samedi 19 janvier 2019

A quiet day in Paris




And, as usual now : huge weekly demonstrations in various other big, average or little french cities like Bordeaux (7000 people in the streets today), Toulouse (nearly 10 000), Marseille (3000), Lyon (3000), Caen, Montélimar, Valence, Nantes, Toulon, Foix, Rennes (see the video below), Nevers, Roanne, Montceau-les-Mines, Dijon (where the demonstrators, during a couple of minutes, broke into the local jail to show noisy support to their Gilets Jaunes incarcerated fellow comrades), Forcalquier (where some chaps nearly succeded in breaking into the Home Secretary's private apartment), Clermont-Ferrand, Avignon, Béziers, and so on...

When is it gonna end ? desperatly ask our pathetical bourgeois right-wing masters, from one week-end to another...
We don't know that.
We hope it never ends.
Till the things get done.

11 commentaires:

  1. ça fait plaisir, et au moins il n'y a pas de prof ni d'artiste, contrairement à chez les âmes d'atala!!! et vivement l'acte XI!!! BISE À VOUS LA FAMILLE!!!

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  2. L'émeute, hélas, ça finit toujours pas s'éteindre. Et ce qui reste après c'est le vieux monde de merde et, tous les matins, la sale gueule du travail et du capital. Perso, l'émeute m’indiffère si elle ne débouche pas sur la grève et la révolution. Désolé je suis peut-être old-school mais la compulsion émeutière ne débouche sur rien. Ce qu'il faut c'est le dépassement. Un esprit acéré, il y a deux siècles, a définitivement montré que "la liberté négative ou la liberté de l’entendement" ne débouche que sur « la fureur de la destruction » et nullement sur la révolution.
    L'émeute est à la révolution ce que la branlette est à l'amour sexuel.

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  3. Mais la branlette ne fait-elle point partie intégrante de l'amour sexuel ? Et telle ne serait-elle point l'erreur fondamentale (par ignorance nécessaire de théories qui viendraient peu après) d'un autre "esprit acéré" (du 19ème siècle) ? De même, une révolution ne recueillant pas en elle-même le plaisir individuel organique (que l'émeute occasionne) serait-elle vraiment une révolution ? La révolution se réduirait-elle au bouleversement économique "objectif" des rapports de production ?

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    1. Toute branlette certes n'est pas compulsive, mais c'est pourtant bien à la sexualité compulsive qu'il convient d'associer l'émeute. Si la tension de base est authentique, ça ne la soulage cependant que pour dégoûter, bien souvent — en ces temps où la réalité se réduit de plus en plus à n'être que le support de son image – dans ce qui n'est qu'un régurgité du prémâché pornographique. Donc, oui, les rapports de production doivent être bouleversés uniquement pour reproduire une nouvelle vie, mais encore faut-il pour cela que ce soit elle qui secoue le vieux monde. L'amour est à réinventer

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    2. coração independente25 janvier 2019 à 20:15

      "L'amour est à réinventer…"
      Ce qui rappelle avec élégance les Lèvres nues :
      "Il est temps de se rendre compte que nous sommes capables aussi d’inventer des sentiments, et peut-être, des sentiments fondamentaux comparables en puissance à l’amour ou à la haine."
      PAUL NOUGÉ, Conférence de Charleroi.
      Parait-il que Guy Debord voulait lui aussi "réinventer les formules de politesse" comme le rappelle Jacqueline de Jong ex-situ dans une émission france-cu il y a un certain temps.

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  4. @ Vilbidon : c'est bien joli, "la vie". Et bien joli, aussi, l'idée de "reproduire la vie". Nous, cependant, la mort ne laisse de nous intéresser. Non qu'on soit pressé de la trouver, mais c'est la seule certitude qu'on ait, au plan épistémologique. Et puis, l'autre certitude qu'on a, c'est que là-bas, ce sera le grand calme. LE GRAND CALME, comprenez-vous ? En finir avec cette frénésie activiste qu'on appelle la VIE, autour de laquelle les capitalistes de tout bord nous somment de nous retrouver, et de faire consensus. On en a soupé, des théories de la vie, fût-elle réinventée. C'est à l'aune de leur approche de la mort, maintenant, qu'on va toutes les passer au crible.

