mercredi 17 octobre 2018

Un bug, sûrement

Salut à la Génération irrécupérable...

Sur le front universitaire

(Le Monde, 17-10-18)

(Ça a le mérite d'être Marie-Claire)

(Madame Figaro lance son hors-série Madame Business
11 octobre 2018)

mardi 16 octobre 2018

Fusillez ça !


« L’argument décisif utilisé par le bon sens contre la liberté consiste à nous rappeler notre impuissance… Loin que nous puissions modifier notre situation, il semble que nous ne puissions pas nous changer nous-mêmes. Je ne suis libre ni d’échapper au sort de ma classe, de ma nation, de ma famille, ni même d’édifier ma puissance ou ma fortune, ni de vaincre mes appétits les plus insignifiants ou mes habitudes. Je nais ouvrier, Français, tuberculeux… etc. Bien plus qu’il ne paraît "se faire", l’homme semble "être fait" par le climat et la terre, la race et la classe, la langue, l’histoire de la collectivité dont il fait partie, l’hérédité, les circonstances individuelles de son enfance, les habitudes acquises, les grands et les petits événements de sa vie… 
Cet argument n’a jamais profondément troublé les partisans de la liberté humaine : Descartes, le premier, reconnaissait à la fois que la volonté est infinie et qu’il faut "tâcher de nous vaincre plutôt que la fortune". C’est qu’il convient de faire des distinctions : beaucoup des faits énoncés par les déterministes ne sauraient être pris en considération. Le coefficient d’adversité des choses, en particulier, ne  saurait être un argument contre notre liberté, car c’est par nous, c’est-à-dire par la position préalable d’une fin que surgit ce coefficient d’adversité. Tel rocher qui manifeste une résistance profonde si je veux le déplacer, sera, au contraire, une aide précieuse si je veux l’escalader pour contempler le paysage… Ainsi, bien que les choses brutes paraissent limiter notre liberté d’action, c’est notre liberté elle-même qui constitue le cadre, la technique et les fins par rapport auxquelles elles se manifesteront comme des limites. C’est notre liberté elle-même qui constitue les limites qu’elle rencontrera par la suite. En sorte que les résistances que la liberté dévoile dans l’existant, loin d’être un danger pour la liberté, ne font que lui permettre de surgir comme liberté. Il ne peut y avoir de sujet libre que comme engagé dans un monde résistant. En dehors de cet engagement, les notions de liberté ou de nécessité perdent jusqu’à leur sens ».

                                               (Jean-Paul Sartre, L’Être et le Néant)

samedi 13 octobre 2018

jeudi 11 octobre 2018

Entre ici sans moulin


« J'veux qu'on m'embrasse ! Et j'en ai marre qu'on prenne mon cul pour un moulin. » 

(Miou Miou aka Marie-Ange, Les valseuses, 1973)

« My poetry's deep »


« Vieillard, enfant, escroc, voyou, ange et noceur ; millionnaire, bourgeois, cactus, girafe ou corbeau ; Lâche, héros, nègre, singe, Don Juan, souteneur, lord, paysan, chasseur, industriel, faune et flore : je suis toutes les choses, tous les hommes, et tous les animaux !  » 

(Arthur Cravan, 1913)

dimanche 7 octobre 2018

Emmanuel Roberts




Traduction française :

Certains ont ce qu'il leur faut, c'est comme ça, 
et puis d'autres : que dalle,
Mais ceux-là se plaignent, 
et puis se plaignent, 
et ils se plaignent et se replaignent 
sans fin…

Certains auront du boulot,
Et puis d'autres non,
Mais ceux-là se plaignent, 
et se replaignent, 
et se replaignent, 
et se replaignent 
sans fin…

Du genre : C'est la faute à la société si je n'ai pas de boulot,
La faute à la société si je suis un ringard,
J'ai du potentiel que personne ne voit !
Filez-moi des allocs, laissez-moi être moi-même !

Hé, mec : tu vis au pays de la liberté !
Personne te donnera ta chance !
Certains doivent avoir du bien, 
et puis d'autres : que dalle, c'est comme ça !
Mais ceux-là se plaignent, 
et se replaignent, 
et se replaignent, 
se plaignent, 
sans fin…

Du genre : J'ai pas de maison, j'ai pas de voiture !
Je craque tout mon pognon à me bourrer la gueule au bistrot
Je voudrais être riche. J'ai pas de cerveau.
Faites-moi l'aumône pendant que je me plains.

Ou encore : Je veux rester au pieu et regarder la télé.
Partir en week-end dans une limousine
Et danser toute la nuit en prenant un max de came
Et me réveiller quand je voudrais !


Hé, mec, tu vis au pays de la liberté !
Personne te donnera ta chance !

Certains apprendront.
D'autres n'apprendront jamais.
Et ils se plaindront, 
et se plaindront, 
et se plaindront...
sans fin...

Traduction française 2 :

samedi 6 octobre 2018

Cadeau utile



Recommandé par

Combattre la raison instrumentale, défendre la raison critique !


