 6158, in Project on the Decade of the Brain, 17.7. 1990)

Keep on knocking

dimanche 7 janvier 2018

T'as compris ce que je t'ai dit (ou il faut que je te répète) ?


« Hablara un día »


« Esta incomprensión, que nos ha producido dolores inmensos, cercó el camino de desdichas, y no solamente veían un peligro en nosotros los fascistas, a los que tratabamos como se merecieron, sino que los que se llaman antifascistas y gritan su antifascismo hasta enroquecer. Este odio que se tejió a nuestro alrededor, dio lugar a choques dolorosos, el mayor de los cuales, por lo canallesco, hace asomar a la boca el asco y llevar las manos a apretar el fusil, tuvo lugar en plena Valencia, al disparar contra nosotros "ciertos antifascistas rojos". Entonces... ¡ bah !... entonces debimos haber acabado con lo que ahora esta haciendo la contrarevolución. 

La Historia que recoge lo bueno y lo malo que los hombres hacen, hablara un día. »

(Protestation devant les libertaires du présent et du futur sur les capitulations de 1937, par un «incontrôlé» de la colonne de fer)

***
« Cette incompréhension, qui nous a causé des peines immenses, a bordé notre chemin de malheurs ; et non seulement les fascistes, que nous traitons comme ils le méritent, ont pu voir en nous un péril, mais aussi bien ceux qui se nomment antifascistes et crient leur antifascisme jusqu'à s'enrouer. Cette haine qui fut construite autour de nous donna lieu à des affrontements douloureux, le pire de tous en ignominie, qui fait monter le dégoût à la bouche et porter la main au fusil, eut lieu en pleine ville de Valence, lorsque ouvrirent le feu sur nous d'"authentiques rouges antifascistes". Alors... bah ! alors il nous faut conclure sur ce que maintenant la contre-révolution est en train de faire.

L'Histoire qui recueille tout le bien et tout le mal que les hommes accomplissent, parlera un jour. »

(Traduction : Alice Becker-Ho et Guy Debord, Champ Libre, 1979)

« Ce monde n'est pas le tien »


Pas mieux.

James Carr dialecticien : de l'identification raciale perçue, au mieux, comme simple rupture INAUGURALE de l'isolement humain.


« Dès qu’il est en prison, les autorités font tout ce qui est en leur pouvoir pour cultiver le côté individualiste et paranoïde du détenu, pour entretenir la rivalité et la suspicion à l’aide de maigres récompenses, en répandant des fausses rumeurs, en enfermant délibérément ensemble les pires ennemis, pour qu’ils puissent respectivement se détruire, etc. La première réaction positive de la population pénitentiaire à cet enfer de haine et d’incertitude avait consisté, pour les détenus, à s’identifier chacun aux représentants de sa race, et à se définir en opposition aux autres races. Ce phénomène avait débuté, dans les prisons de Californie, vers le milieu des années 50, et avait connu son apogée au début des années 60 avec le développement, à l’extérieur, du nationalisme africain et afro-américain. Le nationalisme – formation de larges groupes sur une base raciale – avait tiré le détenu de son isolement le plus fondamental, et inauguré un processus qui lui permettait, pour le moins, de commencer à prendre conscience de ses propres rapports avec le monde extérieur. Ce qui, bien entendu, ouvrait une brèche dans le système de contrôle des autorités, et les avait amenées, tout aussi naturellement, à se rabattre sur leur seconde ligne de défense, le racisme. Toutes leurs petites intrigues et grossières manipulations passèrent du niveau individuel au plan inter-racial, avec un caractère d’autant plus frénétique ou sournois qu’elles craignaient de voir tout contrôle leur échapper. Lorsque les détenus s’étaient mis à combattre ce racisme lui-même, à San Quentin et à Soledad, le système s’était replié sur sa troisième ligne de défense : le cercle vicieux du militantisme et de la répression. Et les détenus, même lorsqu’ils eurent pleinement conscience d’être tous opposés au système, ne pouvaient se situer de façon réaliste par rapport à lui ; plutôt que de reconnaître qu’ils étaient en marge de la société, et d’étudier en termes stratégiques le développement de cette société dans son ensemble, ils se considéraient comme une classe distincte du prolétariat, ou comme son avant-garde, et adoptaient une idéologie de lutte des classes dont le seul terrain était la prison elle-même. Ils prenaient le bras du système pour son coeur. Ils se voyaient, bien sûr, constamment renforcés dans cette fallacieuse prise de conscience par l’attitude de la gauche, son fétichisme romantique du crime, sa dénonciation moralisante du système pénal, sa rhétorique de la guérilla, son culte et son exploitation des détenus martyrs (qui introduisait là l’image humiliante du prisonnier victime, de la même manière que le mouvement pour les droits civiques réduisait à ce rôle de victimes tous les Noirs – image dont ont usé et abusé, depuis trois ans, tous les pamphlétaires du milieu carcéral). L’idéologie de la guérilla réduit toutes les questions révolutionnaires à des problèmes quantitatifs de force militaire. Rien ne saurait être plus désastreux, même dehors. En prison, les résultats sont aussi horribles que déments : la mort de George Jackson et la révolte d’Attica en sont deux exemples évidents. Rien ne saurait plaire davantage aux autorités pénitentiaires les plus réactionnaires qu’un combat au finish. Les quelques militants qui sortent de la prison vivants se font généralement tuer ou arrêter à nouveau au bout de quelques mois. Ils ont été formés, par les gardiens et par la gauche, à s’attendre, à tout moment, à un combat sans merci, qu’il leur arrive, même lorsque la police ne s’en mêle pas, de provoquer volontairement. Chacun de ces militants, naturellement, est suivi à la trace et harcelé ; les flics ont l’impression d’avoir perdu un point, quand un quelconque fauteur de troubles sort de taule, et, s’ils ne vous abattent pas directement, ils vous talonnent jusqu’à ce que vous entriez dans leur jeu et vous liquidiez tout seul. La plupart des militants tombent dans ce piège. Ils demeurent aussi isolés de la société, une fois libres, que lorsqu’ils étaient en taule, et ne fréquentent guère qu’un monde de gendarmes et de voleurs (ou de "révolutionnaires"). »

(James Carr, Crève)


***

Note : un extrait plus ample de ce texte tellement important (et terrifiant) est disponible chez les camarades de Non-Fides : ICI !


Dernier jour

lundi 1 janvier 2018