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mercredi 27 août 2025

Quartiers Nord


Soso Maness en avait fait l'introduction de son morceau Mistral, en 2020. À l'origine, cette chanson avait été produite en 1982, dans la perspective de la prochaine Marche de l'égalité, par les enfants du collège Albert Camus et leur professeur de musique. 
Aux dernières nouvelles, le collège Albert Camus serait devenu une école de police. 
C'est ce qu'on appelle la continuité pédagogique.

mercredi 22 février 2023

Tout ça, c'est la faute à l'OTAN ! (épisode 666)

(«Et d'ailleurs, selon nos services de renseignements, Pierre Palmade en personne s'apprêtait à rejoindre ces jours-ci les parachutistes du régime néo-nazi de Kiev, équipés d'armes biologiques et nucléaires. Heureusement, le GRU, le FSB, ainsi que le SGUEG ont fait le nécessaire...»)

«Les occidentaux ne cessent d’attaquer notre culture, l’Eglise orthodoxe russe et les autres organisations religieuses traditionnelles de notre pays. Regardez ce qu’ils font à leurs propres peuples : la destruction de l’identité culturelle et nationale de la famille, l’abus d’enfants jusqu’à la pédophilie sont déclarés la norme, la norme de leur vie. Mais j’aimerais leur dire, eh bien ! regardez, excusez-moi... [sic] : les Saintes Ecritures ! Et les livres principaux de toutes les autres religions du monde ! Elles disent tout, ces Saintes écritures, y compris que la famille est une union entre un homme et une femme ! (...). Des millions de gens en Occident comprennent néanmoins qu’on les mène à cette catastrophe spirituelle. Les élites deviennent folles et ça devient un problème intraitable en termes de médecine. Mais nous devons protéger nos enfants.»
(Vladimir Poutine, «discours à la nation russe», 21-02-23)

mercredi 24 août 2022

En toute innocence

≪Parce que c'est notre projeeeet !≫

≪Longtemps, l'enfance a représenté l'autre de la société capitaliste, son contraire : le jeu plutôt que le travail, la dépense plutôt que l'épargne, l'immédiat plutôt que l'attente, la jouissance plutôt que la renonciation, le désordre heureux plutôt que la construction patiente, le désir plutôt que l'ascèse, l'émotion plutôt que la froide rationalité, le babil spontané plutôt que le langage structuré, la séduction plutôt que l'effort, le gribouillage enthousiaste plutôt que la perspective construite... Les enfants étaient éduqués brutalement aux valeurs de la société ; "rester enfant" était incompatible avec une participation à la vie collective. "L'humanité dut se soumettre à des épreuves terribles avant que le moi, nature identique, tenace, virile de l'homme fût élaborée et chaque enfance est encore un peu la répétition de ces épreuves" écrivirent Horkheimer et Adorno dans leurs travaux sur la généalogie de l'homme occidental. Au cours du XXème siècle, les choses ont beaucoup changé : la critique du mode de vie capitaliste a souvent pris la forme d'une exaltation de l'enfance, surtout dans le monde artistique. Aujourd'hui, ce sont les valeurs de l'enfance (ou présentées comme telles) qui font marcher le capitalisme, et en particulier ses secteurs de pointe. Le parfait sujet capitaliste se comporte souvent comme un enfant ─ pour ce qui relève de la consommation, mais parfois aussi de la gestion des choses (ainsi, dans les bourses financières, l'horizon temporel est extrêmement raccourci et les comportements erratiques sont fréquents). Avant, on pouvait accuser le capitalisme de brimer l'enfant présent en chacun de nous ; aujourd'hui, il faudrait plutôt l'accuser de nous infantiliser. Plutôt que de parler d'une "disparition de l'enfance", comme le fit le théoricien des médias Neil Postman, on peut dire qu'il "n'y a nulle part d'accès à l'âge adulte", comme le constatait déjà Guy Debord en 1961 [Critique de la séparation].

Genre en mode on kiffe, quoi...