Présentation de l' (excellent) éditeur : 

« Le nazisme est trop souvent présenté comme un mouvement profondément antimoderne, obsédé par un passé mythique et exaltant la communauté du sang et de la tradition culturelle. Dans ce livre, qui a fait date par son approche radicalement nouvelle, Jeffrey Herf montre au contraire qu’il a voué un culte délirant à la technologie la plus avancée. 
Pour ce faire, le grand historien américain s’est livré à une enquête approfondie sur les origines idéologiques du IIIe Reich, mettant en lumière une nébuleuse originale d’intellectuels, dont plusieurs ont marqué l’histoire des idées, comme Oswald Spengler, Ernst Jünger, Werner Sombart ou Carl Schmitt. Le point commun de ces "modernistes réactionnaires" est d’avoir fusionné certaines dimensions de la société industrielle – son mode de production et sa technologie, la rationalité instrumentale – avec la culture du nationalisme allemand, caractérisée par sa haine de la raison et de la démocratie.
Les conclusions qui se dégagent de cette passionnante enquête, qui a renouvelé l’interprétation du phénomène nazi, et jusqu’ici étonnamment restée inédite en français, sont les suivantes : d’une part, la modernité n’est pas un phénomène monolithique, qu’il faudrait accepter ou rejeter en bloc ; d’autre part, l’adhésion à la modernité technique n’est pas en soi un gage d’émancipation. »


Publié ces jours-ci par L'Échappée : 320 pages, 22 euros. Merci, camarades. Tout ça nous change un peu (sans nous en consoler tout-à-fait, comme de juste) des saloperies bi-hebdomadaires commises par les Éditions de la Fibrose, et tous ceux qui leur ressemblent. 

Banalité du mal


« À l'heure actuelle, mon avis est que le mal n'est jamais radical, qu'il est seulement extrême, et qu'il ne possède ni profondeur ni dimension démoniaque. Il peut tout envahir et ravager le monde entier précisément parce qu'il se propage comme un champignon. Il "défie la pensée", comme je l'ai dit, parce que la pensée essaie d'atteindre à la profondeur, de toucher aux racines, et du moment qu'elle s'occupe du mal, elle est frustrée parce qu'elle ne trouve rien. C'est là sa banalité. Seul le bien a de la profondeur et peut être radical. »

(Hannah Arendt, Lettre à Gershom Scholem de 1963, in Fidélité et utopie)

vendredi 5 octobre 2018

Sans déconner ?

(Le Monde, 3-10-18)

Sciences Sociales


Ci-dessus : Réactions humaines à la culture du viol et performativité queer au sein des parcs à chiens de Portland, Oregon (titre d'un des sujets acceptés par une revue scientifique de renom, victime du canular géant de Helen Pluckrose, James Lindsay et Peter Boghossian, Février 2018).

***

« Quand un homme se masturbe en pensant à une femme sans lui avoir demandé son consentement, c'est une agression sexuelle. Il existe une culture systémique du viol chez les chiens. L'astronomie est une science sexiste et pro-occidentale qui doit être remplacée par une astrologie indigène et queer. Ces thèses vous semblent loufoques, invraisemblables ? Elles le sont. Elles ont néanmoins été considérées avec le plus grand sérieux, et parfois même publiées, par des revues académiques de premier plan aux Etats-Unis, victimes de l'un des canulars universitaires les plus ambitieux jamais mis en œuvre…

Helen Pluckrose, James Lindsay et Peter Boghossian sont trois chercheurs américains, persuadés que quelque chose cloche dans certains secteurs du monde académique outre-Atlantique. "Le savoir basé de moins en moins sur le fait de trouver la vérité et de plus en plus sur le fait de s'occuper de certaines 'complaintes' est devenu établi, presque totalement dominant, au sein de [certains champs des sciences sociales]", écrivent-ils dans le magazine Areo, et les chercheurs brutalisent de plus en plus les étudiants, les administrateurs et les autres départements qui n'adhèrent pas à leur vision du monde". Se désolant de ce tournant idéologique en cours dans les facs américaines, notre trio d'universitaires établit une liste des disciplines les plus gravement touchées : il s'agit des matières communément regroupées dans l'enseignement supérieur américain sous le terme de "cultural studies" ou "identity studies", "enracinées dans la branche 'postmoderne' de la théorie qui a émergé à la fin des années soixante". On y trouve donc les fameuses "gender studies", les "queer studies" mais également la "critical race theory", les "fat studies" (sic) ou des pans entiers de la sociologie critique. Le point commun de ces branches universitaires, requalifiées en "grievance studies" (qu'on pourrait traduire par "études plaintives") ? D'après les trois chercheurs, elles produisent des travaux très souvent "corrompus" par l'idéologie, qui renoncent à toute honnêteté intellectuelle dès lors qu'il s'agit de dénoncer les oppressions de toutes sortes : sexistes, raciales, post-coloniales, homophobes, transphobes, grossophobes…

Pour prouver leur diagnostic, Pluckrose, Lindsay et Boghossian ont fait un pari simple… et drôle : pousser, dans des articles fantaisistes, la doxa qu'ils pointent dans ses retranchements les plus absurdes et voir si ces papiers seraient acceptés pour publication dans de très sérieuses revues scientifiques. Ils ont donc passé dix mois à écrire de faux "papers", un format universitaire anglo-saxon qu'on peut comparer au mémoire français. Recette commune de ces essais : "Des statistiques totalement invraisemblables, des assomptions non prouvées par les données, des analyses qualitatives idéologiquement biaisées, une éthique suspecte (...), une bêtise considérable".

