samedi 24 février 2018

Beaucoup de volailles et de bœufs


« Tous les pays n'avaient évidemment pas les mêmes caractéristiques (géographiques et culturelles) dans l'alimentation. Pour s'en tenir à l'Europe, la France avait de la mauvaise bière (sauf en Alsace), du très mauvais café, etc. Mais l'Allemagne buvait de la bonne bière, l'Espagne buvait du bon chocolat et du bon vin. La France avait du bon pain, de bons vins, beaucoup de volailles et de bœuf. Tout doit se réduire, dans le cadre du Marché commun, à une égalité de la marchandise polluée. Le tourisme a joué un certain rôle, le touriste venant s'habituer sur place à la misère des marchandises que l'on avait justement polluées pour lui. (Le touriste est celui qui est traité partout aussi mal que chez lui : c'est l'électeur en déplacement.) »

(Guy Debord, Abat-faim)

6 commentaires:

  1. Souvent génial dans ses descriptions du monde, l'homme du massif de Champot ne proposa cependant rien de crédible comme projet politique - ce qui eut été tout à son honneur s'il ne fût persuadé du contraire, lequel est toujours vrai, mais je ne vous apprends rien.

    Meilleures pensées à vos autours depuis les grandes températures négatives de l'Orée.

    Le gel, tout de même, c'est génial.

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  2. Cher Marquis, je ne partage absolument pas votre point de vue. Ce qui est déjà, bien sûr, un point d'accord fondamental entre nous.

    On annonce -10° ces jours prochains, par ici. On se conserve, quoi.

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    1. Ici, nous allons flirter avec -16°, c'est peu vous dire que notre feu demeure.


      Le Godin Colonial et sa buse de 200.

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  3. Deux derniers paragraphes de “La définition minimum des organisations révolutionnaires”, (7e Conférence de l'IS) [J'ai mis des "|" pour les débuts et fins d'italiques.]

    “Une telle organisation refuse toute reproduction en elle-même des conditions hiérarchiques du monde dominant. La seule limite de la participation à sa démocratie totale, c’est la reconnaissance et l’auto-appropriation par tous ses membres de |la cohérence de sa critique| : cette cohérence doit être dans la théorie critique proprement dite, et dans le rapport entre cette théorie et l’activité pratique. Elle critique radicalement toute |idéologie| en tant que |pouvoir séparé| des idées et |idées du pouvoir séparé|. Ainsi elle est en même temps la négation de toute survivance de la religion, et de l’actuel |spectacle| social qui, de l’information à la culture massifiées, monopolise toute communication des hommes autour d’une réception unilatérale des images de leur activité aliénée. Elle dissout toute « idéologie révolutionnaire » en la démasquant comme signature de l'échec du projet révolutionnaire, comme propriété privée de nouveaux spécialistes du pouvoir, comme imposture d’une nouvelle |représentation| qui s’érige au-dessus de la vie réelle prolétarisée.

    La catégorie de la totalité étant le |jugement dernier| de l’organisation révolutionnaire moderne, celle-ci est finalement une critique de la politique. Elle doit viser explicitement, dans sa victoire, sa propre fin en tant qu’organisation séparée.”

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  4. Les anges ont-ils un sexe ?
    La Révolution a-t-elle un organe ?
    Autant de questions urgemment passionnantes.

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    1. Plus de Celsius, à tout le moins.

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