Plus une société a "progressé", plus elle montre des traits infantiles ─ c'est l'impression que les États-Unis donnent à beaucoup d'observateurs. C'est ce dont témoignent, pour reprendre un exemple déjà évoqué, le goût pour le sucré et la "junk food", aux dépens des aliments amers et/ou subtils, comme certains vins traditionnels (remplacés par des vins au goût de pêche ou de vanille) et certains fromages artisanaux (parfois interdits pour des raisons "hygiéniques") ; l'importance diminuée, dans presque tous les processus productifs, de la force physique, de l'habileté et de l'expérience, sur lesquels se fondaient l'artisanat et l'agriculture, tandis qu'un enfant de huit ans peut être un "génie de l'informatique" ; la préférence donnée aux images sur la parole ; le rôle désormais presque nul de la mémoire individuelle face aux supports mnésiques extérieurs ; le poids très accru des enfants à l'intérieur de la famille, où ils peuvent notamment influencer les décisions d'achat. Auparavant, la vie était un long apprentissage, même après avoir atteint l'âge adulte. Toute capacité était acquise au prix d'un parcours exigeant dont on ne pouvait sauter les étapes, lesquelles demandaient surtout de la pratique et du temps. Les progrès technologiques, tout en se fondant sur des procédures complexes ─ mais cachées, et que l'utilisateur n'a pas besoin de connaître ─, permettent de simplifier chaque acte et de brûler les étapes. La lente formation d'une personnalité via la valorisation du "caractère", du "bon sens", de "l'expérience", de "la pensée à long terme" ou de la "patience" n'est plus requise. Grandir n'amène plus guère d'avantages. Il ne s'agit plus d'entrer graduellement dans le monde fascinant, et auparavant inaccessible, des adultes. Devenir adulte ne signifie plus gagner en autonomie et mieux comprendre les mystères du monde, ni acquérir des droits supplémentaires qui compensent en quelque manière la perte des privilèges de l'enfance. Un enfant, et a fortiori un adolescent, a aujourd'hui peu de raisons de vouloir grandir. Cette absence conjointe de l'enfance et de l'âge adulte a mis à mal un aspect central de l'existence humaine : l'expérience.

(Anselm Jappe, La société autophage)

***

Note du Moine Bleu : Texte pertinent, mais insuffisamment explicite dans sa critique de l'infantilisation massifiée des sociétés contemporaines, et, en particulier, l'exposition de son caractère dynamique-libidinal, lequel désigne la vérité politique d'une telle infantilisation, savoir : le basculement tendanciel de l'irrationalité libérale en fascisme ouvert
Voir, sur ce point, nos analyses antérieures : ici et là.   

mardi 17 août 2021

mardi 16 février 2021

Fallait y penser avant, bolosse !

«Ma compagne et moi, dans notre égoïsme, avions condamné notre enfant à vivre sur une planète dystopique et je ne voyais aucune façon de la protéger du futur. "Je suis désolé", lui dis-je en pleurant, alors que ses doigts minuscules agrippaient les miens. "Je suis désolé que tu aies à vivre dans ce monde en ruines"».


(Roy Scranton, «Raising a Daughter in a Doomed World», 
in We're Doomed. Now What ?, 2018) 

dimanche 7 février 2021

Don't panic...

 


samedi 30 janvier 2021

Despentes (avant)

«La maternité est devenue l'aspect le plus glorifié de la condition féminine. C'est aussi, en Occident, le domaine dans lequel le pouvoir de la femme s'est le plus accru. Ce qui est vrai depuis longtemps à propos des filles, cette emprise totale de la mère, l'est devenu à propos des fils. La maman sait ce qui est bon pour son enfant, on nous le répète sur tous les tons, elle porterait intrinsèquement en elle ce pouvoir stupéfiant. Réplique domestique de ce qui s'organise dans le collectif : l'Etat toujours plus surveillant sait mieux que nous ce que nous devons manger, boire, fumer, ingérer, ce que nous sommes aptes à regarder, lire, comprendre, comment nous devons nous déplacer, dépenser notre argent, nous distraire. Quand Sarkozy réclame la police dans l'école, ou Royal l'armée dans les quartiers, ça n'est pas une figure virile de la Loi qu'ils reproduisent chez les enfants, mais la prolongation du pouvoir absolu de la mère. Elle seule sait punir, encadrer, tenir les enfants en état de nourrissage prolongé. Un Etat qui se projette en mère toute-puissante est un Etat fascisant. Le citoyen d'une dictature revient au stade du bébé. Langé, nourri et tenu au berceau par une force omniprésente, qui sait tout, qui peut tout, a tous les droits sur lui, pour son propre bien. L'individu est débarrassé de son autonomie, de sa faculté de se tromper, de se mettre en danger. C'est ce vers quoi notre société tend, possiblement parce que notre temps de grandeur est déjà loin derrière nous, nous régressons vers des stades d'organisation collective infantilisant l'individu. Dans la tradition, les valeurs viriles sont les valeurs de l'expérimentation, de la prise de risque, de la rupture avec le foyer. Quand de toutes parts la virilité des femmes est méprisée, entravée, désignée comme néfaste, les hommes auraient tort de se réjouir, ou de se sentir protégés. C'est autant leur autonomie que la nôtre qui est remise en cause. Dans une société libérale de surveillance, l'homme est un consommateur comme un autre et il n'est pas souhaitable qu'il ait beaucoup plus de pouvoirs qu'une femme».