Les chercheurs ont ensuite systématiquement envoyé leurs travaux bidons aux "journaux de référence dans les champs universitaires concernés". Après quasiment un an de bombardement de canulars, les trois audacieux ont été forcés d'arrêter leur expérience car un de leurs textes commençait à connaître un important écho dans la presse. Mais les 20 papers écrits ont suffi à valider la pertinence de leur thèse : pas moins de sept d'entre eux ont en effet été validés par les revues universitaires, dont quatre publiés. Sept autres sont encore en cours d'examen et seulement six ont été refusés sans ambiguïté par les universitaires chargés de les évaluer. Par quatre fois, les facétieux compères ont même été invités à eux-mêmes examiner le travail de "pairs" en récompense… de leur "savoir exemplaire".

Lorsqu'on examine le contenu de ces faux mémoires, on peine pourtant à croire que leur absurdité n'ait pas sauté à la figure des chercheurs chargés de les examiner (...). Une de leurs inventions croquignolesques a même rencontré un réel triomphe académique : dans "Réactions humaines à la culture du viol et performativité queer au sein des parcs à chiens de Portland, Oregon", nos chercheurs soutiennent qu'il existe "une rampante culture du viol canine" et qu'une "oppression systémique" frappe certaines races de chiens. Un mémoire qualifié "d'incroyablement innovant, riche en analyse, extrêmement bien écrit et organisé" par la revue Gender, Place, and Culture, qui lui a fait une place dans ses prestigieuses colonnes… et l'a même intégrée parmi ses 12 meilleures publications de l'année 2018 ! La chercheuse Helen Wilson, auteure de ce travail volontairement absurde, expliquant sa méthode de travail, y écrivait avoir "délicatement inspecté les parties génitales d'un peu moins de 10.000 chiens tout en interrogeant leurs propriétaires sur leur sexualité", mais également avoir "constaté un viol de chien par heure au parc à chiens urbain de Portland" ! Pas de quoi faire lever un sourcil aux universitaires chargés de valider son article pour publication dans une revue "de référence"…

D'autres mémoires-hoax n'ont pas eu le temps d'être publiés avant que le canular soit finalement rendu public. Mais ils ont été quasiment intégralement validés par les revues auxquelles ils ont été présentés, avec des modifications mineures. (...)

Le clou de cette fanfaronnade a été apporté par un essai présenté au magazine Sociology of Race and Ethnicity, où nos trublions prétendent "examiner de manière critique la blanchité ('whiteness', ndlr) depuis la blanchité". Pour cela, ils ont ni plus ni moins sélectionné - sans le dire - des extraits de Mein Kampf, l'infâme pamphlet antisémite d'Adolf Hitler, en y remplaçant le mot "Juifs" par "Blancs". Le paper a été rejeté mais cela ne l'a pas empêché de recevoir au préalable les éloges de plusieurs pairs universitaires. "Cet article a le potentiel pour être une contribution puissante et particulière à la littérature traitant des mécanismes qui renforcent l'adhésion blanche à des perspectives suprémacistes blanches, et au processus par lequel des individus peuvent atteindre des niveaux plus profonds de conscience sociale et raciale", écrit ainsi un chercheur enthousiaste, qui n'objecte que "des révisions concernant la précision, la clarté, l'expression d'assertions et des exemples concrets" et complimente ainsi sans le savoir une resucée de Mein Kampf.

(...) Le tableau final est implacable pour tout un pan du monde universitaire anglo-saxon : "Il y a un problème de production du savoir au sein de champs qui ont été corrompus par les 'grievance studies' nées du socio-constructivisme et du scepticisme radical. Parmi les problèmes, il y a la manière dont des sujets comme la race, le genre, la sexualité, la société et la culture sont traités par la recherche". C'est donc bien un nouvel obscurantisme que les chercheurs décrivent, une idéologie qui "rejette l'idée d'universalité scientifique et d'objectivité et insiste, pour des raisons morales, sur la nécessité d'accepter la notion de vérités multiples basées sur l'identité". »

(Marianne, 4-10-2018)

Ah, les compteurs intelligents !


Merci qui ?
- Merci Linky !

Jeunes gens modernes


French police working

mercredi 3 octobre 2018

Le con des Saints

Ci-dessus : gros vendeur, Gaule, 2018.

dimanche 30 septembre 2018

Hustler white


Check your bat-privilege !


samedi 29 septembre 2018

C'est samedi, wesh

Dispositif intellectuel structurellement offensif universaliste-blanc à dominante patriarcale hétérosexiste cis-genre (coloniale négrophobe)


Services express de déconstruction intersectionnelle 24 h/24 : 
contacter les universités de l'État français
ou, à défaut, tout autre organe idéologique de la gauche molle ou dure 
(PCF, LFI, Bourses du Travail, Maisons d'éditions libertaires et ultra-gauche, etc)

lundi 24 septembre 2018

À nos amis


mercredi 19 septembre 2018

Modèle social (et surtout la santé)


Régime de crise

Charb


Aux nains structuralistes-transcendantaux


« Vous ne pouvez pas me critiquer comme vous critiquez des gens du XVIIIème siècle et qui ignoreraient tout de la question. Ce que vous nous avez dit sur la détermination, nous le savons depuis longtemps. Le véritable problème, pour nous, c'est de définir à quelles conditions il y a universalité. Puisqu'il n'y a pas de nature humaine, comment conserver, dans une histoire qui change constamment, assez de principes universels pour pouvoir interpréter, par exemple, le phénomène de Spartacus, ce qui suppose un minimum de compréhension de l'époque ? »

(Jean-Paul Sartre, L'existentialisme est un humanisme)

dimanche 16 septembre 2018

Cosmopolites et fiers

vendredi 14 septembre 2018

Poisson soluble

Worldwide


jeudi 13 septembre 2018

Monde d'avant


Le monde d'avant, 
quoi qu'il advienne, nous reviendra.
La puissance est dans nos mains, 
alors écoute ce refrain.