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    1. On est peut-être au grand calme là-bas, si toutefois il y a un là-bas et qu'on puisse encore y être. Pour ma part, en terme de certitude épistémologique, je m'en tiens à l'humus. Pourquoi pas l'humus ?, c'est la seule question qui vaille, et qui se positive en : pour prolonger quoi ? Bref, La vie, encore et toujours.

      Certes ce n'est peut-être pas brillant d'être une conscience bouclée à triple-tour dans une foutue carcasse qui se déglingue, mais en dehors c'est rien, il n'y a pas de dehors autre que fantasmé dans la conscience des vivants. Ainsi la beauté de la Commune ne tient pas dans les rues de Paris ruisselant de sang et les milliers de cadavres alignés raides dans des caisses en bois ! Elle tient toute entière dans les idées qu'elle a portées et dans tout ce qui a été proclamé et essayé dans son court moment. Sans cela, c'est la merde, toujours la même, ¡Viva la muerte!, ce crible fera ses meilleures récoltes dans les cimetières militaires, qui sont pleins à craquer de braves gens héroïques.

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  5. Ce n'est certes pas ce qu'on vous dit. Ce qu'on vous dit, c'est qu'une révolution qui ne pose pas le problème de la mort, de la fin de la vie et de l'angoisse qu'elle suscite, et qui ne règle pas cette question, n'est pas une révolution.
    La pulsion de mort comme grande pulsion subversive de calme opposée à l'activisme pratique capitaliste (et militant) n'a rien à voir avec le viva la muerte ! des fascistes. À ce compte, la mort d'Isolde serait un hymne franquiste...

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  6. Or le plaisir émeutier (et imaginons-le : le plaisir révolutionnaire, pour ceux ayant connu l'exceptionnel de ce moment) participent tous deux, à des degrés différents, de cet abaissement de tension caractéristique, de cette libération préludant à la mort, qui la fait connaître : qui introduit, en quelque sorte, au grand calme qu'elle signifiera. Ce n'est donc pas de rechercher la mort qu'il s'agit (comme les fascistes), c'est de s'habituer, prévoyants et curieux, à son idée, par l'atteinte systématique de certains états de conscience modifiée. La jouissance sexuelle en offre évidemment un autre type d'avant-goût, mais elle n'est pas sociale, pas collective. Elle est moins directement politique.

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    1. Justement, ni l'émeute ni même la guerre ne règlent la question de la mort. Au plus, il s'agit d'une gestion collective de la peur, où paradoxalement ceux dont le corps se dérobe (effet de prostration empêchant tout mouvement et réduisant absolument la capacité de raisonnement) approchent la mort de plus près que ceux entraînés par l'adrénaline dans une illusion d'invulnérabilité, où la mort précisément, perd tout caractère concret.

      S'il s'agit d'approcher la mort comme réalité, c'est plutôt dans la littérature concentrationnaire que vous trouverez. Chalamov, par exemple, rapportant que ce qui reste de l'homme lorsqu'il n'est qu'une « flammèche », un homme-squelette rongé par la faim et la maladie, dont le travail a changé les mains en pinces à tenir le pic, dont toute la pensée obsédée par la nourriture tient désormais dans une poignée de jurons, c'est la colère. L'amour, ajoute-t-il, renaît bien après, quand tout le reste va bien : comme une fleur délicate, et à mon avis en cela au contraire bien plus social et politique que la mort. Car si on est d'accord qu'il ne se réduit pas à une histoire de petit spasme merdique, il engage en fait toute une société, qui arrêterait d'abîmer les gens et en aurait plus généralement terminé avec les sordides petits calculs dans les relations individuelles, à la base de la défiance et de l'ennui généralisés.

      Notez également que les fascistes non plus ne cherchent pas spécialement la mort, Viva la Muerte! étant un simple mot d'ordre qui vise à nier toute raison. Le plus fort n'a pas à questionner le sens de ce qu'il fait ni pourquoi il le fait, dominer et écrabouiller l'adversaire est la seule chose intéressante et vaut alors pour ordalie.

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