(Virgine Despentes, King Kong Théorie)

samedi 9 janvier 2021

vendredi 10 juillet 2020

dimanche 28 juin 2020

Pourquoi nous ne sommes pas gramscistes...

(Avertissement ! L'observation prolongée de cette image est susceptible de provoquer, chez nos amiEs léninistes de toutes obédiences, de dangereuses émissions éjaculatoires fortement préjudiciables à la production de valeur).

«Il faut remarquer que les industriels (et particulièrement Ford) se sont intéressés aux rapports sexuels de ceux qui sont sous leur dépendance et, d'une façon générale, de l'installation de leurs familles ; les apparences de "puritanisme" qu'a pris cet intérêt (comme dans le cas de la "prohibition") ne doivent pas faire illusion ; la vérité est que le nouveau type d'homme que réclame la rationalisation de la production et du travail ne peut se développer tant que l'instinct sexuel n'a pas été réglementé en accord avec cette rationalisation, tant qu'il n'a pas été lui aussi rationalisé.

L'histoire de l'industrialisme a toujours été (et elle le devient aujourd'hui sous une forme plus accentuée et plus rigoureuse) une lutte continue contre l'élément "animalité" de l'homme, un processus ininterrompu, souvent douloureux et sanglant, de la soumission des instincts (instincts naturels, c'est-à-dire animaux et primitifs) à des règles toujours nouvelles, toujours plus complexes et plus rigides, et à des habitudes d'ordre, d'exactitude, de précision qui rendent possibles les formes toujours plus complexes de la vie collective, conséquences nécessaires du développement de l'industrialisme. Cette lutte est imposée de l'extérieur et les résultats obtenus jusqu'ici, malgré leur grande valeur pratique immédiate, sont en grande partie purement mécaniques et ne sont pas devenus une "seconde nature". Mais chaque nouvelle façon de vivre, dans la période où s'impose la lutte contre l'ancien, n'a-t-elle pas toujours été pendant un certain temps le résultat d'une compression mécanique ?

(...)

Dans l'après-guerre [de 1914-1918], on a assisté à une crise des mœurs d'une étendue et d'une profondeur considérables. Mais cette crise s'est manifestée contre une forme de coercition qui n'avait pas été imposée pour créer des habitudes conformes à une nouvelle forme de travail, mais en raison des nécessités, d'ailleurs considérées comme transitoires, de la vie de guerre dans les tranchées. Cette pression a réprimé en particulier les instincts sexuels, même normaux, chez une grande masse de jeunes gens. La crise s'est déchaînée au moment du retour à la vie normale, et elle a été rendue encore plus violente par la disparition d'un si grand nombre d'hommes et par un déséquilibre permanent dans le rapport numérique entre les individus des deux sexes. Les institutions liées à la vie sexuelle ont subi une forte secousse et la question sexuelle a vu se développer de nouvelles formes d'utopie de tendance «illuministe» [c'est-à-dire rattachées à la philosophie des Lumières, Aufklärung]. La crise a été (et elle est encore) rendue plus violente du fait qu'elle a touché toutes les couches de la population et qu'elle est entrée en conflit avec les exigences de nouvelles méthodes de travail qui sont venues, entre temps, s'imposer (taylorisme et rationalisation en général). Ces nouvelles méthodes exigent une discipline rigide des instincts sexuels (du système nerveux), c'est-à-dire une consolidation de la "famille" au sens large (et non de telle ou telle forme de système familial), de la réglementation et de la stabilité des rapports sexuels.