Y a pas que Wim Wenders dans la vie !


Les ailes du désir


mercredi 12 septembre 2018

Le saviez-vous ?

Le nombre de muscles dans le corps humain est compris entre 640 et 850. Votre langue est un muscle. Il faut environ 72 muscles pour parler, 17 muscles pour sourire et 43 pour manifester notre mécontentement.


mardi 11 septembre 2018

מצפן (La boussole)


« Pour les survivants que nous sommes à plus d'un titre, y  compris en tant que survivants du "trotskysme", il nous faut repenser la situation à l'aide de la boussole qui nous reste : le marxisme. »

(Pierre Naville, Grâces leur soient rendues)

Spéciale dédicace au (camarade) Vilbidon


« Une serrure, y faut que ça mouille. 
C'est comme tous les orifices. »

(Gérard Depardieu, Tenue de soirée, 1986)

samedi 8 septembre 2018

vendredi 7 septembre 2018

Sans sommation

244 pages, vingt boules.

« Miguel Abensour aura été le passeur qui a permis la lecture en France des livres majeurs de Adorno et Horkheimer. Il a fondé sa collection Critique de la politique, en 1974, au retour d’un voyage aux États-Unis lors duquel il a découvert, dans un ébranlement complet, les livres de la première École de Francfort. Son enthousiasme pour la tâche philosophique théorico-pratique de ce qu’il préférait nommer le "cercle" plutôt que l’"École" de Francfort n’a guère été partagé par les philosophes français qui étaient ses contemporains. À cette solitude philosophique envisagée d’emblée comme un défi, s’est ajouté l’isolement dans lequel a été maintenue sa lecture du jeune Marx. Sa complicité profonde avec l’interprétation du marxisme utopique par Maximilien Rubel et Louis Janover a creusé souterrainement et de manière inexorable les sillons d’une nouvelle solitude dans une époque dévouée à la lecture althussérienne de Marx et dominée par la relégation du jeune Marx du côté des naïvetés présumées de l’utopie et de l’humanisme. »

(extrait de la présentation de l'éditeur)

Signalons, tant qu'on y est, le très intéressant volume n°1 de Prismes, Théorie critique, paru début 2018 aux éditions Sens et Tonka. Abensour en assuma la direction puis mourut, ce qui fait qu'on ne reprit pas des nouilles, à l'époque. Un de ses (derniers ?) articles y figure, passionnant et, comme toujours, trop court, intitulé : La radicalité contre le progressisme. Rousseau Adorno

mercredi 5 septembre 2018

La meilleure nouvelle de la semaine


Il peut parfois être dangereux d'occuper militairement un territoire préalablement envahi et meurtri à coups de bombes, de massacres de masse, de viols, d'exactions barbares en tout genre. Au début, certes, dans l'euphorie de la victoire, on fait le malin. On parade, on pille, on instaure la charia à usage de filles indigènes ayant trop longtemps jusqu'ici vécu comme des putes. On expulse, aussi, on lynche, on épure ethniquement, et tout semble aller comme sur des roulettes. On dirait le Sud, comme dirait l'autre. On pourrait vivre comme ça plus d'un million d'années, et toujours en été. Sauf que non, en fait. L'automne vient immanquablement - c'est moche - précédant le grand hiver transcendantal de l'oppression. Et bientôt, insensiblement, les choses se gâtent. Dieu-tout-puissant étant parfois impénétrable à défaut d'être incontestable, il lui prend souvent de rappeler à lui, de manière précoce, certains de ses serviteurs les plus zélés, à qui la veille encore, insolemment, tout réussissait et souriait. M. Ahmad Samir Brier (voir la photo ci-dessus) était l'un de ceux-là. Il était commandant de la soi-disant 23ème division, composante djihadiste (parmi tant d'autres) de la soi-disant Armée Syrienne Libre, collectif de supplétifs islamistes armés, financés, soutenus à bout de bras par l'islamiste modéré Erdogan. M. Ahmad Samir Brier s'est fait réduire en poudre, lundi 3 septembre en fin de soirée, avec 15 de ses hommes, par des partisans kurdes des YPG qui menaient une opération autour du village de Taranda, région d'Afrin. Le même jour, lesdits YPG s'en sont également pris, avec un certain succès (voir la vidéo ci-dessous) à une base du Front du Levant, autre organisation salafiste occupant le territoire kurde, dans le secteur de Khalta. Les estimations des pertes turques et pro-turques varient, là, entre quatre et six combattants. Pour le seul mois d'août, les troupes occupantes auraient ainsi perdu environ 60 de leurs membres, à la faveur de 18 opérations, selon les YPG. À en croire le (plus crédible) Observatoire Syrien des Droits de l'Homme, ce sont 112 mercenaires islamistes et soldats turcs qui ont été tués à Afrin depuis leur victoire de Mars. Il y a décidément des victoires qui sentent le sapin. Nous souhaitons à M. Ahmad Samir Brier une joyeuse entrée en Paradis. Il la mérite, comme tous ceux qui lui ressemblent.

