vendredi 25 janvier 2013

Derniers jours à base de popopopo...


Derniers jours pour aller revoir les images du pogrom de 1934 à Constantine, et celles des arrivées de Drumont ou Rochefort à Alger, derniers jours pour aller écouter Reinette l'Oranaise, Lili Boniche, Blond Blond, Line Monty et Youssef Hagège (et pleurer), derniers jours pour aller reluquer Alphonse Halimi en short, la gueule éclatée oui mais putain, champion du monde ! Derniers jours pour saluer la Kahina, juive berbère insurgée, derniers jours pour aller saisir tout le ressentiment des Arabes algériens, que le décret Crémieux ne concernait pas, et pourquoi donc ? Derniers jours pour tenter de résoudre cet épineux problème, de savoir qui aura le plus détesté les Juifs, dans le monde ? Les chrétiens, avant et après 1492 ? Les musulmans du onzième siècle ou du vingtième ? Les Juifs eux mêmes, tous seuls comme des grands ? Les Chinois ? Les Chinois, à ce qu'il semble, se sont toujours pas mal foutus des Juifs. S'ils ont un problème de pays qui leur manque, je crois qu'il nous reste un peu de place dans la banlieue de Pékin, plaisanta un jour le stalinien Mao-Tsé-Toung. Voilà, entre autres choses, pourquoi les Chinois nous furent toujours sympathiques. Juifs et Chinois, éternels vomis et proscrits du monde, accusés de corrompre le sang en silence, minorité nocive, ou de prétendre au contraire déferler un sale matin, et de nous avoir alors à la masse et au nombre. Derniers jours pour comprendre comment ce rapport d'obligé - ponctuel et historique - à la chiennerie d'argent (rapport qu'un oppresseur imposa jadis, prohibant chez le Juif tout désir de vouloir vivre de quelque autre manière que ce soit, où que ce soit d'autre que dans les sordides environs de l'argent, du fait qu'un gars se serait vu, voilà longtemps, cloué sur un bout de bois en forme de croix, par la faute d'un aïeul de la petite fille en bas à droite de l'affiche ci-dessus) se sera transformé à la longue en confusion nécessaire, dans les cervelles. Derniers jours pour se demander, une fois encore, si la révolution algérienne aura vraiment merdé dès le départ. Derniers jours pour s'atterrer, une fois encore, de l'assassinat en 1961 du grand musicien Cheick Raymond Leiris, Algérien.


                            

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