Il faut insister sur le fait que, dans le domaine de la sexualité, le facteur idéologique le plus dépravant et le plus "régressif" est la conception "illuministe" et libertaire propre aux classes qui ne sont pas liées étroitement au travail producteur, et qui se propage de ces classes à celles des travailleurs.

(...)


La question de l'alcool et la question sexuelle sont liées : l'abus et l'irrégularité des fonctions sexuelles est, après l'alcoolisme, l'ennemi le plus dangereux de l'énergie nerveuse et l'on observe couramment que le travail "obsédant" provoque des dépravations alcooliques et sexuelles. Les tentatives faites par Ford d'intervenir, au moyen d'un corps d'inspecteurs, dans la vie privée de ses employés, et de contrôler la façon dont ils dépensent leur salaire et dont ils vivent, est un indice de ces tendances encore "privées" ou latentes, mais qui peuvent devenir, à un certain moment, une idéologie d'Etat, en se greffant sur le puritanisme traditionnel, c'est-à-dire en se présentant comme un renouveau de la morale des pionniers, du "véritable" américanisme, etc. Le fait le plus important du phénomène américain dans ce domaine est le fossé qui s'est creusé, et qui ira sans cesse en s'élargissant, entre la moralité et les habitudes de vie des travailleurs et celles des autres couches de la population.

La prohibition a déjà donné un exemple d'un tel écart. Qui consommait l'alcool introduit en contrebande aux États-Unis ? C'était devenu une marchandise de grand luxe et même les plus hauts salaires ne pouvaient en permettre la consommation aux larges couches des masses travailleuses : celui qui travaille pour un salaire, avec un horaire fixe, n'a pas de temps à consacrer à la recherche de l'alcool, n'a pas le temps de s'adonner aux sports, ni de tourner les lois. On peut faire la même observation pour la sexualité. La "chasse à la femme" exige trop de loisirs. Chez l'ouvrier de type nouveau on verra se répéter, sous une autre forme, ce qui se produit chez les paysans dans les villages. La fixité relative des unions sexuelles paysannes est étroitement liée au système de travail à la campagne. Le paysan qui rentre chez lui le soir après une longue et fatigante journée de travail, veut la Venerem facilem parabilemque dont parle Horace [l'amour facile et toujours à ma portée, in Satires, Livre II, v. 119] ; il n'est pas disposé à aller tourner autour de femmes rencontrées au hasard ; il aime sa femme parce qu'il est sûr d'elle, parce qu'elle ne se dérobera pas, ne fera pas de manières et ne prétendra pas jouer la comédie de la séduction et du viol pour être possédée. Il semble qu'ainsi la fonction sexuelle soit mécanisée mais il s'agit en réalité de la naissance d'une nouvelle forme d'union sexuelle dépouillée des couleurs "éblouissantes" et du clinquant romantique propres au petit bourgeois et au "bohème" désœuvré. Il apparaît clairement que le nouvel industrialisme veut la monogamie, veut que le travailleur ne gaspille pas son énergie nerveuse dans la recherche désordonnée et excitante de la satisfaction sexuelle occasionnelle : l'ouvrier qui se rend au travail après une nuit de "débauche" n'est pas un bon travailleur ; l'exaltation passionnelle ne peut aller de pair avec les mouvements chronométrés des gestes de la production liés aux automatismes les plus parfaits. Cet ensemble complexe de pressions et de contraintes directes et indirectes exercées sur la masse donnera sans aucun doute des résultats et l'on verra naître une nouvelle forme d'union sexuelle dont la monogamie et la stabilité relative semblent devoir être les traits caractéristiques et fondamentaux».

       (Antonio Gramsci, Américanisme et fordisme, 1934)

***

Même époque.
(Tout) autre ton.


mercredi 24 juin 2020

Plus qu'assez


«Un père de famille qui, pendant des années et des années, avait été connu et apprécié pour son sens exceptionnel de la famille et qui, un samedi après-midi, par un temps anormalement lourd, il est vrai, avait tué quatre de ses six enfants, s'est justifié devant le tribunal en déclarant que, tout d'un coup, les enfants, il en avait eu plus qu'assez.»