mardi 4 septembre 2018

Tic tac


lundi 3 septembre 2018

Comme un lundi matin

(Source : ministère de l'éducation nationale)

Circuit de la récompense


« Kant n'a rien eu qui puisse servir de détermination pour le devoir (car la question abstraite est : qu'est-ce qui est devoir pour la volonté libre), sinon la forme de l'identité, du ne-pas-se-contredire : ce qui est posé par l'entendement abstrait. La défense de la patrie, la félicité d'autrui sont des devoirs non pas en raison de leur contenu, mais parce qu'ils sont des devoirs, de même que chez les stoïciens le pensé est vrai parce que et pour autant qu'il est pensé. La loi de la moralité est la bienfaisance ("Donnez vos biens aux pauvres") ; si tous font don de ce qu'ils ont, la bienfaisance est supprimée. Avec l'identité on n'avance pas d'un pas. Dieu est Dieu, tout contenu mis dans cette forme est sans se contredire. Mais cela revient à ne pas l'y introduire du tout ; soit l'exemple de la propriété : relativement à mon action elle doit être respectée ; mais elle peut aussi faire entièrement défaut (aucune propriété), la détermination peut faire entièrement défaut. À l'égard de la propriété, la loi est : la propriété doit être respectée ; car le contraire ne peut être loi universelle. Cela est exact. Mais la propriété est présupposée ; si elle n'existe pas, elle n'est pas respectée, si elle existe, elle l'est. Si je ne présuppose aucune propriété, il n'y a dans le vol aucune contradiction ; c'est une détermination entièrement formelle. Tel est le défaut du principe kantiano-fichtéen : il est simplement formel. Le froid devoir est le dernier morceau resté sur l'estomac, la révélation donnée à la raison. »

(G.-W.-F Hegel, Leçons sur l'histoire de la philosophie

Ha ha ha


samedi 1 septembre 2018

mercredi 29 août 2018

Phoque the police


Freud avec les homosexuels (et contre les curés)


« La psychanalyse n’est pas appelée à résoudre le problème de l’homosexualité. Elle doit se contenter de dévoiler les mécanismes psychiques qui ont conduit à la décision dans le choix d’objet.... Elle est sur le même terrain que la biologie en ceci qu’elle prend comme hypothèse une bisexualité originaire de l’individu humain (et animal). Quant à l’essence de ce que, au sens conventionnel ou au sens biologique, on nomme "masculin" et "féminin", la psychanalyse ne peut l’élucider ; elle reprend à son compte les deux concepts et les met à la base de ses travaux. Si l’on tente de les ramener à des principes plus originaires, la masculinité se volatilise en activité et la féminité en passivité, ce qui est trop peu. »

(Freud, La psychogénèse d’un cas d’homosexualité féminine, 1920)

***

« La psychanalyse se refuse absolument à admettre que les homosexuels constituent un groupe ayant des caractères particuliers, que l’on pourrait séparer de ceux des autres individus.... Pour la psychanalyse, le choix de l’objet, indépendamment du sexe de l’objet, l’attachement égal à des objets masculins et féminins tels qu’ils se retrouvent dans l’enfance de l’homme, aussi bien que dans celle des peuples, paraît être l’état primitif, et ce n’est que par des limitations subies tantôt dans un sens tantôt dans l’autre, que cet état se développe en sexualité normale ou en inversion.» 

(Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle, 1905)

***

« L’homosexuel ne relève pas du tribunal et j’ai même la ferme conviction que les homosexuels ne doivent pas être traités comme des gens malades, car une orientation sexuelle perverse n’est pas une maladie. Cela ne nous obligerait-il pas, en effet, à caractériser comme malades de nombreux grands penseurs et savants que nous admirons précisément en raison de leur santé mentale ? »

(Freud, réponse au journal die Zeit, qui lui demandait son avis quant aux soucis judiciaires alors rencontrés, pour motifs d'homosexualité, par une haute personnalité viennoise, 1903).

***

Last but not least, la lettre reproduite ci-dessous est assez célèbre. Freud y éconduit, en termes polis et bourgeois, comme à son ordinaire, une mère de famille yankee et straight, désespérée que son grand garçon les préfère (les garçons). La malheureuse aurait-elle raté quelque chose dans son éducation ? Sans doute, mais comment en être sûr ? Heureusement, tout étant dans la tête (et réciproquement), la psychanalyse, cette science nouvelle de la tête, surgie depuis peu à la surface de notre Terre, que Dieu fit (et avouez que les choses sont tout de même bien faites) représenterait peut-être ce miracle d'espérance auquel l'adorable maman mériterait de s'abandonner dans les transes : la réponse, en somme, à tous ses problèmes. La gugusse contacte Freud en urgence. Elle a du blé. Elle paiera tout ce que le docteur exigera. Du moment qu'il accepte de soigner son pédé de fils, qu'il accepte de le faire redevenir normal. Voilà la réponse de l'excellent maestro-trichien :

« Vienne IX, Berggasse 19, le 9 avril 1935.