(Thomas Bernhard, L'Imitateur)

jeudi 4 juin 2020

War on the Terraces

(Paris, ces jours-ci)

La dialectique étant ce qu'elle est, et nous aussi, il nous intéresserait fort d'en savoir un peu plus, en termes sociologiques, sur les rédacteurs du feuillet ci-dessus. Pour nous, le civisme n'a jamais été notre truc. Du moins pas au sens contemporain du terme. Quant à être «seuls à bord», encore faudrait-il préciser les choses. Et enfin, ils et elles sont pas tous à s'être exilés, hélas ! Il aura fallu se les fader, deux mois de confinement durant, leurs hurlements continuels, leurs applaudissements solidaires à vingt heures, leurs divers caprices oraux de grands régressifs en quête de convivialité perdue, sans parler de ceux de leur progéniture tyrannique de même farine, laquelle s'appelle Angèle, Gabin ou Basile, et qu'on élève au sein jusqu'à l'âge de dix ans et demi parce que c'est la nature. Ces gens-là se reproduisent avec fureur, fin du monde ou pas. Ils mettent autoritairement au monde la même race qu'eux, en boucle. Ils occupent obstinément l'espace, de leurs instincts qu'ils appellent libertéEt le silence les angoisse tout spécialement. Notre revanche, c'est que ce dernier les engloutira, bien entendu, sans retard. Le silence est ami. Il est rare. Il gît dans tous les comportements les plus authentiquement débordants, correctement entendus.

lundi 11 mai 2020

Déconfinement, mon cul !


«La campagne pour la "deuxième phase de la révolution agraire" mobilisa les jeunes et les étudiants dans les "chantiers du Volontariat", que le pouvoir, dans un de ses tours de passe-passe, avait confié de la main gauche aux partis groupusculaires marxistes et trotskistes qu'il interdisait de la main droite. Qu'importait, pourvu qu'il y eût l'ivresse. Les chantiers du Volontariat furent le creuset de beaucoup d'espoir. Pour plus d'une étudiante, c'était l'occasion de découcher et d'échapper au contrôle des hommes de la famille sur leur vie sexuelle, un droit que la révolution socialiste n'avait pas remis en question. Quand nous rentrions à la maison après les meetings pour la libération des peuples opprimés, nous, le peuple des femmes, retrouvions nos oppresseurs familiers et bien-aimés, nos pères, nos frères et, le matin, à l'université et au bureau, nos oppresseurs patentés, les petits fonctionnaires socialistes tristes et moralistes qui tenaient les affaires courantes du pays. Les chambres des filles à la Cité universitaire étaient strictement interdites aux garçons. La tribu archaïque s'enfonçait dans sa nuit derrière un écran de mots, une lente dérive, mais la révolution agraire allait balayer tout et libérer les femmes. Hier par la guerre de libération, maintenant par la révolution agraire, nous (les femmes) forgions nos discours à la pointe du sacrifice et de la bonne conduite. Nous étions à fond dans la campagne, oubliant l'ambiguïté du pouvoir à notre égard. Nous espérions y trouver l'occasion de faire entendre nos revendications. Cela faisait dix ans que nous attendions de voir reconnaître nos droits ; nous touchions au but. La "deuxième phase" donnait du grain à moudre à nos idées utopiques. La liberté balbutiante des corps et des esprits était bien là. Petit poisson deviendra grand pourvu que Dieu lui prête vie. C'était le cas de le dire.»

(Wassyla Tamzali, Une éducation algérienne)

samedi 13 octobre 2018

samedi 6 octobre 2018

Cadeau utile



Recommandé par

vendredi 9 février 2018

Suffisamment bon


« Quand nous donnons aux enfants le bon type de distractions, nous remplissons un objectif réel, à savoir rendre possible la croissance ultime de chaque enfant vers l'état adulte que l'on appelle collectivement la démocratie. »

(Donald Winnicott, La famille suffisamment bonne)

jeudi 28 décembre 2017

Toi aussi, monétise tes amis !


(Traduction : 
- Salut c'est encore moi ! Participe, toi aussi, au monde fascinant des influenceurs avec le Kit de la princesse influenceuse. Facebook, Youtube, Instagram... : manipule tes amis pour en faire des followers, avec une foule de produits magiques que tu peux mettre en scène.
- Ouahou !!! Pour ça, je te donne un like !!! 
- Découvre la magie cachée des émoticons. Avec Le kit de la princesse influenceuse, monétise tes amis avec plein de produits trop cools. Nouveauté : la perche à Selfie !)

jeudi 21 décembre 2017