Dear Mrs X,

Je crois comprendre d’après votre lettre que votre fils est homosexuel. J’ai été frappé du fait que vous ne mentionnez pas vous-même ce terme dans les informations que vous me donnez à son sujet. Puis-je vous demander pourquoi vous l’évitez ? L’homosexualité n’est évidemment pas un avantage, mais il n’y a là rien dont on doive avoir honte, ce n’est ni un vice, ni un avilissement et on ne saurait la qualifier de maladie ; nous la considérons comme une variation de la fonction sexuelle, provoquée par un certain arrêt du développement sexuel. Plusieurs individus, hautement respectables, des temps anciens et modernes ont été homosexuels et, parmi eux, on trouve quelques-uns des plus grands hommes (Platon, Michel-Ange, Léonard de Vinci, etc.). C’est une grande injustice de persécuter l’homosexualité comme un crime – et c’est aussi une cruauté. Si vous ne me croyez pas, lisez les livres d’Havelock Ellis.

En me demandant s’il m’est possible de vous venir en aide, vous voulez sans doute demander si je puis supprimer l’homosexualité et faire qu’une hétérosexualité normale la remplace. La réponse est que, d’une manière générale, nous ne pouvons promettre d’y arriver. Dans un certain nombre de cas, nous parvenons à développer les germes étiolés des tendances hétérosexuelles qui existent chez tout homosexuel ; dans la plupart des cas, la chose n’est plus possible. Tout dépend de la nature et de l’âge du sujet. Le résultat du traitement reste imprévisible.

Ce que la psychanalyse peut faire pour votre fils se situe à un niveau différent. S’il est malheureux, névrosé, déchiré par des conflits, inhibé dans sa vie sociale, alors la psychanalyse peut lui apporter l’harmonie, la paix de l’esprit, une pleine activité, qu’il demeure homosexuel ou qu’il change.

Si vous vous décidez à le faire analyser par moi – et je ne pense pas que vous le voudrez – il serait obligé de venir à Vienne que je n’ai pas l’intention de quitter. Ne négligez pas, de toute façon, de me faire parvenir votre réponse.
Bien sincèrement à vous et avec mes meilleurs vœux.

Freud. 

P.-S. – Je n’ai eu aucune difficulté à lire votre écriture. J’espère qu’il ne vous sera pas plus difficile de lire la mienne et mon anglais. »

 (La même, sous un autre angle)

mardi 28 août 2018

Faouzia Charfi



Nos lectrices et lecteurs auront rectifié d'elles-mêmes, d'eux-mêmes, la formule fautive (par pure distraction) de Mme Faouzia Charfi à 2'52 environ. C'est évidemment la lumière «qui ne pouvait être dite avoir une vitesse finie», etc.

lundi 27 août 2018

En psychiatrie


(Le Monde, 27-08-2018)


samedi 25 août 2018

La Nature est bien faite


Le « progressisme » libéral est en réalité un régressisme. Le libéralisme mobilise en effet par essence toutes les ressources animales de l'individu, ressources imparfaitement recouvertes d'un vernis de culture que, par ailleurs, le libéralisme revendique aussi, et prétend contradictoirement, dans le même mouvement violemment affirmatif, imposer comme norme universelle d'être et de comportement. Il suffit de subir visuellement, quelques malheureuses secondes, une publicité pour une voiture, une montre ou un pot de yaourt, pour comprendre cette mobilisation naturelle régressiste et animale propre au libéralisme. Le libéralisme fantasme un monde peuplé d'enfants et d'animaux, dont les désirs élémentaires feraient loi, et dont - en particulier - les besoins impérieux de domination violente exercée sur tout concurrent potentiel doivent être laissés libres, non-réprimés dans leur expression. C'est ainsi que le libéralisme, par cette apologie permanente de la naturalité, de la violence infantile et animale, nourrit par essence les régressions mythologiques, et notamment fascistes. L'esprit humain est ainsi fait qu'il cherche ensemble des causes ultimes et des explications à ses misères. La religion, par exemple, apaise l'esprit humain confronté à ces souffrances absurdes que constituent la vieillesse, la maladie, la mort, les catastrophes. Sans l'explication, sans la cause ultime posant en Dieu une volonté subjective projetée dans les cieux, volonté subjective déterminant, par ses caprices de pouffe, la survenue desdites catastrophes, l'assomption de ces dernières serait impossible. On doit pouvoir expliquer le mal qui nous arrive. Il doit y avoir une raison. La raison, c'est que Dieu est en colère contre toi. Parfait. Je peux m'organiser, dès lors, pour anticiper, adoucir, prévenir, contrecarrer, amadouer cette colère. Le procès est toujours le même. Une stratégie (rationnelle) se trouve édifiée sur de l'irrationnel pur. Une raison se trouve accouchée par la déraison absolue, le mythe. Les périodes de crise, de bouleversement général de valeurs sont évidemment propices à l'accélération ou l'intensification du procès en question. Or, l'anarchie de la production capitaliste, et la catastrophe humaine quotidienne qu'elle induit, pousse invinciblement l'esprit - comme indiqué plus haut - à chercher des causes et des explications satisfaisantes. C'est ainsi que les crises du capitalisme (lesquelles lui sont consubstantielles) portent en elles les solutions mythologiques et fascistes. Nous nous sommes expliqués là-dessus autrefois, en étudiant un cas particulier d'expression du racisme de masse en France. Le racisme est une pathologie socialement induite par la tendance foncièrement régressiste du progressisme libéral. Le racisme est la production irrationnelle nécessaire d'un système économique fondée en droit sur la Raison et, dans les faits, irrationnel. 

Le petit film visible ci-dessus comporte donc, dans sa vérité nue, un défaut majeur, au plan métaphorique. Il extériorise en effet Nature et Culture, Enfant et Chat. Or, Nature et Culture marchent, en réalité, ensemble, constituant le même être. La société bourgeoise mobilise en permanence, dans le psychisme des mêmes individus, des forces pulsionnelles archaïques et profondes à fin de police civilisatrice. Autrement dit, la source du sur-moi libéral des individus n'est à chercher, le plus clairement du monde, que dans le déchaînement célébré des forces du Ça, comme disaient Groddeck puis Freud. C'est ainsi que le fascisme triomphe à l'occasion du libéralisme lui-même, lequel s'efface in fine par nature devant des forces pulsionnelles simplement censées, à l'origine, étayer instrumentalement ses prétentions totales.  

Nous ne sommes ainsi ni pour l'enfant ni pour le chat. Nous sommes pour que l'enfant cesse d'être enfant, c'est-à-dire cesse dans la mesure du possible de vouloir dominer et battre le chat. Nous sommes pour que l'enfant comprenne, au fond, qu'il porte en lui, à titre d'animal rationnel, cette envie essentielle, irréductible de «vouloir détruire autour de moi tout ce qui m'empêche d'être le Maître» (Schiller, Les Brigands). Le comprendre serait déjà le suspendre. De toute façon, c'est ça ou le coup de patte dans ta gueule. 

Joyce Mansour, étrange demoiselle


« Les machinations aveugles de tes mains
Sur mes seins frissonnants
Les mouvements lents de ta langue paralysée
Dans mes oreilles pathétiques
Toute ma beauté noyée dans tes yeux sans prunelles 
La mort dans ton ventre qui mange ma cervelle
Tout ceci fait de moi une étrange demoiselle. » 

(Joyce Mansour, Cris)

Des nouvelles des camarades en première ligne sur le front des luttes et des résistances populaires pour la vérité et la justice (jusqu'à la mort)

 Bet awards, lately

« Selon nos informations, Rokhaya Diallo va intégrer l’émission 24 H Pujadas sur LCI. Toutes les semaines, elle débattra sur des sujets d’actualité politique et sociale avec les invités et les autres chroniqueurs. La journaliste et militante, également auteure et réalisatrice, avait annoncé son départ de Touche pas à mon poste (Cyril Hanouna) le 20 août dernier. Toujours à la télévision, Rokhaya Diallo qui coanimait déjà une émission sur la chaîne BET (Black Entertainment Television) en France, va avoir son propre programme. Il s’agira d’une série d’entretiens qui sera lancée à la mi-septembre. En radio, elle continuera de faire partie de l’émission de Marc-Olivier Fogiel On refait le monde sur RTL. Elle devrait également rejoindre Binge Audio, le réseau de podcast nouvelle génération. »

(20 minutes, 22-08-18)

Red till dead

vendredi 24 août 2018

jeudi 23 août 2018

Rap de droite


Le rap de droite a, en France, incontestablement gagné la partie. À coup de millions d'albums vendus, il éduque autant de jeunes esprits, dresse des générations d'enfants sans père entièrement pris en charge - en lieu et place - par l'industrie culturelle impersonnelle, formant ceux-ci au creuset des plus saines valeurs familiales, patriarcales, entrepreunariales, homophobes, racialistes, religieuses, sexistes, conformistes. Le rap de droite s'ajoute ainsi pour nous, s'additionne parfaitement, quantitativement, aux millions de vue quotidiennes des vidéos de propagande des Soral, Papacito, Raptor Dissident, Bassem Braiki et autres ennemis mortels. Que pèse objectivement, face à ce déferlement, la moindre espérance d'intelligence critique ? Peau de balle, voilà ce qu'elle pèse, pour l'heure. Voilà l'état du rapport de force. Le rap de droite, dominant dans ses codes, dans son analphabétisme triomphant, dans sa célébration constante du cynisme et de la force brute prédatrice, se voit tendanciellement épaulé, doublé spontanément, d'un rap d'extrême-droite (type Médine) dont les ravages opérés sur les consciences sont jusqu'ici à peine moins terrifiants. Mais la victoire totale, l'hégémonie culturelle complète du rap de droite se mesurent surtout au fait que l'extrême-gauche actuelle, dans son immense majorité, choisit (au départ par pur opportunisme ordinaire de dragouillage de prole, puis, semble-t-il, par conviction esthétique et politique profonde), de s'aligner inconditionnellement sur ses injonctions et mots d'ordre les plus pathétiques. C'est ainsi que les chefs d'entreprise millionaires macroniens Booba et Kaaris se trouvèrent défendus, ces temps derniers, par tous les sous-médias de cette engeance, en qualités, par exemple, de Noirs victimes du racisme structurel, de musulmans opprimés, d'indigènes martyrisés, et gna et gna et gna. Combien faudra-t-il leur répéter, à tous ces cons, à tous ces veaux, que la victoire du fascisme en France, sa victoire quotidienne, certes hélas ! irréfutable, se construit d'abord dans les têtes grâce aux morceaux de gens de ce type ? Combien de fois faudra-t-il leur rappeler que les beaufs de Sexion d'Assaut (rien que le nom, bordel !) - gros vendeurs énormes et prescripteurs massifs de tendance cools - prônent tranquillement à l'occasion dans leurs textes la castration des pédés, la stigmatisation des koufars, des filles de mauvaise vie, etc, cependant que d'autres, tellement d'autres, crucifient joyeusement les athées, combattent le droit à l'avortement libre, et balancent toutes sortes de saloperies polymorphes annexes, entre deux louanges adressées au capitalisme le plus disruptif ? Jul, un camarade ? Booba, un pote victime de la Blanchité transcendantale ? Médine, le nouveau sujet révolutionnaire ?

Dégagez de notre chemin, imbéciles. Lâchez-nous, enfin ! avec votre culpabilité de petits-bourgeois blancs déconstructeurs insupportables, qui voudrait se faire passer pour le nec plus ultra de la critique sociale. Vous n'êtes des radicaux que dans vos rêves, qui sont laids, vous n'êtes ni des anarchistes ni des communistes ni des féministes ni rien, ou alors très peu de choses. Vous ne pensez plus. Et vous serez bientôt de ce fait (et ce sera déjà ça : ce sera heureux dans la catastrophe) balayés de la scène historique par beaucoup plus méchant et substantiel que vous. Un truc qui vient, vous vous rappelez ? Non ? Dommage. Parce que lui, il vient vraiment.

Héros du peuple 
(tous les détails sur Parisleftinfos

mardi 21 août 2018

Roxanne


On était bien jeunes, à l'époque, et tellement cons (pis on buvait beaucoup aussi, faut dire, sans parler du reste, à savoir qu'on avait beaucoup de mauvaises lectures encore plus obscurantistes et confusionnistes qu'aujourd'hui) que la première fois qu'on a écouté, puis ré-écouté la chose ci-dessus, transmise par un copain vicieux sur K7, on a cru mordicus comme le journal - un paquet de temps - que c'était là un mec qui rappait, avec ses potes déchirés, juste. Hé oui, le sexe des anges avait encore frappé ! À notre décharge, tapez-vous l'incroyable Jump des Kriss Kross de la même période (pas le journal), et vous pourrez peut-être comprendre notre moment d'égarement. C'est d'enfance prolongée qu'il s'agit, en l'occurrence, et d'indétermination temporelle ou chronologique : pas de genre. Nous sommes freudiens, nous ne croyons que peu à cette histoire de genre. En plus, à l'époque, on venait de découvrir les Béruriers Noir. C'est dire si le rap passait au deuxième plan en termes de concentration, et qu'on avait, en 1992, d'autres motifs de sidération tout neufs. Ça empêche pas que Roxanne ait jamais été remplacée, en tant que Queen autogérée par nous autres.

El surin adentro las ratiches

Besos à Beti et à todo València !

Nouveau coup dur pour la famille royale et l'État espagnol, qui n'avaient franchement pas besoin de cela ! Selon notre envoyée espéciale sur place, la communauté Valencienne aurait en effet unilatéralement déclaré, ce jour, dans la soirée et l'idiome qui lui est propre, son indépendance totale vis-à-vis de la Couronne, pour des motifs restant actuellement obscurs. Cependant, selon les premières images dont nous disposons (voir la vidéo ci-dessus), les insurgées disposeraient déjà de ce qui suffit à n'importe quel État ordinaire pour se perpétuer au-delà d'une petite semaine, à savoir un hymne national (nous changeant un peu, à dire vrai, d'Els Segadors, quoique le thème de la moisson y soit aussi présent, d'une certaine façon) et d'une Ministre de l'Intérieur - guerre à la drogue oblige ! - ainsi, bien entendu, que d'une Ministre de la Culture, voire de l'Agriculture Biologique (travaillant toutes deux apparemment en étroite liaison, certains observateurs parlant même là d'une forme de joint-venture). Emmanuel Macron et Angela Merkel semblent hésiter quant à un éventuel soutien. Manuel Valls, lui, a déjà, depuis Barcelone, proposé ses services de médiation militaire. Le sang coulera-t-il dans les rues de Valence ? Une histoire à suivre, donc. Pa' Mi Peich...

dimanche 19 août 2018

Yo no necesito poder

samedi 18 août 2018

The stalinist transcendantal "Franky Four Fingers" syndrome

Above (right) : Georges Marchais, visiting Finsbury Park, lately.

« Nous ne déclarerons jamais la guerre à la religion. Nous disons aux chrétiens : vous avez votre foi ; nous la respectons et nous la respecterons, dans la France socialiste pour laquelle nous luttons. »

(Georges Marchais, Lyon, Palais des sports, 10 juin 1976)

Actualité de Roland Simon

vendredi 17 août 2018

Lieutenant Masson (promotion 1996)



De bien belles années, en somme. On n'abandonnait alors aux indigènes ni la virilité quotidienne, ni l'intelligence stratégique. Et quant à l'intelligence tout court, disons qu'on la partageait davantage. Le partage, c'est fondamental.  

Tous ceux-là (pour le travail de tous les jours)


« Tous ceux qui, de point en point dans notre histoire, ont essayé de contourner cette volonté de vérité et de la remettre en question contre la vérité, là justement où la vérité entreprend de justifier l'interdit et de définir la folie, tous ceux-là, de Nietzsche à Artaud et à Bataille, doivent maintenant nous servir de signes, hautains sans doute, pour le travail de tous les jours. »

(Michel Foucault, L'ordre du discours)

mercredi 15 août 2018

Flor del fango


Barcelone, 
Des pavés, du soleil, des visages 
Un été plein d'images 
Et de fleurs.

(Boris Vian, Barcelone